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Flore

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Constance Lavagne d'Ortigue

Flore est la déesse de la floraison printanière. Les courtisanes de Venise, réputées pour leur beauté, leur élégance et leur culture, aimaient se faire représenter sous ses traits. Bordon est le spécialiste, très apprécié à l'époque, de ces portraits à prétexte allégorique dont l'érotisme est avoué.

Une déesse du printemps

Vue de trois quart face, le modèle est représenté assis dans une niche architecturée. La figure féminine est drapée d’un tissu de brocart et porte un collier de perles. Le haut du corps dénudé laisse apparaître les seins. Elle tient dans sa main droite des fleurs tandis qu’un panier de roses est posé sur le bord d’un socle à côté d’elle. Si cette image de jeune femme a longtemps été prise pour un portrait, sa beauté juvénile et idéale incite à penser qu’il s‘agit d’une figure allégorique, en l’occurrence Flore, déesse du printemps et du renouveau de la nature. Dans l’antiquité, cette déesse de la floraison était invoquée chaque année au mois d’avril au moment des cérémonies agraires.  Ici le peintre n’a pas hésité à exagérer les caractéristiques physiques de la figure, notamment la rondeur des bras.

Une courtisane vénitienne

Le collier de perles et la corbeille de roses pourraient laisser croire qu’il s’agit d’une Vénus, mais cette dernière est généralement présentée nue, ce qui n’est pas le cas ici. Au XVIe siècle, Flore est représentée le sein dénudé et des roses dans la main droite, symbole de fécondité. La représentation à mi-corps renvoie aux figures de Giorgione et de Titien, en particulier la Flore de 1515 conservée aux Offices. Cette figuration permet au peintre d’évoquer l’image des courtisanes réputées pour leur élégance comme pour leur culture et peut-être pouvons-nous voir dans cette œuvre un hommage de l’artiste à la beauté d’une maîtresse de passage.
Paris Bordon s’était fait une spécialité des portraits d’amants vus à mi-corps travestis en dieux avec une note d’érotisme avouée. Toutefois, l’inquiétude n’est pas totalement absente de ce portrait car l’attachement passionné qui affole le regard, la déformation des gestes et le froissement des étoffes sont les signes d’un amour menacé par la séparation, indices faisant penser à une « vanité ».

Une influence manièriste

Elève très jeune de Titien à Venise, Bordon devient maître à dix-huit ans et reste néanmoins fidèle à l’esprit de Giorgione transmis par l’entourage de ce dernier. Ses formes deviennent ensuite plus dynamiques et ses coloris plus froids au contact de Pordenone et surtout de Lotto, avec une tendance marquée vers le maniérisme. Sa veine « érotico-courtoise » eut beaucoup de succès en Europe hors de Venise. Il travailla notamment à Augsbourg pour la famille des banquiers Fugger et, vers 1559, en France où l’Ecole Fontainebleau  communiqua à son art une inflexion de froideur stéréotypée. Durant la décennie 1540-1550, il multiplie les représentations où la figure est souvent enchâssée dans l’architecture. Cette Flore date de la période de maturité de l’artiste et fut l’objet de plusieurs versions dont une, conservée à Madrid (collection Thyssen Bormenisza), présente la déesse accompagnée d’un singe.

Cartel

  • Paris BORDON (Trévise, 1500 - Venise, 1571)

    Flore

    Vers 1540

  • H. : 1,05 m. ; L. : 0,85 m.

  • Don de Louis-Alfred Caroillon, comte de Vandeul, en 1903

    R.F. 1474

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Salle de la Joconde
    Salle 6

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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