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Kudurru "inachevé"

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Nicolas Benoit

Sous les anneaux du serpent qui s'enroule sur le sommet sont figurées les principales divinités du panthéon sous forme de symboles. Au-dessous, un cortège de dieux musiciens et d'animaux. Murs et tours crénelées encadrent l'emplacement réservé à une inscription qui n'a jamais été gravée. Un serpent cornu, emblème du dieu Marduk, entoure la base.

Un kudurru anépigraphe

Ce kudurru appartient à un ensemble d'oeuvres mésopotamiennes découvertes à Suse, où elles avaient été ramenées par le roi élamite Shutruk-Nahhunte (fin du XIIe siècle av. J.-C.) comme butin de ses expéditions en Mésopotamie. Caractéristiques de l'époque kassite, les kudurru portent un décor sculpté en bas-relief en général composé de symboles divins et d'un texte gravé détaillant des dotations en terres ou l'octroi de privilèges par le roi à de hauts dignitaires du royaume ou à des membres de sa famille. Le décor est ici réparti en trois registres, délimités à la base et au sommet par deux énormes serpents cornus. Le registre du bas, destiné à recevoir le texte, est vide mais soigneusement préparé : sur quatre zones polies et délimitées par des murailles, deux sont gravées de lignes horizontales prêtes à accueillir les signes cunéiformes.

Les symboles divins

Déposés dans les temples, contrairement à ce qu'a longtemps laissé croire leur nom ("borne" en accadien), les kudurru sont avant tout des documents juridiques, mais leur iconographie offre un éclairage précieux sur la pensée religieuse de leurs commanditaires. Sur le registre du haut sont en effet représentés les symboles des principaux dieux du panthéon mésopotamien dans un ordre reflétant la hiérarchie divine reconnue à l'époque. Une première triade se composait des trois grandes divinités, Anu, Enlil et Ea, représentant respectivement le ciel, la terre et l'Apsû, nappe d'eau douce délimitée par les mers sur laquelle flottait la terre. Une seconde correspondait aux dieux astraux, Sin, le dieu Lune et ses deux enfants Shamash le soleil et Ishtar la planète Vénus. Immédiatement après sont représentées des divinités en faveur au IIe millénaire : Marduk et son animal attribut, un dragon cornu nommé Mushussu, occupent ici une place centrale, trahissant les velléités des théologiens d'offrir à Babylone, alors capitale du monde mésopotamien, un dieu universel. Les types iconographiques employés sur notre monument, très proches de ceux qui figurent sur les kudurru datés du règne du roi Melishihu (1186-1172), permettraient donc de le dater de cette époque.

Une procession inhabituelle

Si la succession de symboles divins est classique sur les kudurru, le décor gravé sur le registre du milieu est plus inattendu : une procession formée de huit personnages portant tous un arc et coiffés de la tiare à cornes qui les désigne comme des dieux. Sept barbus accompagnés d'animaux et jouant du luth sont suivis d'une déesse jouant du tambourin dans une attitude qui pourrait être celle d'une danse. Cette composition en frise, particulièrement populaire à l'époque kassite, offre toutefois une scène tout à fait inhabituelle et sans parallèle : il est tout d'abord étonnant de trouver, réunies sur un même monument, deux représentations différentes, symbolique et anthropomorphique, des divinités. La représentation symbolique constituant une convention bien connue, la procession doit répondre à une préoccupation particulière du commanditaire qui malheureusement nous échappe : peut-être évoque-t-elle une scène rituelle faisant intervenir des divinités mineures, probablement protectrices de la faune, ou encore des dieux étrangers. La longue mèche qui tombe de leur coiffure pointe en tout cas vers des divinités en marge du panthéon classique.

Bibliographie

- L'empire du temps : mythes et créations, catalogue d'exposition, musée du Louvre, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 2000, p. 44, cat. n 14.

- La cité royale de Suse : découvertes archéologiques en Iran conservées au musée du Louvre, catalogue d'exposition, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1994, pp. 178-180, fig. 116.

- Louvre, antiquités orientales : guide du visiteur, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1997.

Cartel

  • Kudurru "inachevé"

    Époque kassite, attribué au règne de Meli-Shipak (1186-1172 av. J.-C.)

    Découvert à Suse où il avait été emporté en butin de guerre au XIIe siècle avant J.-C.

  • Calcaire

  • Fouilles J. de Morgan

    Sb 25

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie, IIe millénaire avant J.-C.
    Salle 3

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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