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Œuvre Fragment de couvercle de sarcophage anthropoïde

Département des Antiquités orientales : Levant

Fragment de couvercle de sarcophage anthropoïde : tête de femme de style chypriote

© 2007 RMN / René-Gabriel Ojéda

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Nicolas Benoît

Ce visage féminin, fortement influencé par la coroplastie chypriote, appartenait au couvercle d'un sarcophage anthropoïde phénicien créé dans la région d'Amrit et qui constituait, il y a peu de temps encore, le seul exemplaire connu en terre cuite. La découverte en 1996 de cinq sarcophages de même matière issus de cette région a permis de le rattacher à une production parallèle populaire du Ve siècle av. J.-C. qui fait pendant aux prestigieux sarcophages de marbre réservés aux plus riches.

Une tête féminine

Entré dans la collection phénicienne du Louvre en 1878, ce fragment de couvercle protégeant un sarcophage en terre cuite présente un protome féminin au décor appliqué et incisé. L'expression figée est appuyée par un front large, un nez droit et long et de grands yeux globuleux délimités par d'épaisses paupières et dominés par de fins sourcils en arêtes. Les pommettes saillantes sont creusées vers le bas par une dépression entourant une petite bouche qui touche presque le nez. La tête est coiffée d'un diadème ou d'un voile rigide qui laisse apparaître trois rangées de boucles hélicoïdales sur le front, deux anglaises devant les oreilles et, derrière, des cheveux qui retombent en longues mèches ondulées. Chacune des oreilles est ornée sur le pavillon de trois anneaux juxtaposés qui pourraient être des cache-oreilles à la manière chypriote, et d'un gros anneau sur le lobe. Enfin, les restes d'un collier de perles rondes sont visibles sur le cou.

Des influences diverses

L'aspect général évoque la grande plastique en argile chypriote de la fin du VIe siècle, à travers le dessin du visage mais aussi les bijoux qui l'agrémentent. Notre protome rappelle également par sa physionomie, sa coiffe et la présence de boucles en spirale, la grande statue en terre cuite de l'Athéna d'Olympie datant également de la fin du VIe siècle av. J.-C. Cette coiffure commune pourrait refléter une mode perse liée au règne de Darius Ier (522-486 av. J.-C.) et rapidement adoptée en Grèce comme à Chypre. Si la présence de boucles anglaises semble relever d'une tradition locale, les mèches ondulées empruntées à l'archaïsme grec se retrouvent sur certains des sarcophages anthropoïdes phéniciens en pierre qui fleurissent à partir du Ve siècle av. J.-C. et auxquels il faut rattacher en dernier lieu notre fragment.

Les sarcophages en terre cuite : une production parallèle

Les sarcophages anthropoïdes sont bien connus du monde phénicien mais, jusqu'à récemment, ce visage en constituait l'unique exemplaire en terre cuite. Cinq sarcophages complets de la même matière ont été exhumés d'une tombe découverte en 1996 et située au nord d'Amrit, corroborant ainsi l'origine indiquée pour le fragment, c'est-à-dire la nécropole arwadienne entre Tortose (aujourd'hui Tartous) et Amrit. La tête étudiée, datée d'entre la fin du VIe et la première moitié du Ve siècle, semble représenter l'exemplaire le plus ancien de cet ensemble de sarcophages en terre cuite. Il atteste l'existence d'une production parallèle à celle des sarcophages en pierre. Comme en Égypte, où des modèles en terre cuite et en bois ont été découverts, le Nord de la Phénicie a produit une série de sarcophages de moindre qualité, destinés à une clientèle plus modeste : une fois peints, comme l'indiquent des traces de rouge et de jaune sur notre fragment, ces derniers différaient peu des prestigieux exemplaires en marbre. Les sarcophages de terre cuite de la région d'Amrit pourraient dériver de la rencontre entre des traditions locales du IIe millénaire (inhumation en jarre et masques funéraires) et la tradition phénicienne naissante, elle-même empruntée à l'Égypte, des sarcophages anthropoïdes de pierre. Cette production, enfin, a largement bénéficié de la maîtrise chypriote de l'art du modelage de l'argile.

Bibliographie

- CAUBET Annie, FONTAN Élisabeth, GUBEL Éric (dir.), Art phénicien : la sculpture de tradition phénicienne, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2002, p. 47, n 33.

- ELAYI Josette, "Les Sarcophages phéniciens d'époque perse", in Iranica Antiqua, n 23, 1988, pp. 278-280.

- ELAYI Josette, HAYKAL Mohammed Raïf, Nouvelles découvertes sur les usages funéraires des Phéniciens d'Arwad, Gabalda, Paris, 1996, pp. 46-47, 87-115, pl. XXV : 2.

- GUBEL Éric (dir.), Les Phéniciens et le monde méditerranéeen, catalogue d'exposition, Bruxelles, Générale de banque, 6 mars-6 mai 1986, puis Luxembourg, Banque générale du Luxembourg, 21 mai-6 juillet 1986, Bruxelles, Générale de banque, 1986, n 11, p. 94.

- Portraits du Louvre : choix d'oeuvres dans les collections du Louvre, catalogue d'exposition, Tokyo, Musée national d'art occidental, 18 septembre-1er décembre 1991, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1991.

- YON Marguerite, CAUBET Annie, "Arouad et Amrit", in Transeuphratène, n 6, Paris, Gabalda, 1993, n 26, p. 63.

Cartel

  • Fragment de couvercle de sarcophage anthropoïde : tête de femme de style chypriote

    Fin VIe siècle avant J.-C.

    Entre Tartous et Amrit (Syrie)

  • Terre cuite, traces de peinture rouge et jaune

  • Acquisition 1878

    MNB 1293

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Levant : les royaumes phéniciens
    Salle 17 a, salle fermée au public, non exposé

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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