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Musées de papier. L’Antiquité en livres, 1600-1800

Salle de la Chapelle, 25 septembre 2010 – 3 janvier 2011
Commissaire : Élisabeth Décultot, CNRS – Centre Marc-Bloch, Berlin

L’idée de l’exposition « Musées de papier. L’Antiquité en livres, 1600-1800 » est née d’un constat : le mouvement du retour à l’antique qui traverse la production artistique des xviie et xviiie siècles s’est appuyé sur la constitution et la circulation dans l’Europe entière de recueils d’images représentant les oeuvres d’art de l’Antiquité. Ces recueils ont pu revêtir des formes diverses : collections de dessins sur le modèle du Museo cartaceo de Cassiano dal Pozzo (1588-1657) ou encore séries de gravures commentées et reliées en livres, telles que L’Antiquité expliquée et représentée en figures de Bernard de Montfaucon (1719). Quelle que soit leur forme, ces recueils d’images de l’art antique ont eu une incidence forte sur une série de phénomènes marquants au xviiie siècle : naissance des disciplines archéologie et histoire de l’art, essor du goût pour l’Antiquité grecque et romaine, curiosité pour des ères historiques de plus en plus variées, incluant l’Égypte ancienne, le monde étrusque ou encore la période paléochrétienne. Or peu de travaux ont été consacrés à l’exploration de ce phénomène. C’est pourquoi il nous a paru nécessaire d’organiser cette exposition, qui constitue sans doute une entreprise quelque peu inhabituelle pour le musée du Louvre. Si elle entre bien par son sujet – l’art antique et son histoire – dans les grands domaines traditionnellement représentés au Louvre, elle ne s’intéresse néanmoins pas prioritairement aux oeuvres d’art antiques elles-mêmes, mais à leurs représentations graphiques modernes, dessinées ou imprimées, et singulièrement aux livres qui, aux xviie et xviiie siècles, ont permis la diffusion de ces représentations.
Les musées de papier doivent leur nom au savant, collectionneur et mécène italien Cassiano dal Pozzo, qui constitua avec son frère Carlo Antonio l’une des collections de dessins les plus riches du xviie siècle. Cette collection de plusieurs milliers de feuillets reçut le nom de Museo cartaceo.
Si la botanique, la zoologie et la géologie occupent une place importante dans cet ensemble, c’est surtout à ses reproductions d’oeuvres antiques que le musée de papier de dal Pozzo dut sa célébrité.
Cette partie de sa collection, dont plusieurs pièces sont présentées dans l’exposition, servit de modèle ou de source d’inspiration à de multiples antiquaires dans l’Europe entière, parmi lesquels Antonio Bosio (1575-1629), Giovanni Ciampini (1633-1698), Pietro Sante Bartoli (1635-1700) ou encore Francesco et Giuseppe Bianchini (1662-1729 ; 1704-1764) pour la tradition italienne, François Roger de Gaignières (1642-1715) et Bernard de Montfaucon pour la tradition française. Dans un parcours chronologiquement ample, l’exposition « Musées de papier » mène le visiteur des recueils d’antiquités rassemblés par ces représentants italiens ou français de la tradition antiquaire du xviie et du début du xviiie siècle jusqu’aux années 1760-1800, marquées par les ouvrages illustrés de Caylus (1692-1765), Winckelmann (1717- 1768) et Jean-Baptiste Séroux d’Agincourt (1730-1814). Elle donne un aperçu des systèmes de classement qui président à l’organisation de ces recueils et montre comment, à la suite notamment des fouilles d’Herculanum à partir de 1738, la littérature antiquaire s’enrichit d’une série de publications somptueusement illustrées, telles Le antichità di Ercolano esposte (1757-1792), ou encore de comptes rendus et de récits de voyage dus entre autres à Julien David Le Roy (1724-1803), James Stuart (1713- 1788) et Robert Wood (1717-1771). Si elle ménage une place centrale aux dessins et aux supports imprimés, l’exposition ne s’y limite cependant pas. Dans un espace central évoquant le cabinet de travail d’un antiquaire, elle donne également à voir quelques-uns des multiples objets et instruments (maquettes d’architecture, réductions en bronze, etc.) qui ont accompagné le travail antiquaire. Alternatifs au livre, ces objets sont cependant inséparables du livre, qui reste sans conteste la forme essentielle par laquelle la connaissance de l’Antiquité s’élabore et se diffuse. Une collection d’empreintes de pierres gravées illustre bien ce lien intime avec le livre dans son apparence même : il s’agit de la dactyliothèque de Philipp Daniel Lippert (1755), l’une des plus fameuses du xviiie siècle, qui présente les empreintes de pierres gravées dans des coffrets en bois ressemblant à des livres.

É. Décultot

English Version

During the seventeenth and eighteenth centuries, many antiquarians compiled their accumulated expertise in imposing illustrated volumes of antiquities, each one offering a sort of musée de papier (paper museum) displaying a considerable number of antique works in the form of engravings and drawings. The images of antique art contained in these “paper museums” heralded the eighteenth-century surge of interest in Greek and Roman Antiquity, and fostered a widespread curiosity for increasingly varied historic eras, including ancient Egypt, the Etruscan world, and the early Christian period. The aim of the Louvre’s “Musées de papier” exhibition was to highlight the extraordinary wealth of these collections of drawings and engravings. The show took the visitor on a tour that started with the Museo cartaceo de Cassiano dal Pozzo, famous for its reproductions of antique works, and continued up to the period 1760– 1800, which was strongly influenced by the illustrated books of Caylus, Winckelmann, and Jean-Baptiste Séroux d’Agincourt. The exhibition also provided insights into the classification systems of these collections, and showed how, following the excavations at Herculaneum, the repertoire of antiquarian literature suddenly burgeoned with richly illustrated publications. Lastly, the exhibition presented a great variety of the objects and instruments (bronze reductions, architectural models, dactyliothèques, etc.) employed by the antiquarians in their work, which paved the way for the two modern disciplines of art history and archaeology.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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