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Homme nu, agenouillé, soulevant une draperie

Arts graphiques
XVIIIe siècle

Auteur(s) :
Boyer Sarah

Cette feuille préparatoire à la figure du satyre dans Nymphe et satyre, dite aussi Jupiter et Antiope (musée du Louvre), est emblématique de la manière de Watteau. Stylistiquement très proche de L'Automne des Saisons de l'hôtel Crozat, elle combine avec maîtrise les trois crayons pour créer un sentiment de plénitude jamais atteint dans son oeuvre. Située fin 1715 début 1716, elle montre la totale maîtrise atteinte par l'artiste tant en dessin qu'en peinture.

Travaillez, prenez de la peine...

Watteau a étudié ce satyre dans une seconde étude d'après modèle (Paris, Fondation Custodia). Elle en diffère notablement dans son exécution plus sommaire et la pose du modèle, très proche du sol et plus étendu vers la gauche, exagérant son geste naturel. Dans la peinture datée de 1715, Watteau associe le mouvement plus dramatique de cette étude aux détails de l'expression et de la musculature du dessin du Louvre. La pose du modèle s'inspire du Jupiter et Antiope de Van Dyck (Gand, musée des Beaux-Arts) : le satyre du Louvre est relativement proche de Jupiter, malgré les arabesques baroques et les muscles protubérants. Dans le second dessin, Watteau s'affranchit de ce modèle, éloignant davantage le visage du satyre de son bras. Son mouvement brutal dans deux directions opposées caractérise souvent les poses des figures de l'artiste dans ses dernières années, sur un mode cependant plus gracieux et retenu qu'ici.

Des Vénitiens à Van Dyck

Chez Crozat, Watteau subit l'influence vénitienne, dans l'atmosphère de ses paysages, ses thématiques, ses coloris chauds et l'ampleur des nus. Ce dessin évoque par ailleurs une autre étude d'après modèle de Van Dyck (Londres, Courtauld Institute), préparant un homme bafouant le Christ pour le Christ portant sa croix (Anvers, Église Saint-Paul) : un homme tire une corde, le bras gauche appuyé sur la cuisse et le bras droit tendu. Watteau, qui s'intéresse au travail de Van Dyck, utilise sans doute cette feuille pour préparer son étude. La nouveauté, l'originalité, le réalisme, la modernité et l'autonomie des figures de Watteau sont vantés par Mariette (Abecedario) : "Chaque figure sortie de la main de cet excellent homme a un caractère si vrai et si naturel que toute seule elle peut remplir l'attention et n'avoir pas besoin d'être soutenue par la composition d'un plus grand sujet".

Trois crayons

La nouveauté du dessin réside dans sa technique, la couleur ou l'usage des trois crayons, quoique l'autographie des rehauts de blanc soit parfois mise en cause. Si Watteau n'en invente la pratique, due à Rubens et La Fosse entre autres, il en fait cependant un système d'expression, un code graphique où le trait gras, dense et pulpeux de la sanguine rompt avec la grandeur baroque de la pierre noire et le classicisme austère de la plume. Médium de la carnation, la sanguine restitue le corps dans le rougeoiement de ses chairs et la densité de ses formes. Entre la jouissance du regard et l'exigence de la fuite, le satyre de Watteau s'affirme comme une allégorie du désir, que l'artiste asservit à ce double trait baroque, l'écriture de l'instant et l'esthétique de la courbe. La figure se réduit à son acte : l'instant du dévoilement.

Bibliographie

- GRASSELLI Margaret Morgan, Watteau 1684-1721, cat. exp. Washington, National Gallery of Art, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Berlin, Charlottenburg, 1984-1985, pp. 130-131, n 60.

- MOUREAU François, GRASSELLI Margaret Morgan, Antoine Watteau (1684-1721) : le peintre, son temps et sa légende, colloque international, Paris, Grand Palais, 1984, Genève Paris, Éditions Clairefontaine, 1987.

- PLAX Julie Ann, Watteau and the cultural politics of eighteenth-century France, Cambridge ; New York ; Melbourne [etc.], Cambridge University Press, 2000.

- ROSENBERG Pierre, PRAT Louis-Antoine, Antoine Watteau 1684-1721 : catalogue raisonné des dessins, Milan, Leonardo arte, 1996, pp. 608-609, n 375.

En savoir plus :

- BAILEY Colin B., CONISBEE Philip, GAEHTGENS Thomas W., Au temps de Watteau, Chardin et Fragonard, cat. exp. Ottawa, musée des Beaux-Arts du Canada, Washington, National Gallery of Art, Berlin, Staaliche Museen zu Berlin, 2003-2004.

- ROSENBERG Pierre, Des Dessins de Watteau, Tokyo, Chuo-koron Bijutsu shuppan, 1995.

- ROSENBERG Pierre, Watteau et son cercle dans les collections de l'Institut de France, cat. exp. Chantilly, musée Condé, 1996-1997.

- TEMPERINI Renaud, Watteau, Paris, Éditions Gallimard, 2002.

- VIDAL Mary, Watteau's painted conversations : art, literature, and talk in seventeenth-and eighteenth-centuries France, Londres, New Haven, Yale university press, 1992.

- WINTERMUTE Alan, BAILEY Colin B., ROSENBERG Pierre, Watteau and his world : French drawing from 1700 to 1750, cat. exp. New York, Frick collection, Ottawa, National Gallery of Canada, 2000.

Cartel

  • WATTEAU Antoine

    Homme nu, agenouillé, soulevant une draperie

    vers 1717

  • 3933360

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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