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Œuvre Antéfixe à tête féminine

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art étrusque (du IXe au Ier siècle av. J.-C.)

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Antéfixe à tête féminine

© 1990 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art étrusque (du IXe au Ier siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Marie-Bénédicte Astier

Souvent construits en matériaux périssables, les édifices étrusques sont protégés et ornés dans leurs parties hautes par des éléments de terre cuite polychrome : les antéfixes masquent l'extrémité des tuiles convexes en bordure du toit. Exécutées au moule, elles sont généralement modelées en forme de visage masculin ou féminin. Celui-ci tend, au début du Ve siècle av. J.-C., à se dégager des conventions archaïques et à s'émanciper des modèles ioniens sous l'influence des créations athéniennes.

Triple fonction des terres cuites architecturales

Durant l'époque archaïque, les ateliers de Caere, en Étrurie méridionale, ont produit un grand nombre de terres cuites architecturales (frises, plaques de revêtement, acrotères et antéfixes) destinées à orner les édifices sacrés. Les temples étrusques étaient construits pour une grande part en matériaux périssables : une élévation en bois, en briques crues, parfois en blocs de tuf, sur un soubassement en pierre. Les antéfixes remplissent alors une triple fonction : placées en bordure du toit, elles masquent l'extrémité des tuiles convexes et les protègent des intempéries ; elles participent de même au décor de l'édifice ; enfin, elles ont un rôle apotropaïque en éloignant les malheurs et les mauvaises influences du sanctuaire. Façonnées au moule et rehaussées de peinture, elles sont le plus souvent modelées en forme de visage masculin ou féminin.

Des traits ioniens tempérés par l'influence attique

Cette antéfixe de la collection du marquis Campana, entrée au musée du Louvre en 1863, a été créée au début du Ve siècle avant notre ère et se distingue tant par sa remarquable qualité d'exécution que par une certaine émancipation des modèles ioniens. Parmi les antéfixes archaïques à tête féminine, beaucoup s'inspirent, en effet, directement de l'art de la Grèce de l'Est, largement diffusé dans la seconde moitié du VIe siècle avant Jésus-Christ, grâce aux échanges commerciaux et à l'arrivée en Étrurie et en Grande-Grèce de nombreux artistes ioniens qui fuient la menace perse. Or sur ce visage, l'empreinte ionienne est tempérée par l'influence des créations athéniennes, influence de plus en plus sensible à l'aube du Ve siècle. Le souci du détail décoratif est encore très présent : les cheveux ondulés sont surmontés d'un haut diadème orné de boutons de lotus, et les oreilles sont parées de lourdes boucles rondes. Néanmoins, les proportions du visage sont allongées, le modelé est traité en volume et non plus de manière linéaire. Comme dans la sculpture attique, le front est haut, les pommettes sont nettement dessinées, les yeux en amande plus ouverts, et moins effilés que dans l'art ionien.

Émancipation des conventions archaïques

Cette tête tend à s'affranchir également des conventions de l'archaïsme, même si elle reste proche encore des figures féminines du VIe siècle avant notre ère. L'expression du visage est plus grave, la bouche sourit à peine. Elle n'est pas tout à fait sévère comme sur certaines antéfixes plus tardives, mais elle annonce la perte totale du sourire archaïque.

Bibliographie

Andrén Arvid, Architectural terracottas from Etrusco-Italic temples, Lund, C. W. K. Gleerup 1940, pp. 31-33, n 29.
Aspects de l'art des Étrusques dans les collections du musée du Louvre, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1976-1977, p. 20, n 34, fig. 34.
Briguet Marie-Françoise, Le Sarcophage des époux de Cerveteri du musée du Louvre, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1988, pp. 79-81, fig. 87-88.
Briguet Marie-Françoise, "Le sarcophage des époux de Cerveteri du musée du Louvre", in Monumenti etruschi, 4, 1989, pp. 202-204, fig. 42, pl. 14a.
Lindros Wohl Birgitta, "Three female Head antefixes from Etruria", in The Getty Museum Journal, 12, 1984, pp. 114-116.
Pallottino Massimo, Giuseppe Foti, Antonio Frova, Franco Panvini Rosati (sous la dir. de) Art et civilisation des Étrusques, octobre-décembre 1955, cat. adapté et traduit par Jean Charbonneaux et Marie-Françoise Briguet, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1955, p. 53, n 254.

Cartel

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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