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Œuvre Femme tenant un enfant et apercevant l'ombre de figures qui s'embrassent : Phèdre et Hippolyte

Département des Arts graphiques : XIXe siècle

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Etudes pour Phèdre et Hippolyte

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :

Marescalchi Consuelo

 

 


 

Remerciements :

Cette notice d’œuvre vous est présentée par Canson

Ce dessin à la pierre noire et lavis brun, avec des rehauts de blanc, représente Phèdre et Hippolyte. Il s'agit de l'une des rares oeuvres préparatoires à la toile que Guérin présenta au Salon de 1802. Offerte à la vue du public seulement quelques jours avant la fermeture du Salon, elle rencontra un tel succès que l'exposition fut prolongée.

La juxtaposition de personnages

Au centre du dessin, une femme éplorée qui porte un enfant, tend le bras vers un mur où l'on devine l'ombre d'un couple qui s'étreint. Le motif apparaît déjà dans le coin gauche de la feuille, mais sans l'ombre. Et pour cause : Guérin, l'évoquant, doit user d'un médium pictural qui rende la lumière et joue du contraste - le lavis. A droite se tient Hippolyte, le bras tendu dans un geste de refus, représenté de profil alors qu'il sera de face sur la toile.
La scène est restée jusqu'ici une énigme. On n'en connaît que deux versions : outre celle du Louvre, il existe une toile conservée au musée d'Angers qui porte, faute de mieux, le titre générique de La Jalousie. Le dessin livre sans doute la clef du problème, pour deux raisons corollaires. La première est d'ordre externe : à gauche, la présence du motif sur la feuille, où il s'associe au personnage d'Hippolyte, situé à droite. La seconde est d'ordre interne : l'analyse des gestes, qui unit les deux figures, par une symétrie à rebours.

Une scène secrète

Le bras tendu de la femme répond, inversé, au bras tendu d'Hippolyte. Cette allégorie par défaut s'inspire, pour l'ombre portée, d'un thème en vogue dans la peinture d'époque : Dibutade recréant sur la pierre la silhouette de son amant, geste considéré comme l'origine de l'art de peindre. On en déduit qu'elle a quelque rapport avec Phèdre, non sans paradoxe, car cette mère douloureuse paraît bien maternelle dans sa détresse : on croirait plutôt une Andromaque étreignant Astyanax. Mais l'ombre sur le mur ? Faut-il y voir le souvenir cruel des jours heureux où vivait Hector, son époux légitime, ou l'image haïe des baisers de Pyrrhus usurpant sa couche ? Phèdre, d'abord moins probable, est en fait une héroïne plus logique. L'argument décisif se trouve dans une oeuvre écrite de Racine. Dans un monologue célèbre, Phèdre, apprenant l'amour d'Hippolyte pour Aricie, dépeint avec des accents déchirants leur bonheur juvénile qui insulte à sa solitude :
"Le ciel de leurs soupirs approuvait l'innocence ;
Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux
Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux".

Vers un classicisme théâtral

Guérin réalise ici un dessin selon l'esprit du classicisme du début du XIXe siècle où un mouvement de dissolution dans la théâtralité se fait jour. La peinture se fait théâtre. Les artistes peintres cherchent à rejoindre des écrivains comme Racine qui évoque la tragédie sans la terreur, l'émotion sans l'emphase, le pathétique sans le pathos.

Bibliographie

- Guérin et Delacroix, exp. Paris, musée Delacroix, 1992, (Le Petit journal des grandes expositions), Éditions de la Réunion des musées nationaux, n 236, p. 1, n 5.

- BOTTINEAU Josette, "Une Esquisse de Phèdre et Hippolyte de Pierre Guérin", in Revue du Louvre, 1984, p. 277, n 8.

- CLARK Alvin L. Jr, "Theatricality and Enigma. A New Drawing by Pierre-Narcisse Guérin at the Fogg", in Dear Print Fan : A Festschrift for Marjorie B. Cohn, 2001, pp. 69-75.

- GUIFFREY Jean, MARCEL Pierre, Inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée de Versailles. École Française, Paris, Librairie centrale d'art et d'architecture, t. VI, 1911, n 4634, p. 68, repr.

- LAZANO L. M., Arte de las Academias : Francia y México, siglos XVII-XIX, cat. exp. Mexico, Antiguo Colegio de San Ildefonso, 1999, n 185, repr.

- MICHEL Régis, Le Beau idéal ou l'art du concept, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 1989, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1989, pp. 72-74, 156, n 42.

Cartel

  • GUERIN Pierre Narcisse Baron

    Etudes pour Phèdre et Hippolyte

    vers 1815

    Monvoisin

  • don , 1859

    37595

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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