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Sacrifice d’un porc

Sacrifice d’un porc,
Coupe à figures rouges,
Peintre d’Epidromos,
vers 510-500 av. J.-C. ,
D : 0,198m

© RMN Musée du Louvre/ Stéphane Maréchalle

L’autel est aussi le lieu de la mise à mort rituelle des victimes sacrificielles. La violence est clairement mise en scène dans ce médaillon de coupe. Si la mise à mort n’est pas représentée, les éléments en présence sont suffisamment éloquents. La machaira, un couteau à forme caractéristique réservé à l’égorgement rituel, tenue par le sacrificateur debout torse nu, est montrée ici prête à l’emploi, dans une gestuelle dynamique sans équivoque. L’autel de pierre porte sur sa face des traces de sang, soigneusement soulignées par le peintre. Le couteau rituel est rarement représenté sur les images grecques ; il n’apparaît le plus souvent que dans des scènes de sacrifice déviant (sacrifice humain ou étranger). Sa présence rituelle indispensable est toutefois régulièrement sous-entendue par la figuration de la corbeille (kanoun) dans laquelle il est transporté, dissimulé sous des grains. Les traces de sang sur l’autel sont en revanche très courantes sur les images, pour exprimer visuellement l’effectivité du rite d’égorgement et la fonctionnalité rituelle de l’autel.
Un porcelet, tenu par un jeune homme torse nu, est ici la victime du sacrifice. Chaque sacrifice est un cas particulier. Il a ses propres exigences, en matière de victime notamment. Un même dieu ne recevra pas les mêmes victimes selon la fête, le lieu, les circonstances, le règlement du sanctuaire. Des calendriers sacrificiels précis sont donc nécessaires au bon déroulement des divers rituels ; pour l’observateur moderne, ils sont la marque du fonctionnement de ce que nous appelons le « polythéisme ».