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Œuvre Idole aux yeux

Département des Antiquités orientales : Levant

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Idole aux yeux

© 2008 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Claire Iselin

Doté d'un corps en forme de cloche et surmonté d'un col cylindrique sur lequel ont été disposés deux cercles perforés, cet objet étrange a longtemps été qualifié d'idole aux yeux ou d'idole à lunettes. Daté de la période de l'Uruk récent (3300-3000 av. J.-C.), on le trouve essentiellement en Mésopotamie du Nord et en Syrie. Il a d'abord été interprété comme un objet votif, mais il pourrait être mis en relation avec le travail du fil.

Une idole aux yeux ?

D'assez grande dimension, cet objet en terre cuite se compose de bas en haut d'un corps en forme de cloche, d'un col cylindrique et de deux cercles perforés. Sa base plate atteste qu'il était destiné à être posé. La pâte beige est recouverte d'un épais engobe rouge orangé, dont le polissage est encore apparent sous les concrétions. L'appellation conventionnelle d' "idoles aux yeux" a été donnée par Max Mallowan en 1937-1938 lors de fouilles réalisées à Tell Brak en Syrie, où il découvrit des centaines de petites plaquettes anthropomorphes aux yeux démesurés, disposées dans un bâtiment richement décoré. L'archéologue étendit cette dénomination à d'autres objets, dits cette fois "idoles à lunettes" car elles sont surmontées de deux cercles disproportionnés par rapport à leurs dimensions totales ; on les considére comme les prototypes des premières. Cet édifice fut lui-même baptisé Temple aux yeux en raison de la profusion de son décor de mosaïques de cônes et de placages d'or ainsi que des idoles aux yeux qui y furent exhumées. Cependant, rien ne prouve que cette construction, remaniée à plusieurs reprises et dont la stratigraphie reste peu sûre, ait eu une fonction religieuse.

Des idoles aux yeux à profusion

Les idoles aux yeux sont réparties sur un large territoire dont les pôles extrêmes sont le Sud-Est de la Turquie (Arslantepe) au nord, la Syrie (Hama) à l'ouest, la Mésopotamie méridionale (Tello, Uruk, Ur) et le Khusistan iranien (Suse), au sud. Ces objets sont caractéristiques de l'époque proto-urbaine d'Uruk (3700-3100 av. J.-C.) pendant laquelle les premières villes font leur apparition. La multiplicité des contextes de découverte (domestique, rituel, funéraire, abandon) permet de douter d'un usage qui serait strictement religieux concernant ces objets de formes, matériaux et styles très différents.
Catherine Bréniquet a proposé, en 1996, de répartir ces idoles selon trois types. Provenant de Tell Brak, le type 1 appelé "idoles aux yeux" regroupe l'ensemble des petites plaquettes d'albâtre gravées évoquant la partie supérieure d'un corps humain dont le visage se résume aux yeux et portant parfois des parures et coiffures diverses. Le type 2 des "grandes idoles à lunettes" regroupe des objets en terre cuite de dimension assez importante en forme de cloche ou de trompette surmontée d'un col soutenant lui-même deux cercles perforés. Certains d'entre eux ont été soigneusement façonnés, lissés et engobés, d'autres furent sommairement exécutés. Notre idole appartient à ce type des "grandes idoles à lunettes" présentes en Mésopotamie du Nord et en Syrie. Le type 3, qui regroupe les "petites idoles à lunettes", présente de fortes ressemblances avec le précédent, bien qu'elles soient de taille très inférieure et toutes réalisées en pierre.

Les différentes interprétations

Max Mallowan a interprété tous ces objets comme appartenant à une seule et même série dont la forme aurait évolué au cours du temps. Elle aurait constitué une classe d'objets votifs dédiés à une divinité "aux yeux" vénérée dans le "temple" de Tell Brak. D'autres chercheurs ont vu dans les types 2 et 3 des couvercles (H. Frankfort), des poids étalonnés ou des poids de métiers à tisser, ou encore des chenets qui auraient été disposés autour d'un foyer. Selon Catherine Bréniquet, il convient de distinguer les modèles du type 1, seuls à véritablement mériter l'appellation d'"idoles aux yeux", des types 2 et 3. Ces derniers seraient des instruments de filage placés devant la fileuse qui opérait assise : leurs perforations servaient à isoler deux ou trois fils simples destinés à être assemblés pour former un fil câblé. Sur les sceaux-cylindres de l'époque d'Uruk, ils semblent en effet être représentés associés au travail des fileuses.

Bibliographie

Les Antiquités orientales : guide du visiteur,Éditions de la Réunion des musées nationaux,  Paris, 1993, p. 188.

- BRENIQUET Catherine, "Du Fil à retordre : réflexions sur les idoles aux yeux et les fileuses de l'époque d'Uruk", in Collectanea Orientalia, 1996.

- CAUBET Annie, "L'Idole aux yeux du IVe millénaire", in La Revue du Louvre, février 1991, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1991, pp. 6-9.

Cartel

  • Idole aux yeux

    Chalcolithique (vers 3500 avant J.-C.)

    Syrie du Nord

  • Terre cuite

  • Don des Amis du Louvre 1991

    AO 30002

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Vitrine 1 : La Syrie intérieure des origines à la fin de l'âge du bronze

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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