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Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Jean II le Bon, roi de France (1319 - 1364)

Œuvre Jean II le Bon, roi de France (1319 - 1364)

Département des Peintures : Peinture française

Jean II le Bon (1319 - 1364), roi de France

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Geneviève Ponge

Ce portrait est, semble-t-il, le premier exemple conservé depuis l’Antiquité d’un portrait peint indépendant. L’inscription « Jehan roi de France » est sans doute postérieure au tableau, qui représente le modèle sans couronne, apparemment avant son accession au trône (1350), à une époque où il n’était encore que duc de Normandie.

Le plus ancien portrait connu

Vu la rareté des peintures de chevalet du XIVe siècle qui nous sont parvenues, ce tableau serait le plus ancien portrait indépendant peint en France. Son auteur reprend la formule élaborée sous l’Antiquité classique, particulièrement dans la numismatique, quand il campe le modèle en profil absolu, telle une médaille impériale. Le personnage a été identifié comme le roi Jean II le Bon (1319-1364), mais nous n’avons aucune certitude sur son identité réelle, l’inscription semblant postérieure à la peinture. Représenté avec la barbe, une chevelure en désordre, le sourcil broussailleux, pourvu d’un grand nez, d’une lourde paupière, d’un œil globuleux et d’une mâchoire pesante, le souverain est drapé dans une robe bleu-noir bordée de fourrure blanche. Même si l’on tient compte de l’usure du tableau et de la présence de repeints, cette effigie reflète un souci de caractérisation physique et un désir d’expressivité. Le fond d’or travaillé au poinçon, le revers décoré de faux marbre, l’autorité monumentale du profil sont manifestement d’ascendance italienne. En effet, dès les premières décennies du XIVe siècle, les peintres transalpins s’intéressent au rendu fidèle de la figure humaine. Le rôle d’Avignon, devenue au début du siècle le siège de la papauté, est déterminant : le naturalisme des fresques et des tableaux exécutés à partir de 1340 par Simone Martini et Matteo Giovannetti n’a pas manqué d’impressionner les artistes attirés de l’Europe entière par l’éclat du foyer pontifical. L’auteur de ce portrait faisait peut-être partie de la suite de Jean le Bon, venu en 1349, juste avant son accession au trône de France, rendre visite au pape.

Un règne difficile

Jean II le Bon, couronné roi de France en 1350 à la mort de son père, Philippe VI de Valois, eut un règne relativement bref, mouvementé et malheureux : Peste noire, perte de la ville de Calais, révolte d’Étienne Marcel, nombreuses jacqueries et défaites militaires. Fait prisonnier à la bataille de Poitiers en 1356, il est retenu en Angleterre. Contre rançon et la présence à Londres de son fils Louis, duc d’Anjou, il remonte sur le trône de France. À l’annonce de la fuite du duc, il repart, fidèle à la parole donnée, pour l’Angleterre (janvier 1364). La légende veut que son portrait ait été peint à la tour de Londres – où il se trouve enfermé – par Girard d’Orléans, son peintre officiel. Jean meurt à Londres en avril 1364. Sur le tableau du Louvre, il ne porte pas la couronne : est-il alors duc de Normandie et Dauphin de France ? Ou déjà prisonnier ? Son âge apparent, une trentaine d’années, semble conforter une datation antérieure à 1350, année de son accession au trône.

Un historique encore méconnu

Il a été suggéré que le tableau pourrait avoir été conservé au XIVe siècle à l’Hôtel Saint-Pol, la résidence du roi Charles V (qui régna de1364 à 1380) dans le Marais à Paris. L’inventaire après décès du souverain n’est pas suffisamment explicite pour affirmer qu’il s’agit bien de notre tableau. Ce portrait fut aussi rapproché de celui qui est signalé au XVIe  siècle dans la collection d’Arthur de Gouffier au château d’Oiron. La peinture du Louvre faisait en tout cas partie de la collection de Roger de Gaignières (1642-1715) puisque l’érudit en réalise alors une copie précise à l’aquarelle (Paris, Bibliothèque nationale de France, Estampes). Lors de la succession Gaignières en 1717, il est retiré de la vente sur ordre du Régent pour la Bibliothèque royale. Il reste au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale jusqu’en 1925, date à laquelle il est déposé au musée du Louvre. Néanmoins, il fut exposé au Musée des souverains, éphémère musée créé par Napoléon III au palais du Louvre dans les appartements dits « d’Henri IV », Salles de la Colonnade, à partir de janvier 1852 jusqu’en 1872. Il fut prêté à l’exposition des « Primitifs Français » au Pavillon de Marsan en 1904 (n° 1) sous l’attribution à Girard d’Orléans et admiré à Londres en 1932 lors de l’exposition  « French Art 1200-1900 » (n°29 même attribution).

Bibliographie

- JOUBERT F., « La peinture gothique » in Pierre Rosenberg (éd.), La Peinture française, Paris, 2001, p. 60-101.

- SALET F., Bulletin monumental, t. 140-III, 1982, p. 239-242.

- STERLING Ch., La Peinture médiévale à Paris : 1300-1500, Paris, 1987.

- THIÉBAUT D., Les Fastes du gothique. Le siècle de Charles V, Paris, 1981. p.370-371.

- VAIVRE J.-B. de., « Sur trois primitifs français du XIVe siècle et le portrait de Jean le Bon », in Gazette des Beaux-Arts, avril 1981, p 131-156.

Cartel

  • Paris (milieu du XIVe siècle)

    Jean II le Bon (1319 - 1364), roi de France

    Avant 1350

  • H. : 0,60 m. ; L. : 0,45 m.

  • Dépôt de la Bibliothèque nationale, 1925

    R.F. 2490

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Jean le Bon
    Salle 1

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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