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Cippe

© 1999 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Alain Duclos

Découvert au XVIIe le cippe de Malte, monument d'origine phénicienne présente l'intérêt majeur de posséder à sa base une inscription bilingue en grec et en phénicien portant dédicace des frères Abdosir et Osirshamar au dieu tyrien Melqart. Cette inscription a permis à l'abbé Barthélémy, grand érudit du XVIIIe, de poser les bases de la lecture des écrits phéniciens et d'ouvrir la voie aux études phénico-puniques.

Un monument dédicatoire phénicien particulier

Ce cippe du Louvre est l'un des deux monuments dédicatoires en marbre découverts au XVIIe siècle sur l'île de Malte par les Chevaliers de l'Ordre de Malte (le second monument est au musée national d'archéologie de La Valette à Malte). En 1782, le chevalier Rohan, Grand maître de l'ordre, en fit don à Louis XVI, le monument fut déposé à l'Académie des inscriptions et belles lettres, puis transféré à la Bibliothèque Mazarine entre 1792 et 1796, plus tard, en 1864, il intégrera le musée du Louvre à l'initiative du grand orientaliste Silvestre de Sacy.
Le terme de cippe, utilisé pour dénommer ce type de monument, est entré dans la langue française en 1718 et désigne une colonette avec ou sans chapiteau ou bien une colonne tronquée servant de borne, de monument funéraire ou, comme ici, de monument dédié à une divinité et qui portait une inscription.
Les cippes du Louvre et du musée archéologique de Malte présentent la particularité d'être constitués de deux parties: la base est un bloc parallélépipédique mouluré portant des inscriptions en grec et en phénicien sur une de ses faces et pouvant être assimilée à un autel votif.
Chacun de ces parallélépipèdes supporte un pilier pouvant représenter un "candélabre" décoré dans sa partie inférieure de feuilles d'acanthe sculptées en léger relief. Celui du Louvre est tronqué au sommet.
Il offre surtout la particularité de disposer dans sa partie basse d'une inscription bilingue : trois lignes en grec et quatre en phénicien.
Les relations entre les populations de Malte et les Phéniciens, dont ces deux ensembles témoignent, sont attestées dès le VIIIe siècle avant notre ère mais l'épigraphie présente sur ce monument suggère une date au IIe siècle av. J.-C., donc à une époque où les îles maltaises sont sous occupation romaine.

Une inscription bilingue fondamentale

L'inscription qui figure gravée sur le cippe du Louvre est mentionnée pour la première fois dans une lettre du chanoine Ignatius de Di Costanzo datée de 1694. Elle a été copiée et publiée en 1736 par J.-Cl. Guyot de la Marne, Chevalier de Malte.
En voici la traduction, en suivant les lignes :

Texte phénicien :
1- " À notre Seigneur Melqart, Maître de Tyr, qui a dédié
2- ton serviteur Abd' Osir et son frère 'Osirshamar
3- tous deux fils de 'Osirshamar, car il a écouté
4- leur voix, qu'il les bénisse. "

Texte grec :
1-  " Dyonisos et Sérapion les
2-  fils de Sérapion, tyriens,
3-  à Héraclès fondateur."

Le texte révèle qu'il s'agit d'un monument dédié par deux hommes de la ville de Tyr, Dionysos et Sérapion.
À partir de cette inscription qui reproduisait dix-huit des vingt-deux lettres de l'alphabet phénicien, l'abbé Jean-Jacques Barthélémy jeta les bases du déchiffrement du phénicien.
Il put lire ainsi le premier mot : DNN " à notre seigneur ". L'intuition qu'Héraclès était l'équivalent de Melqart maître de Tyr amena l'identification de quelques lettres supplémentaires et celles des dédicants, fils du même père dans la langue grecque, lui permirent de retrouver ce dernier dans le texte phénicien.
Au tableau paléographique publié en 1764 par ce savant il ne manqua plus que deux lettres le " tet " et le " pe ".
C'est en effet l'étude de cette inscription phénicienne du cippe du Louvre qui peut être considérée comme le fondement véritable des études phénico-puniques, alors que le peuple phénicien et sa civilisation n'étaient jusqu'alors connus que par ce qu'en disaient la Bible et les écrits grecs.

Cartel

  • Cippe

    IIe siècle avant J.-C.

    Malte, Marsa Scirocco

  • Marbre

  • Donné, en 1782, par le chevalier de Rohan, Grand Maître de l'ordre de Malte, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, puis cédé au Louvre par labibliothèque Mazarine grâce à Sylvestre de Sacy

    AO 4818

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Monde méditerranéen
    Salle 18 b, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

Le socle porte deux inscriptions, en grec et en phénicien.