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Scène de libation

Scène de libation,
Pélikè à figures rouges,
Peintre d’Argos,
vers 480-470 av. J.-C.,
H : 0,305m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Même allumé, comme sur cette pélikè (type d’amphore à panse), l’autel n’induit pas automatiquement un sacrifice sanglant, loin s’en faut. La libation est un acte rituel central. De l’œnochoé (vase à puiser et à verser le vin) que tient la femme à droite coule le divin breuvage dans une phiale tendue par l’homme au-dessus de l’autel. La phiale est une coupelle sans pied, d’origine perse, que l’on tient par le bord et par dessous, grâce à l’omphalos (« nombril ») central, concave, où les doigts peuvent s’accrocher. Si l’œnochoé a de multiples emplois, dans les banquets notamment pour remplir la coupe des convives, la phiale est un ustensile réservé à l’usage rituel. En passant de l’œnochoé à la phiale puis à l’autel allumé, le vin ainsi répandu acquiert un statut rituel qui donne tout son sens à l’acte cultuel de la libation, ici en contexte domestique. Le couple représenté de part et d’autre de l’autel exprime le fondement familial au sens moderne du terme, de la société ; il évoque l’oikos (la maisonnée) comme pivot et base de la cité. Le bon rapport entre les hommes et les dieux concerne la cité, autant par le biais de ses représentants officiels que par celui de tout citoyen dans le cadre de son oikos.