Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Ephèbe vêtu d'une Chlamyde assis sur un rocher

Œuvre Ephèbe vêtu d'une Chlamyde assis sur un rocher

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art hellénistique (du IIIe au Ier siècle av. J.-C.)

Éphèbe assis sur un rocher

© 2000 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art hellénistique (du IIIe au Ier siècle av. J.-C.)

Auteur(s) :
Juliette Becq

A la fin de l'année 1870, des milliers de statuettes en terre cuite polychrome sont mises au jour sur le territoire de l'antique Tanagra. De la nécropole de la cité, elles passent clandestinement sur le marché des antiquités qui s'enflamme rapidement. Le mythe de Tanagra est alors construit autour des femmes drapées et tend à faire oublier les autres sujets retrouvés, comme cet éphèbe, acheté en 1874 à l'archéologue Olivier Rayet, présent à Athènes au moment des fouilles de Tanagra.

Un soldat ?

Sur un chiton rouge et blanc, le jeune homme a revêtu une chlamyde, cape d'origine macédonienne ici rayée noir et blanc, utilisée par les voyageurs et les soldats. Sa tête est protégée par un pétase indiquant, à l'instar du rocher sur lequel il est assis, qu'il se trouve en plein air. A Athènes, de dix-huit à vingt ans, les jeunes Grecs entraient dans une seconde phase de l'éphébie durant laquelle ils pouvaient être postés comme soldats aux frontières de la chôra. Ils étaient alors appelés péripoles. C'est peut-être l'un d'eux qui est représenté ici, en situation de repos.

Un "petit peuple d'argile" venant d'Athènes

Avec les femmes drapées, les enfants, les figures issues du théâtre ou encore les pleureuses, les éphèbes ont aussi été retrouvés en nombre dans les tombes de Tanagra. La production de ces types a d'abord débuté à Athènes au milieu du IVème siècle avant J.-C. Très vite adoptée par les ateliers béotiens, profitant des réseaux d'échanges ouverts par le commerce alors déclinant des vases à figures rouges, elle est reprise dans l'ensemble du bassin méditerranéen pendant plus d'un siècle. Des types dits tanagréens, surtout féminins, y ont été retrouvés dans des tombes, dans des sanctuaires, voire dans des maisons. Leur valeur était symbolique et remplaçait à la fois celle transmise jusqu'ici par les figures de divinités ou de porteurs d'offrandes, et celle des vases figurés à sujets mythologiques, trop référentiels pour des utilisateurs de plus en plus nombreux suite aux conquêtes d'Alexandre le Grand.
Sans en être le prototype, un modèle athénien en argile retrouvé près de l'Agora et daté de la fin du IVème siècle avant J.-C. a pu influencer l'élaboration de ce type d'éphèbe tanagréen, sculptural et soigné. Deux autres répliques, issues du même prototype et dites provenant de Tanagra, sont connues : la première est conservée au British Museum à Londres, la seconde, au musée de L'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Elles avaient pu être déposées dans les tombes d'enfants ou d'adolescents n'ayant pas atteint le stade de l'éphèbie ou de jeunes adultes décédés au cours de leur service militaire. Dans le premier cas, elles matérialiseraient le souhait des vivants pour leurs proches dans l'Au-delà, c'est-à-dire l'accès à cette transition vers le statut de citoyen accompli.

Un atelier dépisté malgré les fouilles clandestines

Les analyses d'argile ont montré que la pièce avait été fabriquée avec le même matériau que deux statuettes majeures de Tanagra ; la Dame en bleu et la Sophocléenne. Une certaine ressemblance des visages, l'aspect sculptural, le soin apporté dans l'application des couleurs, concourent aussi à y reconnaître les productions d'un même atelier, le seul aujourd'hui repéré à Tanagra et nommé "Atelier de la Dame en bleu". Ce regroupement récent est d'autant plus important que les fouilles clandestines nous ont privé de tout contexte et que les recherches actuelles n'ont toujours pas désigné d'autre atelier sur le site de Tanagra.

Bibliographie

Tanagra, mythe et archéologie, Editions de la Réunion des musées nationaux, 2003, n 143, p.209

Cartel

  • Éphèbe assis sur un rocher

    Vers 330 - 200 avant J.-C.

  • H. : 20 cm.

  • Acquisition Rayet, 1874

    MNB 589

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Sully
    1er étage
    Figurines en terre cuite grecques
    Salle 36
    Vitrine 23 : Les "Tanagras"

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet