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Butor et perdrix gardés par un chien blanc

© 2010 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Geneviève Ponge

Ce tableau a appartenu au prince Fr. de Mecklembourg-Schwerin, grand amateur d'Oudry ; ses études de gibier mort et de chiens d'arrêt, au faire minutieux rappelant les Flamands du XVIIe siècle, en firent l'un des artistes préférés de Louis XV, plus féru de chasse que de peinture.

Dans la forêt paisible

Sur un fond de paysage, au bord d'un chemin, une souche d'arbre présente les trophées de la chasse. A une branche basse est suspendu du gibier. A gauche, attaché par une patte, un butor, la tête renversée, étale la splendeur de son plumage. La richesse et la nuance du coloris, en particulier dans les blancs, les gris et les beiges sont remarquables. Plus haut, sur la même branche, est accrochée une perdrix. A droite, un chien de chasse, l'oeil vif, regarde le volatile.
La toile repose sur deux contrastes : le premier oppose la vigilance alerte du chien qui monte la garde à l'inertie du gibier mort ; dans le second, l'artiste éclaire par un rayon de lumière les ailes déployées de l'oiseau et le chien, qui se découpent ainsi sur l'arrière-plan sombre. C'est une peinture de l'ombre et de la lumière, une peinture de la vie et de la mort. La nature et la représentation des animaux remplacent les objets d'une nature morte ici composée de plumes, de poils et de verdure. La scène est  calme, nous sommes là après les coups de fusil, au milieu de la forêt paisible.

Oudry : une existence dédiée à l'art

Fils du peintre Jacques Oudry, le jeune Jean-Baptiste, né à Paris en 1686, fait son premier apprentissage dans l'atelier de Michel Serre, un peintre de Marseille qui travaille quelque temps à Paris. Il est ensuite élève de Nicolas de Largillière (1656-1746). Devenu peintre d'histoire et portraitiste, il est nommé professeur à l'Académie Royale de Peinture à la mort de François Desportes en 1743, puis peintre ordinaire de la vénerie royale. Car Oudry est aussi le portraitiste des animaux, ceux, exotiques, de la Ménagerie de Versailles mais surtout celui des chiens et des chasses. Ses contemporains apprécient sa manière de reporter les sentiments humains sur les animaux qu'il peint sur le vif. En 1728, des chevaux sont à sa disposition et il a l'ordre de se trouver dans la suite du roi lorsqu'il court le cerf afin de dessiner d'après nature les événements de la chasse et de préparer de grandes peintures pour les résidences royales. A partir de 1733, la commande de la tenture des Chasses Royales  occupe l'artiste pour de longues années. Oudry joue un rôle important en tant que peintre officiel de la manufacture des tapisseries de Beauvais dont il assume, dès 1734 et jusqu'à sa mort en 1755, la direction artistique ; en 1736, il devient inspecteur aux Gobelins. Ses oeuvres de grand format servent alors de modèles pour des tapisseries que les manufactures royales tissèrent d'après ses cartons. 

Et une destinée mouvementée pour un chef-d'œuvre

Au Salon de 1748, Oudry envoya quatorze tableaux dont celui-ci. Le prince héritier Frédéric de Mecklembourg-Schwerin aspirant à se procurer des oeuvres de l'artiste, elle lui fut  proposée. Le prince l'acheta cinq cent livres sur sa caisse personnelle et la fit accrocher au château de Schwerin (Mecklembourg Poméranie occidentale)  avec de nombreuses autres toiles du peintre toujours en place dans les collections de ce palais. En 1806, lors de la campagne militaire, les troupes napoléoniennes s'emparèrent de l'œuvre avec sept autres toiles d'Oudry. Elles furent officiellement rendues en 1815 lors du Traité de Vienne, mais celle-ci, alors au musée de Dijon où elle avait été envoyée en 1811, resta en France et revint au Musée du Louvre avant 1823 ; une oeuvre de Boilly fut accordée en compensation. Restée depuis sur les cimaises du Louvre, cette peinture représente l’un des nombreux  aspects de l'art d'Oudry.

Bibliographie

- DROGUET Vincent, SALMON Xavier et VERON-DENISE Danièle,  Animaux d'Oudry : collection des ducs de Mecklenbourg-Schwerin, catalogue d'exposition Fontainebleau, musée national ; Versailles, musée national du château, 2003-2004.

- OPPERMAN Hal,  Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), catalogue d'exposition, Paris, Grand Palais, 1982 – 1983.

- OPPERMAN Hal,  Jean-Baptiste Oudry  : catalogue raisonné, New-York - Londres, 1977. 

Cartel

  • Jean-Baptiste OUDRY (Paris, 1686 - Beauvais, 1755)

    Butor et perdrix gardés par un chien blanc

    1747

  • H. : 1,20 m. ; L. : 1,70 m.

  • Saisi à Schwerin pendant la campagne d'Allemagne, 1806 , 1806

    INV. 7028

  • Peintures

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

signé : J.B. Oudry/1747