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Préparatifs d’un sacrifice

Préparatifs d’un sacrifice,
Relief architectural, marbre,
troisième quart du Ier s, premier quart du IIe s,
H : 1,72m ; L : 2,11m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Ce fragment de relief, trouvé à Rome, montre de plus près les conditions rituelles nécessaires à une communication réussie avec les dieux. Elle passe d’abord par un état de piété de la part de tous les acteurs et objets du rituel, proclamé ici visuellement sur le fronton du temple de gauche. Dans sa partie gauche sont gravés deux objets rituels utilisés pendant le sacrifice, l’aspersoir et la louche nécessaire lors de la libation par le vin ; à droite les attributs de deux prêtres, le bâton de l’augure (chargé d’examiner la volonté des dieux) et le bonnet du flamine (prêtre d’une divinité particulière) complètent la déclaration visuelle de pietas. La scène sacrificielle se passe à l’extérieur, sub luce. L’espace est symboliquement déclaré pur au moyen des guirlandes accrochées sur la façade du temple de droite. Au premier plan les acteurs du rituel sont tous les quatre couronnés de laurier, peut-être pour signifier qu’il s’agit d’un sacrifice offert à l’occasion du départ ou du retour de l’empereur d’une campagne militaire. Mais ils se distinguent par leur vêtement. À gauche, les deux personnages en toge sont citoyens romains ainsi que  le flûtiste (tubicen) qui assure la pureté sonore de la cérémonie. À droite, poitrine découverte et bien musclés, sont figurés les appariteurs serviles, chargés de conduire, puis d’abattre, la victime sacrificielle. Le taureau, victime de Jupiter, fait masse au centre de la composition. Affiché comme pur et valide pour le sacrifice par ses ornements -- diadème en forme de pelte (bouclier ancré) et cornes et col enguirlandés --, il apparaît placide, comme un participant à part entière du rituel. Pourtant les muscles tendus et la veine gonflée de l’esclave qui lui tient la bride indiquent assez la contrainte exercée sur lui. À ce stade préliminaire du sacrifice, la bête, qui n’est pas encore consacrée, pas encore « immolée », est figurée comme participant du monde des hommes.