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Œuvre Farâmarz poursuit le roi de Kaboul

Département des Arts de l'Islam : 1250-1500 : Le morcellement régional

Farâmarz poursuit le roi de Kaboul

© 2009 Musée du Louvre / Raphaël Chipault

Arts de l'Islam
1250-1500 : Le morcellement régional

Auteur(s) :

Francis Richard

Il s'agit d'une page d'un des plus anciens manuscrits illustrés du Livre des Rois (ou Châhnâmeh). L'épisode qui est illustré ici montre le héros Farâmarz, fils de Rostam, désireux de venger son père et poursuivant avec son armée le roi de Kaboul et ses cavaliers. Les chevaux de l'armée de Farâmarz sont lancés au galop. En pleine déroute les soldats du souverain de Kaboul tâchent, avec leurs flèches, de retarder leurs adversaires.

La cavalerie persane à l'époque mongole.

Les chevaux galopent dans une plaine dont le sol est jaune et desséché. Le ciel est empli de nuages jaunes et blancs évoquant la poussière qui s'élève du champ de bataille. Ils sont, comme toujours dans la peinture persane, représentés à la façon chinoise ; ces nuages de forme très particulière, copiés sur des objets venus d'Extrême-Orient et qui - en Chine - symbolisent l'immortalité, ne revêtent pas en Perse de valeur symbolique particulière. Par contraste les tenues des cavaliers et les pièces de leur harnachement, traités avec une grande attention du détail, se distinguent par leurs couleurs vives et variées. Leurs armures et le harnachement de leurs chevaux sont ceux qui étaient en usage en Perse sous le règne du sultan ilkhanide Abou Sa'id. Certains spécialistes pensent que le somptueux exemplaire du Livre des Rois dont est tirée cette peinture fut exécuté pour sa bibliothèque. Tous les guerriers portent des casques à plumet, sauf un qui porte un bonnet de feutre. Les arcs, carquois - de cuir orné de plaques métalliques(cf MAO 2015) semble-t-il - et flèches sont ceux des armées de l'Iran mongol. On note aussi la façon dont les chevaux sont ferrés, avec deux ou trois clous visibles sur le côté du sabot. La visière des casques des deux lanciers est ouverte tandis que les autres cavaliers ont le visage entièrement protégé.

Une poursuite impitoyable et la glorification d'une dynastie iranienne

Ce manuscrit paraît avoir été réalisé, tant pour la calligraphie que pour les miniatures, à la cour de l'ilkhan Abou Sa'id (1317-1335), alors qu'était vizir Ghiyâth al-Din, fils du très célèbre vizir et historien Rachid al-Din. Tant le format exceptionnel du manuscrit que la qualité des peintures laissent supposer qu'il se situe dans la lignée des livres réalisés pour Rachid al-Din: Le Livre des Rois de Ferdowsi glorifie les dynasties iraniennes anciennes, en montre la légitimité et véhicule les valeurs dans lesquelles se reconnaît l'aristocratie iranienne : loyauté, bravoure, fidélité, habileté. L'iconographie la plus ancienne de cette épopée se trouve dans des manuscrits du début de la période ilkhanide, soit vers la fin du XIIIe siècle. Les Ilkhans de Perse, bien que Mongols descendants de Gengis Khan, ont exalté leur dynastie en empruntant les modèles chantés par Ferdowsi. Ainsi dans l'image des armées poursuivant celles du roi de Kaboul peut-on trouver une évocation directe des armées de l'Ilkhân de Perse à l'époque d'Abou Sa'id.
La composition de la page souligne l'impression de progression inexorable de l'armée de Farâmarz : les cavaliers sont disposés selon trois lignes obliques et les chevaux semblent flotter au dessus du sol. La première ligne, celle des fuyards, est dégarnie, ce qui accentue le sentiment de défaite imminente. Le premier plan est occupé par les cadavres d'ennemis vaincus, par des armes abandonnées et ces malheureux sont foulés aux pieds par les chevaux à l'oeil exorbité des cavaliers de Farâmarz, lancés au galop. La position des lances de deux des cavaliers, hors du rectangle de l'image, accentue l'impression de force invincible que donne la troupe sistanienne.

 

Bibliographie

. Splendeurs persanes, manuscrits du XIIe au XVIIe siècle, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1997, n° 14, p. 45.
.  MOHL Jules, Le Livre des Rois par Abou’l Kasim Firdousi, publié, traduit et commenté, vol. I-VII, Paris 1838-1878 (réimpr., Paris, 1976).

 

Cartel

  • Farâmarz poursuit le roi de Kaboul

    Vers 1330

    Iran, Tabriz (?)

  • Gouache et or sur papier

    H. : 29 cm. ; L. : 20 cm.

  • Legs de Georges Marteau (1858 - 1916) ; ce manuscrit avait été dépecé et vendu vers 1910 à Paris par l'antiquaire Georges Demotte , 1916

    Page d'un Châhnâmeh

    OA 7095

  • Arts de l'Islam

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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