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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Mes premiers maîtres en écriture : les peintres primitifs...
Conférences et colloques Mes premiers maîtres en écriture : les peintres primitifs haïtiens
Conférence
En partenariat avec :
Intervenant : Dany Laferrière
« On était au début des années 70. François Duvalier venait de mourir, et son fils Jean-Claude Duvalier le remplaçait. Le poète Jean Brière parlait d’un « horizon sans ciel ». Je flânais dans les rues poussiéreuses de Port-au-Prince quand je fus attiré par une vieille bâtisse en bois. C’était le Centre d’art. Des pièces sombres. Un plancher qui craque. On servait le café à des hommes, en chapeau, assis sur la véranda. Un homme vint à ma rencontre avec un large sourire et ce regard espiègle. C’était Pierre Monosiet, l’ancien assistant de Dewitt Peters. Ce Dewitt Peters était un artiste américain venu enseigner l’anglais à des lycéens de Port-au-Prince et qui eut l’idée de rassembler les peintres haïtiens dans cet espace. Il lança un appel public. Le premier qui se présenta était un chauffeur de taxi, Rigaud Benoit, et le petit tableau qu’il apporta avait pour titre « chauffeur de taxi ». Le ton était donné. C’est la vie quotidienne des gens ordinaires qui nourrit l’art haïtien. Si ailleurs la peinture ne descend pas plus bas que la classe moyenne, ici elle fleurit partout : de la bourgeoisie jusqu’à la paysannerie (les peintres de Saint-Soleil). Ce qui fit dire à André Malraux, lors de son passage, en Haïti, en 1974, que c’est « un peuple qui peint ». Monosiet me laissa dans la grande pièce où sont exposées les œuvres marquantes de ces peintres qui bavardaient encore en buvant café sur café. Et je fus tout de suite conquis par ces toiles qui semblaient sortir plutôt du rêve que de la réalité. Un de ces peintres me dira, un jour, qu’il ne peint pas le pays réel mais le pays rêvé. Mais ce pays rêvé, je le connais mieux que l’autre. Je voudrais vous raconter cette aventure qui est peut-être l’une des clés pour comprendre l’attitude sereine des haïtiens lors du séisme du 12 janvier 2010. »
Dany Laferrière
Dany Laferrière, écrivain et scénariste, lauréat en 2009 du Prix Médicis pour son roman L’Énigme du retour.
Né en 1953 à Port-au-Prince, Dany Laferrière décide à 23 ans de fuir Haïti, à la suite de l’assassinat d’un ami, - journaliste comme lui -, victime de la dictature des Duvalier.
Il vit aujourd’hui à Montréal où il s’était réfugié en 1976 et où il a connu le succès en 1985, dès la parution de son premier roman Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, texte dont le cinéaste Jacques Benoît fera une adaptation en 1989.
En dix romans, Dany Laferrière a composé ce qu’il appelle « une autobiographie américaine ». Dans le récit L’Odeur du café (1991), il évoque son enfance auprès de l’extraordinaire grand-mère Da. Le Cri des oiseaux fous (2000) témoigne, le drame de la fuite de son île natale.
Dany Laferrière a vécu une douzaine d'années à Miami avant de se réinstaller à Montréal en 2002. Il précise lui-même que son territoire d’écrivain, ce qu'il appelle autrement son présent, « part de Petit-Goâve et rejoint Montréal, puis passe par New York, Miami et Port-au-Prince, puis revient à Miami, et à Montréal, et tout cela se déroule "en Amérique" » ; ce qui ne l’empêche nullement de signer en 2008, un roman sous le titre Je suis un écrivain japonais !
Son œuvre compte à présent une vingtaine de romans. Certains, très populaires, ont également trouvé une autre voie du succès sous la forme d’adaptations pour le cinéma, aventure qui séduit l’auteur. Il transforme ainsi son roman Le Goût des jeunes filles (1992) en scénario pour le film réalisé en 2004 par John L'Écuyer. En tant que réalisateur, le premier film de Dany Laferrière, Comment conquérir l'Amérique en une nuit, fait croiser ses deux « univers » de Montréal et de Port-au-Prince ; c'est un film, dit-il, « solidement planté dans le réel et le rêve ».
Ce premier long-métrage est primé au Festival des Films du Monde à Montréal en septembre 2004. Trois de ses nouvelles inspireront en 2005, le film Vers le Sud du cinéaste Laurent Cantet.
Alors qu’il effectuait son retour en Haïti pour y participer à des rencontres littéraires, Dany Laferrière s’est retrouvé témoin du tremblement de terre qui a dévasté l’île le 12 janvier 2010.
Carnet en main, se saisissant de ces instants tout à la fois réels et irréels pour l’homme errant dans ce chaos, il a noté fiévreusement ses impressions, offrant quelques mois plus tard un retentissant Tout bouge autour de moi.
Son dernier livre L'art presque perdu de ne rien faire vient de sortir en ce début novembre à Montréal.
Chroniqueur pour des télévisions et radios canadiennes, Dany Laferrière excelle également dans des récitals de lecture.
Cycle(s) :
Conférences d'écrivains : Pays réel, pays rêvé
Evénement(s) :
Le Louvre invite Jean-Marie G. Le Clézio
Informations pratiques
Lieu
Auditorium du Louvre
Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la pyramide, le passage Richelieu ou les galeries du Carrousel.
Parking du Carrousel ouvert de 7h à 23h.
Tarifs
Tarif E : 6 euros, 5 euros (réduit), 4 ou 3 euros (« solidarité » et « jeunes »)
Informations
01 40 20 55 55, de 9h à 19h du lundi au vendredi.
Réservations
Au 01 40 20 55 00, du lundi au vendredi (sauf le mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.
Groupes scolaires et centres de loisirs : 01 40 20 50 01
Groupes adultes (associations, comités d’entreprise…) : 01 40 20 54 55.
A la caisse de l’auditorium
Du lundi au samedi (sauf le mardi) de 9h à 17h30.
