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Œuvre Deux jaguars du Pérou

Département des Arts graphiques : XIXe siècle

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Deux jaguars du Pérou

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :
Sarah Boyer

Si ses sculptures triomphent à l’Exposition Universelle de 1855, la critique découvre tardivement les qualités égales sinon supérieures des aquarelles de Barye. Dès 1831, il en expose au Salon puis continue durant plusieurs années. Gigoux témoigne ainsi de sa pratique constante de l’aquarelle : «Dans un coin de son atelier, pour remplir les moments d’attente de rendez-vous de ses modèles ou de ses praticiens, il avait toujours quelqu’aquarelle en train, un lion ou une gazelle quelconque.»

Modèle, paysage et clair-obscur

L’une des singularités de cette aquarelle est d’être conçue à partir d’un seul « modèle », un jaguar du Pérou entré au Jardin des Plantes le 12 janvier 1831 et mort le 27 octobre 1835 : une telle indication permet de dater assez précisément cette œuvre, exposée au Salon de 1833 qui se différencie d’autres aquarelles par le traitement imprécis mais néanmoins suggestif du paysage. Attentif aux forces et à la puissance qui s’expriment dans les mouvements, Barye ne donne pas seulement une image d’un animal mais suggère surtout sa vitalité, sa force, son caractère. L’effet de clair-obscur, rarement employé par Barye, oppose à la plus sombre des bêtes, aux aguets et se détachant en plein jour, sa compagne plus claire, paresseusement étendue auprès d’elle et voilée par l’ombre portée de la caverne.

Une technique somptueuse

Barye utilise l’aquarelle d’une manière originale. Adaptée à de petits formats correspondant à ceux de ses bronzes, cette technique alors en vogue satisfait le sculpteur. Il la mélange à l’encre de Chine, à la gouache, parfois au vernis brillant, afin d’obtenir une matière dense, proche de la peinture à l’huile, avec une richesse de tonalités dans une gamme cependant réduite. L’opacité des noirs, qu’il s’agisse du pelage du jaguar de gauche ou des parties sombres du paysage, se trouve ainsi renforcée, enrichie et intensifiée par l’emploi restreint de vernis brillant.
Dans le choix des sujets, chacune de ses études d’animaux se situe dans une nature âpre et colorée, à la fois réelle et imaginaire. C’est dans leur cage, au Jardin des Plantes ou à la ménagerie de la foire de Saint-Cloud que Barye étudie les fauves mais il les présente toujours en liberté, dans une nature familière, voire accueillante, ici la forêt de Fontainebleau, au pied des rochers d’Apremont.

Même modèle, autre effet

Dessinant parfois les animaux écorchés au laboratoire d’anatomie comparée du Museum aux côtés de Delacroix, Barye emploie une méthode particulière. Pour un rendu parfait de l’attitude, il décalque ses dessins d’études aux contours précis pour les reporter dans une ou plusieurs compositions. Il utilise le calque dans un sens ou l’autre et place un même dessin dans des paysages de format tout à fait différent ce qui modifie complètement la perception : l’animal qui occupe toute la feuille d’étude se trouve parfois projeté en arrière-plan. Barye applique ensuite à ses dessins reportés une couleur et étudie le volume et le pelage par sa juxtaposition avec l’encre de Chine. L’ombre intense apportée par ce médium crée toute la magie des œuvres.
Une feuille de croquis du Louvre (RF 5174) montre plusieurs études de tigre : vers le bas à droite, un jaguar couché présente le même dessin que Deux jaguars du Pérou  où l’animal est placé dans un plan plus reculé et reçoit moins de lumière que dans son homologue de Cambridge (Fogg Art Museum) : l’effet est différent mais le modèle demeure le même.

Bibliographie

- BOYSSON Bernadette (de), RAIGNAC Valérie (de), Autour de Barye et de Pompon : sculptures animalières des XIXe et XXe siècles : hommage au legs Cruse-Guestier, cat. exp. Bordeaux, Musée des Arts décoratifs de Bordeaux, 2002.- Paris : R.M.N. Bordeaux : Musée des Arts décoratifs , 2002

- POLETTI Michel, RICHARME Alain, Barye : catalogue raisonné des sculptures, Paris : Gallimard, 2000.

- LEROY-JAY LEMAISTRE Isabelle et TUPINIER-BARRILLON Béatrice, « Dessins, aquarelles, peintures », in cat. exp. La Griffe et la dent : Antoine Louis Barye (1795-1875), sculpteur animalier, Paris, Musée du Louvre, 1996-19977 ; Lyon, Musée des Beaux-arts, 1997-1998, pp. 75-82, 114, cat. 101.

- BAILLIO Joseph, The Wild Kingdom of Louis-Antoine Barye, 1795-1875, Cat. exp. New York, Wildenstein & Co, 1994, p. 18, fig. 3.- New York : Wildenstein and Co., Inc. , 1994

- ZIESENISS Charles-Otto, Les Aquarelles de Barye : étude critique et catalogue raisonné‚ Paris : Charles Massin, 1954

Cartel

  • BARYE Antoine Louis

    Deux jaguars du Pérou

    Zoubaloff, Jacques-Michel de

  • Dessin restauré

    H. : 24.2 cm. ; L. : 31.4 cm.

  • don

    404205

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Signé en bas à droite : Barye