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Scène de sacrifice

Scène de sacrifice
Cratère en cloche,
Peintre du sacrifice du Louvre,
dernier quart du IVe s av.J.-C.,
H : 0,320m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Sur ce cratère à figures rouges, pièce maîtresse du banquet et de sa convivialité, dans lequel on puisait le vin mélangé à l’eau pour les convives, hommes et dieux se côtoient à des registres ou dans des positions différents. Poséidon, assis, se reconnaît à son trident ; au registre supérieur, Apollon tient son laurier. En revanche, les figures qui encadrent l’autel – l’homme barbu debout sur la droite et le jeune homme couronné, main tendue au-dessus de l’autel – appartiennent clairement au monde des hommes. C’est le rite qui effectue le lien entre hommes et dieux. Il est symbolisé par l’autel et le temple, soulignés par le rehaut blanc, qui résument visuellement l’expression de la piété et la dévotion. L’offrande sur l’autel établit  le contact entre les deux sphères, ou le rétablit si l’on se place dans la perspective du mythe prométhéen selon Hésiode. Les figures, divines et humaines, sont couronnées. C’est un signe de la fête, d’un moment hors du commun, distinct de la quotidienneté ; un moment circonscrit, comme est circonscrit le sanctuaire, souvent nommé temenos, ce qui renvoie à la notion de portion de territoire découpée et réservée. Le peintre a représenté toutes les figures, humaines comme divines, avec la même couronne soulignée de couleur claire, pour insister sur la communauté festive créée, pour le temps de la fête, entre homme et dieux . Qui pourrait dire, d’ailleurs, si la figure identifiée comme Poséidon est bien le dieu qui assiste directement au sacrifice, ou bien son prêtre ? L’ambiguïté est entretenue. L’image, et ses potentialités, donnent à voir tout l’imaginaire du sacrifice et les fondements d’un rite efficace.