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Vanitas

Vanitas
Ecole française
17e siècle,
huile sur toile,
H : 72 cm ; L : 90 cm

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

Le cadrage rapproché rassemble sur une simple table de bois différents objets qui se détachent avec netteté sur un fond sombre. L’accumulation de ces biens matériels et hétéroclites est structurée symboliquement par le crâne aux nuances jaune et blanc nacrées, placé presque au centre et reflété par le miroir qui en offre une image tronquée. Ce thème du « memento mori » (« Souviens-toi que tu es mortel ») est caractéristique des peintures de « vanités », genre qui se répand au cours du XVIIe d’abord en Europe du Nord puis vers le sud, comme invitation à méditer sur la vanité de toute chose, en écho à l’Ecclésiaste « Vanitas vanitatis… » 
Particulièrement adaptée aux réticences de la Réforme envers l’iconographie religieuse traditionnelle, ces tableaux allégoriques appellent non pas tant à la dévotion qu’à la méditation sur la fragilité de la vie humaine et sur le sens de la Rédemption ce que suggère le crâne, évocation du crâne d’Adam au Golgotha, lieu de la crucifixion du Sauveur. La sphère catholique y associe volontiers des figures saintes comme la Madeleine ou saint Jérôme, qui expriment le renoncement aux biens de ce monde. Ici ceux-ci sont évoqués par les plaisirs fugitifs que procurent les richesses (la bourse) les jeux (échiquier, cartes, gobelet et dés), la musique ou les armes, tandis que le bouquet de tulipes, fleur alors rare et coûteuse, symbolise par ses pétales épanouies le temps qui s’écoule… tout comme le citron en partie coupé et déjà périssable. A l’instar du crâne à la signification double, les livres épais, l’un prêt à s’ouvrir, l’autre fermé, suggèrent tout à fois la vanité du savoir et l’espérance d’une sagesse à découvrir.