Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Frise des griffons

Frise des griffons

© 1971 RMN / Droits réservés

Antiquités orientales
Iran

Auteur(s) :
Catherine Giraudon

Les artistes de l'époque achéménide héritèrent d'un répertoire iconographique riche en monstres. Le lion-griffon, souvent représenté à Suse, est ici figuré sur un élément de décor architectural du palais du roi Darius Ier le Grand (522-486 av. J.-C.). Il y est associé au lion et au taureau ailé passant qui figurent sur des reliefs composés de briques avec ou sans couleurs.

Un motif décoratif

La Frise des griffons est une reconstitution réalisée à partir de briques siliceuses moulées et couvertes de glaçures de couleur réemployées dans des constructions ultérieures. Lors des fouilles menées par Jacques de Morgan dans le palais de Darius à Suse de 1908 à 1913, des milliers de briques, éléments de murs ornés d'animaux et de monstres passant, lions, taureaux et griffons ailés, furent ainsi découvertes. Ces briques posées sur les murs composaient un décor architectural tout en étant chargées d'une symbolique importante liée à l'Empire perse.

Un animal composite

Sur fond bleu ciel, le griffon blanc passe vers la gauche sous une frise de palmettes. Il a une tête de lion, des oreilles de taureau, la gueule rugissante et deux cornes de caprin recourbées dont l'une part vers l'avant et l'autre vers l'arrière. Il a le corps d'un taureau, les pattes antérieures du lion et postérieures de l'aigle, et sa longue queue s'enroule sur elle-même. Les ailes partent du haut des pattes de devant. Le poitrail et le cou sont recouverts de bouclettes qui courent également sur le haut du dos. Les détails de l'animal sont mis en valeur par la polychromie qui associe jaune, bleu et vert.

Une tradition ancienne

Créature fabuleuse, le griffon est l'héritier d'une longue tradition iconographique d'animaux fantastiques. A Babylone, sur la porte d'Ishtar, on rencontre ainsi Mushushu, un quadrupède au long cou doté d'une tête et un corps écailleux de serpent. Il s'agit de l'emblème de Mardouk, dieu de la Guerre et protecteur de la ville. Le griffon quant à lui est une création susienne de la fin du IVe millénaire qui connut, avec de nombreuses variantes, une large diffusion. Par exemple une tablette économique porte sur une face l'empreinte d'un cylindre avec un griffon ailé suivi d'une antilope (musée du Louvre, Sb 4837). A l'époque néo-élamite où il est fréquemment représenté, on le rencontre en brique comme élément de décor architectural, passant devant un arbre (musée du Louvre, Sb 3370). On trouve également des griffons affrontés sur les murs du palais de Persépolis construit par Darius Ier, tout comme celui de Suse. On s'interroge encore sur la signification qui s'attache à cet animal imaginaire : il évoque peut-être de vieux cultes élamites et à ce titre pourrait représenter une des parties de l'Empire perse.

Bibliographie

- MECQUENEM Roland (de), Mission de la Délégation en Perse, vol. XXX, Paris, 1947, pp. 70-73.

Cartel

  • Frise des griffons

    Epoque achéménideRègne de Darius Ier, vers 510 avant J.-C.

    Suse, Palais de Darius Ier

  • Briques siliceuses à glaçure

  • Fouilles R. de Mecquenem, 1908 - 1913

    Sb 3322, Sb 3323

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Iran, l'empire perse achéménide : le palais de Darius Ier à Suse
    Salle 12 a

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet