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Œuvre Fleurs dans une coupe en verre, coquillages, papillons et sauterelle

Département des Peintures : Peinture hollandaise

Fleurs, coquillages, papillons et sauterelle

© 2001 RMN / Gérard Blot

Peintures
Peinture hollandaise

Auteur(s) :
Michèle Perny

Cette nature morte de fleurs et de coquillages du peintre hollandais van der Ast datée de la période tardive de l’artiste, vers 1640-1650, se caractérise surtout par son élégance tout à fait méditée et son extrême raffinement.

Une composition fidèle à la réalité

Sur un fond brun grisé, un bouquet de fleurs est disposé harmonieusement dans un vase de verre teinté, dont le pied est orné de cabochons. Très aérien, il est composé à gauche, d’une branche de myosotis, ou peut-être de lilas, puis de deux pâquerettes dites « pomponnette » ; au centre, des fleurs de primevère blanches et jaunes pâle ; vers la droite, vient se nicher un iris, dont la fleur dépasse à peine le bord du vase ; deux tulipes flammées, l’une rose et blanche, sous une giroflée jaune, une fritillaire, ainsi qu’un narcisse perché sur une longue tige, terminent ce bouquet. Deux discrètes jacinthes des bois tournent leurs délicates clochettes bleu-mauve vers le fond du tableau. Des feuillages vert sombre, sans rapport avec les fleurs, ajoutent de la légèreté et un certain charme à l’ensemble. Et ça et là divers petits insectes ont investi les lieux : au-dessus de la composition vole un papillon, un autre –sans doute un vulcain- est posé sur un feuillage sous la tulipe, tandis qu’une guêpe butine la primevère blanche et qu’une libellule s’est posée sur la mince feuille de fritillaire. Sur l’entablement de pierre où sont alignés au premier plan six coquillages tropicaux, juste devant le vase, une sauterelle verte est prête à sauter. Ces coquillages marins peints avec une fidélité telle qu’ils sont tout à fait reconnaissables aux yeux d’un spécialiste, proviennent des Caraïbes ou des régions tropicales des océans Indien et Pacifique.

Une nature morte allégorique, une « vanité »

Ce tableau s’éloigne des premières compositions de l’artiste, plutôt de format horizontal le plus souvent, plus compactes et généralement sur fond noir. Ici, le format vertical, le fond grisé, allègent ce bouquet qui n’est plus strictement frontal et offre au regard certes des fleurs simples, sans grande rareté ni même beauté, mais subtilement arrangées. Ici aussi, une monochromie plus installée, des nuances dans le fond devenu gris et le verre coloré du vase, un coloris plus riche et plus nuancé nous éloignent de la polychromie d’Ambrosius Bosschaert, peintre plus antérieur. Nous sommes alors plus proches des peintres de natures mortes du milieu et de la seconde moitié du XVIIe siècle à l’iconographie complexe. Les coquillages représentés sont souvent une allusion aux cabinets de curiosité mais, dans un contexte de vanité, comme les insectes, ils feraient davantage allusion dans cet exemple précis au vice, et à l’inanité de la vie terrestre.

Un peintre recherché

Balthazar van der Ast fut recueilli par son beau-frère Ambrosius Bosschaert l’Ancien, dont il devint l’apprenti, s’imprégnant dès lors très profondément de son influence et s’inspirant des sujets favoris de ce peintre, les fleurs. Très à la mode à cette époque, les coquillages exotiques qu’il mêla avec talent aux fleurs et aux fruits, furent son mode d’expression privilégié. Il devint maître à Utrecht en 1619 et s’installera à Delft en 1632, où il restera jusqu’à sa mort en 1657. Il s’inscrira alors dans la tradition des peintres de natures mortes de fleurs. Selon Jacques Foucart, cet artiste « curieux de perspective, exécutant raffiné, sensible à l'éclat des tons comme aux nuances de la lumière, préoccupé de recherches décoratives parfois très proches de celles des Flamands Snyders et Adriaen Van Utrecht, [il] a joué un rôle déterminant dans l'évolution de la nature morte néerlandaise en accordant la même importance aux considérations picturales et au simple naturalisme. J. D. de Heem, son disciple, et plus tard J. Van Huysum lui devront beaucoup ».

Bibliographie

- FOUCART Jacques : Petit Larousse de la peinture, p. 84, tome 1, Paris, Larousse, 1979

- FOUCART Jacques : « Evénements - Fleurs et coquillages de Balthazar van der Ast (1593/94-1657) Défense et illustration de la peinture de fleurs hollandaise au Louvre », Revue du Louvre. La Revue des musées de France, 3-2001, pp. 15-18

- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre éditions, 2009, p. 79

Cartel

  • Balthasar van der AST (Middelburg, 1593 - 1594 - Delft, 1657)

    Fleurs, coquillages, papillons et sauterelle

  • H. : 0,52 m. ; L. : 0,42 m.

  • Acquis sur le marché d'art (Bernheimer), Munich, 2001 , 2001

    R.F. 2001-1

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Hollande, première moitié du XVIIe siècle
    Salle 28

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

Signé en bas à droite : B. Van der Ast ; étiquette en anglais au revers se rapportant à un autre tableau de Van der Ast, «Coquillages et fruits », signé, conservé au musée de Dresde.