Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Bouquet de fleurs placé sur un piédestal en pierre, avec une...

Œuvre Bouquet de fleurs placé sur un piédestal en pierre, avec une libellule

Département des Peintures : Peinture hollandaise

Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule

© 1995 RMN / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture hollandaise

Auteur(s) :
Michèle Perny

Peintre reconnu de natures mortes de fleurs et de fruits, Abraham MIGNON se fit une spécialité d’un genre de représentations virtuoses sur fond noir, auquel se rattache ce bouquet somptueux. Il l’agrémenta par ailleurs de quelques effets de surprise tout à fait personnels, subtils et déconcertants, comme ces reflets inattendus sur le verre, ou ce mélange aussi imprévu qu’attrayant de fleurs et de fruits habités par tout un microcosme d’insectes, dans l’esprit des vanités hollandaises.

Un bouquet splendide et raffiné

D’un vase transparent posé sur un rebord de pierre, jaillit un bouquet harmonieux, où se mêlent joyeusement mais avec recherche, des fleurs, des fruits et même, discrètement, des légumes. Parmi les fleurs représentées, toutes sortes de variétés familières : des pavots, des roses, des tulipes, des hortensias, des pivoines, des œillets, des liserons, un iris majestueux, et d’autres encore, à peine identifiables, asters peut-être ? primevères ? graminées ? mêlées malicieusement à des épigelles de blé mûr, une branche d’où pend une orange, des mûres, et … une branche de petits pois. Plusieurs insectes sont venus rendre visite à cette végétation opulente, attirés peut-être par ses parfums. En effet, en bas, au milieu sur un épi de blé s’est posé un premier papillon, puis un autre de profil cette fois, noir et orangé, probablement un vulcain, s’est suspendu la tête en bas à la tige d’un ombellifère. Tout en haut, une libellule s’approche d’un énorme pavot, tandis que tout à fait à droite, en bas et à l’opposé, un papillon plus grand, brun rouge, très reconnaissable à ses ocelles cerclés de noir et de jaune, un paon du jour semble-t-il, se déploie près d’une rose. Un petit escargot a, quant à lui, entrepris d’escalader le rebord de pierre, tandis qu’une chenille ondule sur la tige d’une grosse pivoine qui a basculé sur l’entablement.

Un enchantement pour le regard et une leçon de « vanités »

Cet artiste s’est  consacré presque exclusivement à la peinture de fleurs, de fruits, d’insectes et d’oiseaux, à l’exception cependant de quelques portraits. Et l’un des procédés remarqué et souvent utilisé par celui-ci dans ses natures mortes, consiste à représenter au centre de la toile, des fleurs plus importantes et ramassées, des roses rouges ou blanches par exemple, et à ordonner autour d’elles toutes les autres variétés, l’ensemble se détachant par ailleurs de manière fréquente sur un fond sombre. A l’art consommé de la représentation florale s’ajoute ici le jeu subtil de la lumière qui se dévoile dans le reflet d’une fenêtre sur le vase en verre rempli d’une eau claire : une grande baie vitrée apparaît sur la partie gauche, reflétée à nouveau en bas à droite. Les accents de lumière se poursuivent en légers reflets sur l’entablement et dans les gouttelettes d’eau au pied du vase. S’ajoute d’autre part à cette représentation, une dimension symbolique de « vanité ». Le peintre introduit à dessein de petits insectes tels un escargot, animal terrestre, le papillon, évocation habituelle de la Rédemption, et des éléments végétaux comme l’épi de blé, allusion eucharistique à la Cène. Et puis ça et là, les fleurs se penchent, alourdies, commencent à faner même et perdent quelques pétales, comme une mise en demeure sur la précarité de la vie terrestre, une interpellation sur son caractère éphémère.

Les peintres de natures mortes

La famille d’Abraham Mignon émigra en Allemagne pour des raisons religieuses et dans sa ville natale, Francfort, cet artiste germano-hollandais fit son apprentissage auprès du peintre de natures mortes et marchand de tableaux allemand Jacob Marrell (1613/14-1681). Accompagnant ce dernier à Utrecht vers 1664,  les deux artistes s’inscrivirent à la Guilde de saint Luc en 1669, une corporation très prisée à cette époque, et qui offrait une sécurité économique, une garantie et un soutien aux artistes. Il entra par la suite dans l’atelier de Jan Davidsz De Heem (1606-1683/84), abordant alors tables servies, nature mortes, bouquets, ces mêmes sujets lui donnant l’occasion de rivaliser avec le maître dans la perfection travaillée, la touche impeccable et raffinée. Il fut ainsi l’un de ses suiveurs les plus estimés, même si parfois le peintre s’écarta de son influence pour se rapprocher davantage de la peinture de Willem van Aelst  ou encore des peintures de plantes et d’animaux, comme celles d’Otto Marseus van Schrieck.

Bibliographie

- FOUCART Jacques « Notice pour l’Audioguide et le DVDRom », 1998

- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre éditions, 2009, p. 185

Cartel

  • Abraham MIGNON (Francfort-sur-le-Main, 1637 - Utrecht, 1679)

    Fleurs dans une carafe de cristal placée sur un piédestal en pierre, avec une libellule

  • H. : 0,88 m. ; L. : 0,68 m.

  • Collection de Louis XIV : don du marquis de Beringhem entre 1683 et 1695

    INV. 1556

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Hollande, milieu du XVIIe siècle
    Salle 36

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet

Informations complémentaires

S.b.g. : A. Mignon Fe.