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Œuvre Album d'Angleterre : Vue de la campagne anglaise avec la Tamise, et le collège de Greenwich

Département des Arts graphiques : XIXe siècle

Vue de la campagne anglaise avec la Tamise, et le collège de Greenwich

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :
Hélène Grollemund

Grâce à la générosité d’Etienne Moreau-Nélaton, collectionneur, amateur et auteur d’un ouvrage essentiel sur Delacroix, plus de 3000 dessins et albums entrèrent au musée du Louvre par legs en 1927, dont plus de la moitié de la main de notre artiste. Son œuvre de dessinateur y apparaît dans toute sa diversité et son ampleur, l’aquarelle tenant une place de choix, tout particulièrement dans l’album du voyage en Angleterre.

Un voyage en demi-teinte

Entre mai et août 1825, Delacroix séjourne à Londres et dans ses environs. Au cours de ce voyage, et comme à son habitude, il emporte un carnet dans lequel il dessine ses impressions. Des 19 feuillets de cet album du voyage en Angleterre, il n’en utilise que six dans ce pays, fixant à l’aquarelle ou au crayon les paysages de la campagne anglaise et les chevaux de l’un de ses hôtes. Le reste du carnet lui servira à Paris pour des études destinées à l’Exécution du doge Marino Faliero (Londres, Wallace Collection). Delacroix se confie à multiples reprises dans les lettres qu’il envoie à ses amis restés en France. Ses premières impressions sont décevantes : « …en arrivant à Londres mon idée constante était que je me trouverais bien malheureux d’être obligé d’y rester éternellement » (Correspondance, I, p. 154). Peu à peu, sa morosité est tempérée par l’attrait des promenades le long de la Tamise en compagnie de ses amis Thalès et Copley Fielding, des rencontres avec Thomas Lawrence, David Wilkie et Richard Parkes Bonington ; son enthousiasme éclate enfin lors de ses soirées au théâtre : « Les expressions d’admiration manquent pour le génie de Shakespeare qui a inventé Othello et Iago » (Correspondance, I, p. 162).

L'attrait de l'Angleterre

Le rétablissement des relations franco-anglaises au début du XIXe siècle incita les artistes à reprendre leurs pérégrinations des deux côtés de la Manche ; ainsi les peintres français furent-ils initiés à l’aquarelle, que les Anglais pratiquaient avec brio depuis le milieu du XVIIIe siècle. Au Salon de 1824, pour la première fois, des œuvres anglaises de Lawrence, des Fielding et de Constable sont exposées : la Charrette de foin de celui-ci est pour Delacroix une révélation et influence dès lors sa conception du paysage. Il connaît déjà, par l’entremise de M. Auguste, de son ami Soulier, de Géricault, des peintres britanniques habitant Paris : les Fielding l’initient, après Soulier, à l’aquarelle et aux techniques anglaises ; Bonington, arrivé à Paris en 1816, le rencontre au Louvre et les deux hommes se lient d’amitié. Ils se retrouvent en Angleterre. Les Fielding se promènent avec Delacroix, lui révélant les charmes de la campagne anglaise : « Il faut convenir que c’est un coup d’œil délicieux que ces belles campagnes verdoyantes et les bords de la Tamise qui sont un jardin anglais continuel » (Correspondance, I, p. 165) et Bonington peint en sa compagnie la vue de Westminster. Moreau-Nélaton, dans son Delacroix raconté par lui-même, témoigne : « ses tablettes se couvrent aussi de croquis pris dans la campagne, que rentré au logis, en digne adepte de la technique locale, il rehausse vivement d’éloquentes taches d’aquarelle. Même, il a appris de ses hôtes à passer parfois, pour la rendre plus brillante, une légère couche de vernis sur la couleur à eau ». Sujets et technique sont ainsi parfaitement anglais, mais les pages de ce carnet montrent que Delacroix se libère du modèle britannique.

Bibliographie

- De Corot aux Impressionnistes, donations Moreau-Nélaton, exp. Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 1991. Paris : RMN, 1991.

- BERGEROL I., SERULLAZ A. Eugène Delacroix : aquarelles et lavis au pinceau - Paris : Réunion des musées nationaux ; Martel : Éd. du Laquet, 1998.

- CHILLAZ V. de, SERULLAZ A., Souvenirs de voyages : autographes et dessins français du XIXe siècle, exp. Paris, musée du Louvre, 1992 - Paris : RMN, 1992.

- JOUBIN A. (publié par), E. Delacroix, Correspondance générale, V tomes - Paris, 1936-1938.

- Delacroix et l’Angleterre, exp. Paris, Atelier Delacroix, 1948 -  Paris : Société des amis d’Eugène Delacroix, 1948.

- MICHEL R., SERULLAZ A., L'Aquarelle en France au XIXe siècle : Dessins du musée du Louvre, exp. Paris, musée du Louvre, 1983 - Paris : RMN, 1983.

- NOON P., Richard Parkes Bonington « Du plaisir de peindre », exp. New Haven, Yale Center for British Art, Paris, Petit Palais, 1991-1992.- Paris : Paris Musées, 1992.

- SERULLAZ A., Delacroix.- Paris : Musée du Louvre ; Milan : 5 Continents, 2004 - (Cabinet des dessins).

- SERULLAZ A. et M., Revoir Delacroix, exp. Paris, musée du Louvre, 1982 - Paris : RMN, 1982.- (Le Petit Journal des grandes expositions).

- SERULLAZ M., Mémorial de l’exposition Eugène Delacroix organisée au musée du Louvre à l’occasion du centenaire de la mort de l’artiste - Paris : Edition des musées nationaux, 1963.

- SERULLAZ M., Dessins d’Eugène Delacroix, 1798-1863 - Paris : RMN, 1984, 2 vol.

Cartel

  • DELACROIX Eugène

    Vue de la campagne anglaise avec la Tamise, et le collège de Greenwich

    vers 1825 1827

    Moreau-Nélaton, Etienne

  • legs

    409143

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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