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Œuvre Fruits et légumes avec un singe, un perroquet et un écureuil

Département des Peintures : Peinture flamande

Fruits et légumes avec un singe, un perroquet et un écureuil

© 2005 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture flamande

Auteur(s) :
Michèle Perny

Frans Snyders fut, avec talent, l’interprète principal de la peinture animalière et de natures mortes de chasse si répandue en Flandre au XVIIème siècle. Elève à ses débuts de Pieter Brueghel l’Ancien, il entama avec Rubens une collaboration suivie. Sa célébrité devint internationale à la faveur de son thème préféré, les garde-mangers, les étals de viande, ainsi que les arrangements de fruits et de légumes tel que celui-ci, rare exemple chez Snyders de nature morte à fond de paysage avant 1640.

Une Nature généreuse et prolifique

Dans cette composition luxuriante, s'offre au regard étonné une accumulation impressionnante de fruits et de légumes parmi lesquels, au passage, se reconnaissent entre autres, quelques épis de maïs et de blé, un artichaut, une courge, une pastèque, des cerises, des pommes, et une grenade ouverte… Une branche de figuier, chargée de figues, une branche entière d’abricots et aussi deux pampres d’où pendent des raisins, se détachent sur le fond d’un paysage. Au tout premier plan, au milieu, un écureuil croque une noix, semble-t-il, et au fond, un perroquet donne un coup de bec dans un abricot, tandis que tout à droite, un petit singe fait mine de chaparder une grappe de raisin. Cette incroyable parade de fruits et de légumes a l'air d'avoir été posée à terre en plein air, au hasard, un peu entamée parfois, et parcourue ça et là de petits insectes, d’une sauterelle, d’un papillon, d’une chenille ou même ce qui ressemblerait de toute apparence à une coccinelle. Au mépris total de la succession des saisons et de la maturation progressive des fruits, se mêlent des fruits et légumes de toutes saisons, des nèfles, des coings peut-être, des pêches, des poires, une prune, un artichaut, un melon... Sur le fond sombre, les touches de couleurs se répondent, passant du jaune au rouge sombre, et aux verts profonds, et le coloris harmonieux, la finesse des détails rendent cette nature morte incroyablement présente au spectateur.

Un double langage ?

Cette nature morte représente l’un des rares exemples de ce genre dans la peinture flamande qui ne montre en effet ni une scène de marché, ni un intérieur de cuisine ou encore une table mise plus élaborée, par ailleurs si couramment mis en scène à l’époque. Bien au contraire assiste-t-on ici à une démonstration brillante et un tantinet ostentatoire qui rend presque matérielle une production agricole débordante, posée à même la terre d’où elle vient manifestement d’être tirée, et comme prête à être saisie. Mais à cette sorte d’allégorie de la fécondité foisonnante et débridée qui attire de prime abord par son esthétique et sa luxuriance, vient s’ajouter un autre discours. Dans l’évidente intention de rappeler le caractère temporel de tous ces biens consommables, le peintre les a parsemés de petits insectes, ou de défauts, pour en dénier la perfection. En réalité, à peine cueillis, dans leur fraîcheur, ils n’en sont pas moins déjà piqués, entamés et même l’objet de la convoitise de trois animaux : un écureuil, un perroquet et un singe, introduits là sans doute pour ajouter dans ce discours moralisateur, un propos sur les défauts humains.

Réalité et symbolique

Ces natures mortes ne laissent pas de nous interroger sur les idées que de telles représentations ont éventuellement tenté d’exprimer. Ainsi ce tableau pourrait-il être le reflet flatteur de la croissance que connurent les Pays-Bas au XVIIème siècle et cette opulence transparaîtrait-elle dans la peinture, cette profusion de fruits et de légumes de toutes sortes tendant alors avec complaisance le miroir d’une prospérité et d’une aisance relatives… tout en se jouant, en parallèle, d’autres idéaux à l’aide d’une symbolique différente : celle du danger du gaspillage, et de la tendance à la gloutonnerie, celle d’une mise en garde contre l’excès, avec ce rappel constant, en filigrane, du caractère éphémère du monde matériel.

Bibliographie

ROBELS Hella : « Frans SNYDERS Stilleben und Tiermaler 1579-1657 », n°136, p. 80, p. 266, MÜNCHEN : Deutscher Kunstverlag, 1989.

Cartel

  • Frans SNYDERS (Anvers, 1579 - Anvers, 1657)

    Fruits et légumes avec un singe, un perroquet et un écureuil

    À dater des années 1620

  • H. : 0,79 m. ; L. : 1,08 m.

  • Saisi chez le baron de Breteuil à Paris pendant la Révolution (1794) ; transféré au musée, 1796

    INV. 1850

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Variété des genres en peinture
    Salle 21

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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