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Œuvre Fragment de jeu des 58 trous

Département des Antiquités orientales : Mésopotamie

Fragment de jeu

© 2006 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Anne-Elizabeth Dunn-Vaturi

Les jeux de parcours sont très appréciés au Proche-Orient et en Égypte. Les scènes de char, illustrant la course-poursuite à laquelle se livrent les joueurs, constituent l’un des principaux thèmes iconographiques des plateaux de jeu, tandis que la rosette est le motif privilégié pour indiquer les étapes importantes du circuit.

Scènes de course-poursuite

Les scènes de char, illustrant la course-poursuite à laquelle se livrent les joueurs, constituent l’un des principaux thèmes iconographiques des plateaux de jeu. Ainsi, une scène de chasse orne le célèbre jeu en ivoire d’Enkomi (Chypre) conservé au British Museum. Un autre exemple est donné ici avec ce fragment de jeu des 58 trous, acquis à Ras el-Aïn, près de la frontière turco-syrienne. On peut voir, sur une des tranches de l’objet, deux personnages debout sur un char attelé à un ou deux chevaux ; l’un tient les rênes tandis que l’autre tire à l’arc sur un personnage qui, jambes écartées, est peut-être en train de tomber et tourne la tête vers l’arrière pour lancer un regard à l’attelage qu’il tentait de fuir.
Cette scène de combat doit être rapprochée des décors néo-assyriens, en particulier ceux que l’on peut observer sur les plaques de revêtement en bronze des portes de Balawat, illustrant les campagnes militaires de Salmanasar III au Levant : le style du relief, le type du char de guerre à deux roues et à timon bas, et la position de la victime sont très similaires. Dans la plupart de ces scènes de bataille ou de chasse, qui visaient à glorifier la force du souverain assyrien, le roi lui-même était l’archer. Le caractère fragmentaire du relief et l’absence de contexte archéologique empêchent de savoir s’il s’agissait, sur cet objet, d’un personnage royal.

Des rosettes pour gagner

Trois perforations sont ornées de rosettes sur le circuit. Des rosettes, des croix et également, en Égypte, des inscriptions, signalent les étapes essentielles des jeux à cases ou à trous, c’est-à-dire les points où le joueur pouvait sauter directement, en avant ou en arrière, vers un autre point. Par ailleurs, la rosette est souvent représentée sur les pions aussi bien en Assyrie (Tell Guirgor), qu’au Levant (Megiddo) ou en Égypte. Dès la fin du IVe millénaire, ce motif est associé, en Mésopotamie, à l’emblème de la hampe bouclée de la Grande Déesse [voir le parcours "La Grande Déesse de fertilité"]. Les nombreuses rosettes en faïence trouvées dans le temple d’Ishtar à Assur montrent que les Assyriens continuaient d’associer cet élément à la déesse de l’Amour et de la Guerre et l’utilisaient même parfois pour remplacer son symbole astral, l’étoile de Vénus. Il est probable que ce signe, rappelant l’aspect fécond et bénéfique de la déesse, évoque le gain lors d’une partie. Son association aux jeux de course-poursuite pourrait également être interprétée comme une allusion à l’humeur guerrière d’Ishtar, renforcée ici par le caractère combatif de la frise représentée sur la tranche.

Cartel

  • Fragment de jeu

    Fin VIIIe - VIIe siècle avant J.-C.

    Ras el-Aîn (Syrie)

  • Terre cuite

    l. : 6,20 cm. ; L. : 6,20 cm. ; Pr. : 2,90 cm.

  • Acquisition 1951 , 1951

    AO 20158

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie - Syrie du Nord. Assyrie : Til Barsip, Arslan Tash, Nimrud, Ninive
    Salle 6

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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