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Bas-relief

© 1997 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités orientales
Après la Conquête d'Alexandre

Auteur(s) :
Nicolas Benoît

A l'époque parthe, les souverains déposaient des statues à leur effigie dans les sanctuaires en signe de piété. Provenant du site iranien de Masdjid-e Suleiman, ce bas-relief représente un roi parthe du IIe ou du IIIe siècle ap. J.-C. en train d'accomplir un rituel. Cette oeuvre constituait une offrande au dieu Héraclès-Verethragna, protecteur des dynasties royales, dans le temple duquel il a été découvert.

Une scène d'offrande

Le site de Masdjid-e Suleiman, en Iran du Sud-Ouest, a révélé un centre religieux de première importance en activité du VIIIe siècle av. J.-C. au Ve siècle ap. J.-C. Fouillé par Roman Ghirshman, il a fourni des documents précieux pour notre connaissance de la culture parthe, tel ce bas-relief découvert dans la chambre 13 du temple d'Héraclès-Verethragna. Il figure un homme debout, en pose frontale. Sa chevelure bouclée est arrangée en trois parties dont celle du haut manque. Il porte des moustaches et une barbe en pointe. Sa tunique à manches ajustées tombe, sous la ceinture, en trois pans arrondis au-dessus d'un long sous-vêtement, lequel recouvre de larges pantalons à plis arrondis concentriques. Une longue cape est nouée au niveau de sa poitrine. Dans sa main gauche, il porte une corne d'abondance, serrée contre son torse. Enfin, en un geste d'offrande, son bras droit est tendu vers un "autel du feu" ou pyrée, composé de sept renflements ovoïdes.

Un portrait royal

Frontalité et platitude du relief caractérisent la sculpture parthe : le corps, massif, est toujours traité de manière conventionnelle. Dérivant de la tradition du portrait hellénistique, la recherche d'individualisation s'exprime dans le visage et surtout la coiffure très élaborée. Réservés à une frange privilégiée de la société, les portraits parthes sont relativement rares. Or notre personnage porte une coiffure "tripartite" caractéristique des familles royales ; le pyrée au-dessus duquel il officie constitue de même un attribut réservé aux souverains. Il s'agit donc vraisemblablement du portrait d'un roi ou d'un prince, du IIe ou IIIe siècle ap. J.-C.

Héraclès et la royauté parthe

L'apparition des portraits parthes est manifestement liée à l'édification de temples ; ces images, offertes à la divinité, affirmaient en effet la piété et la foi de leurs dédicants. Le fait que le temple d'Héraclès ait fourni bon nombre de portraits royaux est révélateur : héros-dieu grec, Héraclès fut assimilé, à l'époque parthe, à Verethragna, divinité iranienne aux attributions similaires. Tous deux étaient des dieux guerriers, symboles de puissance et de victoire mais également patrons des dynasties royales. Le sanctuaire du dieu Héraclès-Verethragna constituait de fait le réceptacle consacré des portraits royaux.
Notre personnage tient une corne d'abondance dont la mythologie grecque attribue la création à Héraclès et que l'on retrouve sur plusieurs portraits de princes parthes dédiés à Héraclès-Verethragna. Sur un bas-relief de Tang-i Sarvak, elle figure entre les mains d'un ancêtre dynastique, symbolisant la prospérité de son règne passé. Ici, la corne pourrait donc évoquer les ancêtres disparus, en offrande à Héraclès-Verethragna qui lui-même personnifie les générations de souverains morts et vivants.

Bibliographie

- GHIRSHMAN Roman, "Masjid-i Solaiman ou mosquée de Salomon, campagne de fouilles dans les montagnes des Bakhtiari (Iran) au printemps 1967", in Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, janvier-mars 1968, Paris, Librairie C. Klincksieck, 1968, pp. 8-15, fig. 2.

- GHIRSHMAN Roman, "Les Scènes d'investiture royales dans l'art rupestre des Sassanides et leur origine", in Syria, t. LII, Paris, Geuthner, 1975, pp. 119-129, fig. 11.

- GHIRSHMAN Roman, Terrasses sacrées de Bard-è Néchandeh et Masjid-i Solaiman : l'Iran du Sud-Ouest du VIIIe s. av. n. ère au Ve s. de n. ère, E. J. Brill, coll. "Mémoires de la Délégation archéologique en Iran", t. XLV : "Mission de Susiane", Paris, 1976, pp. 118-133, 230, 241-243, pl. LXXIX, n 2 (= GMIS 35).

- KAWAMI Trudy S., Monumental Art of the Parthian Period in Iran, Leiden, E. J. Brill, coll. "Acta Iranica", troisième série, vol. XIII, 1987, pp. 81-87.

Cartel

  • Bas-relief

    IIe siècle - IIIe siècle après J.-C.

    Masdjid-e Suleiman, temple d'Heraclès

  • Pierre

  • Fouilles R. Ghirshman, 1967

    Sb 7302

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie, Iran, Levant
    Salle 16, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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