Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Intérieur de cuisine

Si vous n’arrivez pas à lire les médias, téléchargez Flash Player.

Intérieur de cuisine

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture flamande

Auteur(s) :
Patrick Le Chanu

Il s'agit ici d'un exemple de ces sujets rustiques, très savoureusement évoqués, qui ont fait la juste célébrité de l'artiste.

Une cuisine de château

La scène se déroule dans une pièce aux volumes amples évoquant une cuisine de château. Le premier plan est un garde-manger où sont étalées les victuailles. On remarque un canard colvert mâle posé sur une pile de serviettes et à gauche une poule alors qu’un coq est accroché à une poutre près d’une tranche de saumon. La table, au premier plan à gauche, est également chargée d’un grand plat plein de châtaignes et de fruits parmi lesquels on remarquera le citron, denrée exotique et luxueuse. Un cuisseau de veau repose sur le tout, entouré de jarres et surmonté d’un chaudron accroché à une poutre. Il se détache sur un arrière-plan ouvert sur un paysage. La partie droite de la composition est occupée par une servante de retour du marché dont elle a rapporté un panier de légumes et de fruits : choux, carottes, cerises et cornichons. Derrière elle, une vaste pièce ornée d’une grande cheminée. Une cuisinière verse de la sauce sur un volatile cuisant à la broche. Un brasero est en train de chauffer sous ses jupes et un homme d’âge mûr est en train de la lutiner.
La nature morte ici porte mal son nom car de petits animaux viennent égayer cet univers statique. Remarquons l’escargot gravissant le bord du panier et un peu plus haut à gauche, une chenille sur un chou. Un papillon s’est posé sur un battant de porte juste en dessous de la tranche de saumon. Enfin, deux insectes se sont posés sur le cuisseau de veau. La grosse mouche et même le papillon sont peut-être destinés à tromper le spectateur inattentif. La justesse de leur représentation pourrait les faire prendre pour de vrais insectes qui
se seraient posés sur le tableau.

Dominés par une sensualité effrénée

L’amoncellement de victuailles remplit presque la moitié de cette composition colorée. Le rouge des poutres et celui de la robe de la cuisinière encadrent la nature morte. La composition est également scandée par de grandes taches blanches, le linge en haut à gauche, la pile de serviettes et le corsage de la cuisinière. La mise en scène mais aussi
l’agencement des couleurs participent donc de cette esthétique de l’opulence. Mais comme souvent dans ces grandes compositions de cuisine, il y a un message moralisant derrière
une scène d’apparence fort simple. Il semble que dans toutes ces peintures dues à Pieter Aertsen et Joachim Beuckelaer, la cuisine et ceux qui y travaillent sont présentés comme
dominés par une sensualité effrénée. Le contact physique quotidien avec les aliments et la chaleur semblent, aux yeux de certains, à l’origine d’une sexualité débridée et des excès
en général. C’est ce qu’exprime la scène de l’arrière-plan. C’est peut-être aussi le sens que nous indique le geste de la jeune femme posant sa main sur un chou.

La servante

Dans l’Histoire Naturelle de Pline, ouvrage alors très fréquemment traduit et cité, le grand chou est présenté comme emblématique de la vie trop luxueuse et dispendieuse. Mais au-delà de cette dénonciation facile, il y a ici, comme c’était déjà le cas dans l’oeuvre du maître et oncle de l’artiste Pieter Aertsen, un éloge à la simple dignité de la servante dont la figure monumentale s’impose comme le motif majeur de ce tableau peint en 1566, l’année de la grande « furie » iconoclaste. D’innombrables oeuvres d`art religieux furent alors détruites sur fond de révolte d’inspiration protestante. La postérité de ce genre de tableaux sera grande dans la peinture anversoise. Les tables servies du XVIIe siècle seront plus grandes, leurs compositions plus étalées en largeur mais les personnages y auront un rôle souvent plus secondaire.

Cartel

  • Joachim BEUCKELAER (ou Bueckelaer) (Anvers, vers 1533 - Anvers, vers 1574)

    Intérieur de cuisine

    1566

  • H. : 1,09 m. ; L. : 1,39 m.

  • Acquis d'une collection privée, Paris, 1928

    R.F. 2659

  • Peintures

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet