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Vierge glykophilousa

Vierge glykophilousa
Peintre crétois,
Vers 1500, huile sur bois,
H : 47 cm ; L : 37cm

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

La mère de Dieu, Theotokos, selon le titre qui lui a été attribué après le concile d’Ephèse en 431, est représentée sur un fond or qui suggère le rayonnement du monde divin, la tête et les épaules recouvertes d’un maphorion (voile) rouge bordé d’un galon doré, les cheveux enserrés dans un voile bleu sombre. Les trois étoiles d’or, une sur le front et une sur chaque épaule (une seule visible ici) rappellent sa virginité avant, pendant et après l’enfantement. La tête inclinée, elle serre contre sa joue l’Enfant Jésus tenant un phylactère avec une citation de Luc (IV, 18) : « l'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'Il m'a oint » (le terme grec de christos signifiant « oint » correspond à l’hébreu « messiah »)
La présence des deux anges priant les mains voilées dans la partie supérieure est fréquente dans les modèles crétois et le style de cette icône pourrait être rapproché de la production de l'atelier d'Andreas Ritzos, implanté à Candie.
Les modes de représentation de l’icône, support de la prière, sont strictement codifiés selon des modèles reconnaissables par tous. L’iconographie de cette Vierge « qui embrasse doucement » (glykophilousa) se rattache au type de la Vierge de tendresse, l’un des grands types d’icônes mariales, avec notamment la Vierge orante, la Vierge en majesté ou celle qui montre le chemin, dont dérivent de nombreuses variantes. Dans le culte orthodoxe, l’icône de la mère de Dieu occupe la première place à côté de celle du Christ. La vénération de l’icône suppose que l’honneur qui lui est rendu remonte au prototype, c'est-à-dire à la personne représentée, selon un principe de translation vers le divin sur lequel se fonde le rétablissement du culte des icônes lors du triomphe de l’orthodoxie qui met fin aux crises iconoclastes en 843.