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Chemin enneigé traversant un bois, dans la forêt de Fontainebleau

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :
Sarah Boyer

Datée par Sensier de 1850, cette feuille représente l’une des avenues de la forêt de Fontainebleau, dite « Chaussée du Roi ». Elle participe du mouvement de retour à la nature et de sa figuration sous toutes ses formes, idée qui émerge dès la première moitié du XIXe siècle. En choisissant le sens horizontal, Théodore Rousseau confère à sa composition un caractère monumental, accroît l’impression de perspective et de cheminement et restitue la luminosité du paysage grâce aux rehauts d’aquarelle.

De la terre, des herbes et des arbres

En conjuguant diverses techniques, Rousseau donne de la nature une impression essentiellement tactile : le fusain lui permet de suggérer, par leurs silhouettes et leurs feuillages, différentes essences d’arbres, le caractère tortueux des troncs, mais aussi le déroulement du chemin, un peu cahoteux. Un promeneur esquissé à l’horizon suggère l’immensité de la forêt et l’éloignement progressif. A l’arrière-plan se détachent, très discrètement, quelques collines, tandis que le bleu du ciel est à peine troublé par de petits cumulus. D’importants rehauts de lavis gris et brun donnent l’idée des diverses matières, telles l’herbe ou la terre, rendues magistralement par la liberté d’expression de Rousseau : ils donnent à la forêt sa profondeur comme sa densité.

Les rêveries

Originaire de Franche-Comté, comme Courbet, Rousseau réussit à renouer avec la tradition du paysage sobre et construit, idéalisé, du XVIIe siècle hollandais, illustré par Ruisdael ou Hobbema. D’abord reconnu pour son originalité, salué comme le héraut d’un renouveau du paysage, Rousseau se voit refuser son tableau La Descente des vaches  (La Haye, Museum Mesdag) au Salon de 1836.
Il s’installe alors dans la forêt de Fontainebleau, bientôt rejoint par d’autres artistes, comme lui amoureux de la liberté et du contact direct avec la nature : ainsi se forme l’Ecole de Barbizon, du nom d’un petit village à la lisière de la forêt de Fontainebleau. Ami de Daumier, de Millet et de Dupré, il ne quitte plus son refuge, travaillant jusqu’à sa mort mais n’obtenant que tardivement un certain succès. Réaliste pour son goût de l’observation, pour sa volonté de libérer le paysage de tout élément accessoire – mythologie, religion, histoire - jusqu’à finalement supprimer toute présence humaine, Théodore Rousseau, le poète de la majesté solennelle de la forêt et de la mélancolie nue des landes, rappelle par son œuvre imagé les œuvres littéraires de son homonyme du XVIIIe siècle, Jean-Jacques.

Amoureux de la nature

Parfois oublié au profit d’un autre Rousseau, le Douanier, introduit par les Cubistes des années après, Théodore, ce « naturaliste entraîné sans cesse vers l’idéal » selon Baudelaire, « aime les natures bleuâtres, les crépuscules, les couchers de soleil singuliers et trempés d’eau, les gros ombrages où circulent les brises, les grands jeux d’ombres et de lumière » ; d’où ses recherches spatiales et luministes.
Poussé par la nécessité, l’artiste expose au Salon de 1850 sept tableaux représentant presque tous les sites de cette forêt où il aime tant se promener et travailler, attentif, écrit-il « à la voix des arbres » passionné par les « surprises de leurs mouvements, leurs variétés de formes et jusqu’à leur singularité d’attraction vers la lumière ».

Bibliographie

- SCHULMAN Michel, BATAILLES Marie, Théodore Rousseau 1812-1867 : catalogue raisonné‚ de l’œuvre peint, Paris, éd. de l'Amateur, 1999

- SCHULMAN Michel, BATAILLES Marie, SÉRAFINO, Virginie, Théodore Rousseau, 1812-1867 : catalogue raisonné de l’œuvre graphique, Paris, éd. de l'Amateur, éd. des Catalogues raisonnés, 1997.

- Corot, Courbet, und die Malerei von Barbizon : « Les amis de la nature », cat. exp. Munich, Haus der Kunst, 4 février – 21 avril 1996.

- THOMAS Greg M., Art and Ecology in the Nineteenth-Century France : the Landscape of Théodore Rousseau, Princeton, Princeton University Press, 2000

- MONNIER Geneviève, Dessins du Louvre : école française, Paris : Flammarion, 1968, n° 81

Cartel

  • ROUSSEAU Théodore

    Chemin enneigé traversant un bois, dans la forêt de Fontainebleau

    Koechlin, Raymond

  • legs

    4023339

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

En bas, à gauche, marque de la vente Rousseau : TH.R. Au verso de l'encadrement, étiquette : Collection Sedelmeyer signé : R. Koechlin.