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Œuvre Buste de Yarhai, fils de Elahbêl

Département des Antiquités orientales : Levant

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Buste de Yarhai, fils de Elahbêl

© 1997 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Nicolas Benoit

Ce buste de notable est un exemplaire caractéristique de la sculpture funéraire de Palmyre au début de notre ère. De telles représentations, accompagnées d'une inscription mentionnant le nom et la généalogie du défunt, ornaient les dalles scellant les niches (loculi) creusées dans les tombeaux. Daté de la fin du IIe siècle, le buste de Yarhai étonne par la richesse de ses vêtements et intrigue par sa mystérieuse affinité avec la prêtrise de Palmyre.

La tradition funéraire à Palmyre

Le buste de Yarhai ne constitue qu'un élément isolé du système funéraire complexe qui caractérise la Palmyre romaine et dont il illustre la richesse. A côté des nombreuses tombes à fosse individuelles, signalées par une simple pierre ou stèle, les grandes familles palmyréniennes ont utilisé trois types distincts de sépultures collectives. Jusqu'au Ier siècle, la tour funéraire (une superstructure recouvrant un tombeau), coexistait avec l'hypogée (une chambre creusée dans la roche), de dimensions plus modestes mais abondamment sculpté. Au IIe siècle, apparurent les "tombeaux-temples", mêlant des traditions architecturales orientales et gréco-romaines. Fondées par un seul individu pour les membres de sa famille, ces sépultures collectives étaient conçues comme des propriétés immobilières, dont certaines parcelles pouvaient être cédées à d'autres familles. Toutes étaient percées dans leurs parois de niches individuelles profondes (ou loculi) destinées à recevoir les corps, parfois momifiés, des défunts. L'ouverture de ces loculi était ensuite scellée par une dalle de pierre, devenue, au Ier siècle, un support consacré aux images funéraires. Le format de ces dalles imposa rapidement la nécessité de représentations en buste, qui forment l'essentiel de la sculpture palmyrénienne conservée au Louvre. Une inscription en palmyrénien (dialecte dérivé de l'araméen) donnait, pour chacun des défunts, nom et généalogie, ici : "Yarhai, fils de Elahbêl".

Un relief remarquable

Caractéristique de cette production, le buste de Yarhai est cependant remarquable à plus d'un titre. La singulière richesse de ses vêtements le distingue de ses pairs : la tunique du dessus présente deux bandes tissées de rinceaux de vignes, au sein desquels officient des Amours vendangeurs. Cette exubérance de détails contraste avec le costume grec, plus simple et répandu à cette période. Le vêtement de Yarhai évoque plutôt la beauté des tissus orientaux, dont l'existence est confirmée par la découverte de lambeaux dans des tombeaux contemporains. La bague portée au petit doigt de la main gauche de Yarhai est en revanche commune à ce type de représentation. Il en est de même pour la tige de palme, symbole de prestige ou encore de victoire sur les forces maléfiques de l'au-delà. L'attitude de Yarhai, qui n'est pas frontale, contrairement à bon nombre de ces reliefs, trahit la souplesse et le réalisme gréco-romains, de plus en plus prisés en ce IIe siècle. Par ces détails, ce relief constitue la preuve que les bustes funéraires standardisés, courants à Palmyre, pouvaient coexister avec de véritables portraits.

Yarhai et la prêtrise de Palmyre

Un dernier trait remarquable de ce relief réside dans la présence du mortier (ou modius), posé sur un socle drapé à sa droite. Cette coiffe des prêtres palmyréniens, était le seul attribut qui permettait de les distinguer des laïcs. D'origine perse, le modius est ceint d'une couronne de laurier héritée cette fois de la tradition grecque ; en son centre est répété le buste d'un prêtre selon un modèle conventionnel mais dont la signification n'est pas assurée. Parmi les prêtres figurés parvenus jusqu'à nous, certains, vraisemblablement d'origine romaine ou arabe, officiaient tête nue, le modius posé ainsi, à leurs côtés. Cependant, la barbe que porte Yarhai est à priori incompatible avec la charge sacerdotale. Yarhai était peut-être simplement lié à quelque activité cultuelle ; ou bien son père, Elahbêl, ou un autre membre de sa famille, était peut-être prêtre.

Bibliographie

DENTZER-FEYDY J., PIC M., TEIXIDOR J., Les Antiquités de Palmyre au musée du Louvre, Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1993, p. 190.

- MACKAY D., "The Jewellery of Palmyra and its Significance", in Iraq XI, Londres, British School of Archaeology in Iraq, 1949, pp. 160-187.

- STARCKY J., GAWLIKOWSKI M., Palmyre, Librairie d'Amérique et d'Orient, Paris, 1985, pp. 124-133.

- STUCKY R.-A., "Prêtres syriens : Palmyre, 6", in Syria, 50, Paris, Geuthner, 1973, pp. 163-180.

Cartel

  • Buste de Yarhai, fils de Elahbêl

    Fin IIe siècle après J.-C.

  • H. : 52 cm. ; L. : 44 cm. ; Pr. : 24 cm.

  • Acquisition 1894

    AO 2398

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Arabie. Les cités caravanières, Dura Europos, Palmyre, IIIe siècle avant J.-C. - IIIe siècle après J.-C.
    Salle 20
    Vitrine 1

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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