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Œuvre Fragments du monument funéraire de Philippe Chabot (1480-1543), comte de Brion, amiral de France

Département des Sculptures : France, Renaissance

Tombeau de Philippe Chabot, comte de Brion, amiral de France, (mort en 1543)..

© 2009 RMN / Stéphane Maréchalle

Sculptures
France, Renaissance

Auteur(s) :
Montalbetti Valérie

Le rythme puissant du gisant et l'extraordinaire ensemble décoratif dans lequel il prenait place (dont il ne subsiste que quelques fragments, parmi lesquels une étrange figure de la Fortune), font de ce tombeau un moment exceptionnel de l'art funéraire de la Renaissance française.

Une vie tumultueuse

Élevé avec le futur François Ier, Philippe Chabot effectue les campagnes d'Italie à ses côtés ; il est fait prisonnier avec lui à Pavie. Après une brillante carrière militaire, il rentre en France, se mêle aux intrigues de cour et connaît la disgrâce en 1541. Accusé de malversations, il est emprisonné et ses biens sont confisqués. Grâce à l'intervention de la duchesse d'Étampes, maîtresse de François Ier, il retrouve la faveur du roi. Il mourut peu après, en 1543, et fut enterré dans la chapelle d'Orléans de l'église des Célestins à Paris, en raison de sa parenté avec cette prestigieuse famille. Son tombeau sera commandé par son fils Léonor, mais on ne sait ni quand ni à qui. Le gisant fut mis en place en 1565 et l'épitaphe, probablement rédigée entre 1570 et 1572.

Un gisant accoudé et vivant

L'amiral est figuré vivant et en costume de guerre : sur une armure damasquinée, il porte un tabard armorié et le collier de l'ordre de Saint-Michel. Il tient un sifflet de commandement dans la main gauche. Étendu sur le flanc, accoudé sur son casque, près duquel sont posés ses gantelets, il repose dans une attitude noble et sereine. La Renaissance substitue au traditionnel gisant figé des attitudes plus souples. L'image vivante du défunt participe d'une volonté de représentation moins crue de la mort et exprime peut-être également un regret de l'existence terrestre. L'artiste renouvelle ici profondément l'iconographie du gisant, tout en conservant l'attribut traditionnel du lion aux pieds du défunt. On ignore son identité, mais la qualité de l'oeuvre implique un statuaire consommé. On a pensé à Pierre Bontemps en raison des affinités avec la figure de Charles de Maigny, mais cette attribution est aujourd'hui contestée : l'attitude de Chabot possède plus d'aisance, de souplesse, la figure est plus expressive. Le rythme puissant de la ligne manifeste un art supérieur.

Un ensemble décoratif sans précédent

Le gisant était placé au centre d'un ensemble décoratif sans précédent pour un tombeau. La statue d'albâtre était posée sur un sarcophage de marbre noir, sous lequel était étendue une figure de la Fortune terrassée (par la disgrâce ou par la mort de l'amiral ?). Le tout s'insérait dans une composition circulaire, inscrite dans un encadrement richement orné. Le cadre comprenait notamment les armes du défunt et des génies funéraires tenant une torche renversée (symbole de la vie qui s'éteint). Cette conception, sans équivalent pour un tombeau, est très proche de l'ornement bellifontain, en particulier de la cheminée de la chambre de la reine à Fontainebleau. Un ornemaniste travaillant sur le papier, sans égard pour les conventions de l'art funéraire, pourrait avoir conçu le monument, réalisé ensuite par des sculpteurs. Cela accréditerait l'affirmation de l'historien Jean Taveaux qui vers 1590 attribue l'oeuvre à Jean Cousin, célèbre peintre mort vers 1560, auteur de l'Eva Prima Pandora (musée du Louvre).

Bibliographie

- BEAULIEU Michèle, Description raisonnée des sculptures du musée du Louvre, t. II Renaissance française, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1978, pp. 78-81.

- BRESC-BAUTIER Geneviève, "La sculpture funéraire de la Renaissance française au musée du Louvre : les limites de la restitution", in Revue du Louvre, 1994, n 1, pp. 54-56.

- ZERNER Henri, L'Art de la Renaissance en France. L'invention du classicisme, Paris, 1996, pp. 246-250.

Cartel

  • Tombeau de Philippe Chabot, comte de Brion, amiral de France, (mort en 1543)..

    Troisième quart du XVIe siècle

  • Gisant, albâtre : M.R. 1579Fortune, albâtre : M.R. sup 175Génies funéraires, marbre : M.L. 91 et M.L. 92Lion, albâtre : R.F. 1192

    Gisant : H. : 0,77 m. ; L. : 1,58 m. ; Pr. : 0,55 m.

  • Provenant du musée des Monuments français 1818, 1821, 1851 et 1898

    M.R. 1579, M.R. sup 175, M.L. 91, M.L. 92, R.F. 1192

  • Sculptures

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Jean Goujon
    Salle 14

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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