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Corbeille de fleurs

© 2003 RMN / Hervé Lewandowski

Peintures
Peinture flamande

Auteur(s) :
Michèle Perny

Maître à Anvers en 1602, resté longtemps méconnu, Osias BEERT n’est sorti de l’oubli qu'au XXe siècle, à un moment où la nature morte présenta soudain un regain de faveur chez les spécialistes et les amateurs. Sans doute l’un des artistes les plus remarquables de la première période de la nature morte flamande au XVIIe siècle dans les Pays-Bas méridionaux, il réalisa à de nombreuses reprises des corbeilles de fleurs telles que celle-ci. Considéré comme un précurseur, il accorda à ce genre une place prépondérante en y ajoutant son interprétation personnelle à travers un style original.

Une corbeille exubérante

D’une corbeille ovale, dont se devinent à peine les bords à cannelures, installée sur une table où s’est posée une libellule, jaillit une luxuriante composition florale. Ponctuée par les six calices effilés de tulipes blanches striées de rouge formant un arc de cercle et que soulignent dans les entre-deux des lis rouges, elle offre au regard charmé un incroyable foisonnement de variétés florales. Au-delà de cet orbe délimitant avec précision la lumière, se devinent en effet dans l’ombre, des lis, des iris, des pivoines rouge foncé, cernés de feuillages aux reflets d'un vert sombre. Au centre, en pleine lumière, domine le blanc éclatant des narcisses, rehaussé par le rose tendre de trois roses échevelées laissant tomber au passage quelques pétales, et par le rose plus soutenu d’un petit cyclamen aux feuilles en forme de cœur sur lesquelles s’est attardé un papillon. Deux bleuets épanouis, une tige de fritillaire aux fleurs si caractéristiques, d’un ton presque violacé et panachées en damier pourpre et blanchâtre, tranchent de leur couleur froide sur le blanc et les rosés, ainsi que sur le jaune éclatant d’une jonquille et d’une tulipe jaune flammée de pourpre.

Un style personnel

Un véritable jaillissement de couleurs accompagné d’un équilibre magistral des volumes s’affirme dans cette éclatante brassée de fleurs. La composition très dense, où le moindre espace est occupé par des feuillages ou des fleurs plus modestes -de petits œillets venant par exemple combler astucieusement un vide entre une jonquille et une rose rayonnante, - et la disposition très minutieuse, donnent une allure originale et très personnelle au tableau. En outre, le passage de la lumière à l’ombre, qui rythme la répartition des fleurs et des feuillages, confère toute sa dimension virtuelle à ce bouquet en accentuant son apparence sphérique. Cet effet est obtenu grâce aux fleurs claires et pâles disposées au centre que viennent habilement ponctuer tout autour des fleurs plus sombres. Il a été souvent noté, que la sorte d’auréole foncée qui entoure cette couronne de lumière tend à faire « tourner » cet assemblage végétal en l’animant d’une sorte de mouvement. Cette impression est renforcée par un cadrage resserré, par l’absence de fond, mais aussi par le tracé à peine esquissé du rebord d’une table au tout premier plan : toute l’attention du regard est alors portée sur le sujet principal, la composition florale, totalement réinterprétée d'après nature par l'imagination de l'artiste.

Une reconnaissance tardive

Né à une date inconnue, probablement vers les années 1580, et mort à Anvers, sans doute en 1623, on peut supposer que l'artiste appartenait à une famille anversoise. Il y est mentionné pour la première fois en 1596 comme apprenti chez un certain André van Baseroo. En 1602, il est reçu maître à la gilde de Saint-Luc et forma par la suite plusieurs élèves, dont son propre fils, dit Osias Beert le Jeune et François Ykens, son neveu, peintres qui se distinguèrent aussi dans la peinture de fleurs. Si cet artiste dirigea un atelier sans doute important, on ne peut dire avec certitude s'il fut reconnu de ses contemporains eux-mêmes. Ses tableaux signés sont rares et il ne sera arraché à l'oubli qu'en 1938 seulement par Curt Benedict.

Bibliographie

- BENEDICT Curt, « Un peintre oublié de natures mortes, Osias Beert », l'Amour de l'Art, n° 8, octobre 1938

- LE FOLL Joséphine,  La Peinture de fleurs, PARIS : Hazan, 1997, p. 96-97

- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre éditions, 2009, p. 83 ; p. 340 Annexe III

Cartel

  • Osias BEERT (Anvers ?, vers 1580 ? - Anvers, 1624)

    Corbeille de fleurs

    Peint vers 1610/1620

  • H. : 0,53 m. ; L. : 0,75 m.

  • Confié au Louvre par l'Office des biens privés, 1950

    M.N.R. 563

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Flandres, Allemagne XVIIe siècle
    Salle 16

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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