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Œuvre Figurine de femme nue

Département des Antiquités égyptiennes : De la fin de la Préhistoire à la fin du Moyen Empire (vers 3800 - 1710 av. J.-C.)

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Femme nue

© Musée du Louvre/C. Décamps

Antiquités égyptiennes
De la fin de la Préhistoire à la fin du Moyen Empire (vers 3800 - 1710 av. J.-C.)

Auteur(s) :
Geneviève Pierrat-Bonnefois

Une poupée de faïence d'un bleu vif, telle est l'apparence de cette statuette séduisante. La nudité gracieuse du sujet, sa couleur sans rapport avec la réalité, en font un objet attractif. Cependant, la raison d'être de ce personnage anonyme et façonné sans jambes demeure encore un sujet d'interrogation.

Des images féminines chargées de signes

Des figurines féminines nues de ce genre ont été modelées en terre cuite comme en faïence siliceuse - celle-ci est une des mieux conservées. Elles présentent des caractéristiques bien particulières. Elles sont conçues privées de jambes ; mais, comme les danseuses que l'on voit peintes dans les tombeaux, leur corps nu est tatoué et elles portent à la taille une ceinture de coquillage "cauris", symbole féminin. Leur coiffure est rapportée dans les trous de la tête ; une abondance de jolies mèches élaborées est considérée alors comme particulièrement "sexy". L'absence d'inscription livrant un nom indique que la statuette ne représente pas une personne précise.

Un monde de figurines en faïence

Cette statuette est réalisée dans une "faïence" à base de silice, en général du quartz ou du sable de quartz, cuite à 850 C, émaillée en surface avec une glaçure bleue au cuivre, les détails en noir étant dessinés au pinceau avec de l'oxyde de manganèse. Ce sont les deux seules couleurs que l'on pouvait alors obtenir en faïence, avec le blanc produit à partir d'un quartz très pur. À cette époque, on a fabriqué en plus de ces poupées toutes sortes de figurines animales : chats, souris, singes, chiots, hippopotames, canards, dans des attitudes prises sur le vif et non selon les postures hiératiques attribuées aux dieux sous leurs formes animales. On en a découvert dans des ruines d'habitation comme dans des tombes et des temples. Sans doute étaient-elles présentes dans l'environnement quotidien avant d'être déposées éventuellement comme cadeaux aux morts ou aux dieux.

Des pratiques populaires non écrites

Il est commun de désigner ces figurines par le terme de "concubines du mort", que l'on imagine offertes au défunt pour perpétuer la fonction sexuelle. En effet, les caractères érotiques appréciés par les anciens Egyptiens sont accentués : hanches et cuisses larges, collier, chevelure amovible composée de multiples petites mèches de lin ; ceinture et tatouage. Elles auraient été modelées sans jambes, fait bien curieux pour des danseuses, pour empêcher qu'elles ne s'enfuient. Cependant, certaines furent découvertes dans des tombeaux féminins : aussi serait-il plus prudent de considérer ces dames nues comme des images de la féminité. Il ne faut pas sous-estimer la croyance profonde des Egyptiens dans la capacité que l'art aurait eu de recréer magiquement la réalité. De telles statuettes constituent sans doute des pratiques populaires non écrites, à mi-chemin entre nos modernes bibelots et de véritables ex-voto religieux.

Bibliographie

- ZIEGLER C., BOVOT J.-L., Art et archéologie : L'Egypte ancienne, Ecole du Louvre / Editions de la Réunion des musées nationaux / Documentation française, Paris, 2001, p. 138-139, fig. 51.

Cartel

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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