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Œuvre Couvercle de pyxide avec maîtresse des animaux

Département des Antiquités orientales : Levant

Couvercle de pyxideDéesse nourissant des caprins

© 1998 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Annie Caubet

Couvercle de pyxide (ou boîte à fard) orné d'un relief figurant la "maîtresse des animaux" nourrissant des chèvres sauvages. Son costume étagé, sa coiffure bouclée ainsi que le paysage de rochers sont inspirés de l'art mycénien, adopté par un artiste du Levant.

La maîtresse des animaux

Ce couvercle forme un tableau circulaire au centre duquel un personnage féminin tend des épis à deux chèvres sauvages cabrées. De nombreuses images en Grèce et au Levant font ainsi intervenir un personnage féminin dominant des animaux sauvages ou domestiques : on interprète ces scènes, qui semblent être de prime abord la simple évocation d'une bergerie dans laquelle on nourrirait des chèvres, comme l'expression de croyances dans les forces symboliques de la nature. Une jeune femme souriante, les bras pliés symétriquement de chaque côté du buste, tend des épis que deux chèvres effleurent de leur museau. Son profil au nez droit dans le prolongement du front, l'arrangement de ses boucles, rappellent des images de Crète ou de Santorin, notamment l'enroulement relevé sur le front ou la longue mèche ondulée qui retombe du sommet du crâne. Le costume est également d'inspiration préhellénique, la poitrine est nue, ornée d'un collier de pendentifs, sur une large jupe à volants décorés. La femme est assise, les jambes de profil, le buste de face, sur un petit tabouret à degrés. Celui de droite se confond avec un élément conique piqueté sur lequel la chèvre pose son avant pied droit ; on le retrouve du côté de la chèvre gauche. L'interprétation de cet élément n'est pas certaine : peut-être s'agit-il d'un rocher stylisé, comme celui sur lequel se tient la jeune femme, une masse creusée de trous. Toute la scène était bordée d'un galon décoratif en forme d'écailles imbriquées. Les deux chèvres sont disposées comme en miroir, cabrées, les pattes arrière en marche, abordant le rocher, une patte avant posée sur le cône rocheux, une autre s'approchant du coude de la jeune femme. Leur corps est dynamique et élancé, le détail des sabots et des onglons minutieux. La barbiche est retroussée et les lèvres entrouvertes pour saisir la friandise.

L'art crétois et son héritage

Le thème de la maîtresse des animaux appartient au répertoire commun aux pays qui forment la Méditerranée orientale tandis que la disposition, symétrique et dynamique à la fois, relève de traditions nées en Mésopotamie et adoptées dans le monde syrien. Les détails de la coiffure et du costume, l'esthétique du visage au profil droit sont empruntés à des motifs nés dans le monde grec préhellénique, en Crète. Ils ont ensuite été diffusés à la faveur de l'expansion de la culture mycénienne, de la Grèce continentale aux îles grecques et au littoral de la Turquie occidentale, au Levant. Les artistes d'Ougarit ont été baignés dans cette civilisation internationale et ce petit tableau, précieuse possession d'une femme d'Ougarit, reflète le caractère cosmopolite de ce royaume syrien à la fin du IIe millénaire.

L'art de l'ivoire

Ce disque est le couvercle d'une boîte cylindrique taillée dans une défense d'éléphant. Le couvercle lui-même a été découpé dans une planche sciée verticalement dans la partie pleine de la défense, vers la pointe. La cuve de la boîte, elle, est sciée dans la base de la défense, où se trouve la cavité naturelle qui abrite sur l'animal vivant la pulpe dentaire. Les artistes d'Ougarit ont su maîtriser le travail de l'ivoire d'éléphant et d'hippopotame pour fabriquer des objets précieux : boîtes à fard, cylindriques comme ici ou en forme de canard, peignes, fuseaux, instruments de musique ou éléments de meubles. Des défenses d'éléphant et d'hippopotames importées d'Afrique et d'Égypte circulaient à travers la Méditerranée, comme le montre la cargaison d'une épave de navire coulée au large de côtes de Turquie vers le XIIIe siècle av. J.-C.

Bibliographie

- SCHAEFFER Claude, Ugaritica I, Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1939, frontispice, pl. I et XI, p. 3.

- POURSAT J.C., Les Ivoires mycéniens. Essai sur la formation d'un art mycénien, De Boccard, Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Rome Première série, Paris 1977, p. 144.

Cartel

  • Couvercle de pyxideDéesse nourissant des caprins

    Vers 1250 avant J.-C.

    Minet el Beida, port d'Ougarit, tombe 3

  • Ivoire d'éléphant

  • Fouilles C. Schaeffer, 1929

    AO 11601

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : Syrie côtière, Ougarit et Byblos
    Salle B
    Vitrine 7 : Ras-Shamra : les objets de luxe

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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