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Œuvre La Bohémienne

Département des Peintures : Peinture hollandaise

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La Bohémienne

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture hollandaise

Auteur(s) :
Michèle Perny

Ce tableau célèbre serait, mais cela reste à vérifier, l’un des premiers achats du docteur et collectionneur Louis La Caze qui le légua au Louvre en 1869.
Il revêt un caractère d’exception tant par l’audace du sujet liée à la condition sans équivoque de la jeune personne représentée, -Frans Hals peignit plutôt des portraits de groupe ou alors des notables -, que par le fond de paysage qui suggère peut-être un portrait de plein air, exemple également peu fréquent chez cet artiste.

Un portrait plaisant de bohémienne

Représentée en buste et de face, une jeune femme gironde, un brin désinvolte, au regard en biais, au sourire spontané mais un peu narquois et entendu, est tête nue, les cheveux épars sur les épaules et indisciplinés simplement retenus par un mince ruban rouge. Sa tenue, très ordinaire, est débraillée et le décolleté de sa chemise blanche mal fermée, plutôt audacieux, laisse voir de plaisantes rondeurs. Les teintes rosées de son visage franc et plein ainsi que le rouge corallin du corsage rehaussent la blancheur des manches de sa camisole. Elle se détache sur une sorte de fond imprécis de paysage rocheux ou de ciel nuageux traversé d’une bande claire qui laisserait à penser qu'il s'agirait peut-être là en effet d'un portrait peint en plein air.

Une diseuse de bonne aventure enjouée ou ... une courtisane ?

Tout dans ce portrait, à savoir le décolleté généreux, le sourire prometteur ou  simplement railleur, autant que le regard en coulisse et la tenue négligée du modèle, a volontiers laissé supposer qu’il s’agissait sans contredit d’une jeune personne aux mœurs plutôt légères. Et en dépit du fait que ce portrait se rattache à la catégorie des « portraits de caractère » et qu'il est censé représenter la trivialité ou encore la sensualité, dès l'abord il s’en dégagerait somme toute une simple et éclatante joie de vivre.
Par une libre expression dont Frans Hals s’acquitte avec talent, elle se traduit ici par une touche ferme et enlevée particulièrement appuyée dans le rendu de la chemise où elle s’empâte au niveau de la manche en hachures désordonnées ; elle devient plus lisse et plus veloutée sur le visage, aux traits ronds qui exprime, au-delà d’une invite quelconque, une jovialité et une certaine espièglerie, visibles dans le modelé des joues roses, des lèvres gourmandes et dans la lumière qui vient glisser sur le bombé du front où s’éparpillent quelques mèches folles.
Si toutefois le visiteur d’aujourd’hui n’est pas outre mesure dérangé par l’allure de cette « diseuse de bonne aventure », il ne devait certes pas en être de même à l’époque où toute dame de condition respectable dissimulait ses cheveux sous un bonnet ou une coiffe amidonnée et portait avec raideur fraise et corsage boutonné très haut. S’agirait-il alors ici d’une figure populaire de femme légère, comme l’a abondamment répandue le XIXème siècle, attribuant par ailleurs au passage à cet artiste une réputation douteuse, et certainement injustifiée ?

Un brillant portraitiste

Frans Hals, artiste assez mal connu aux débuts restés obscurs mais qui obtint cependant un réel succès, n’a laissé que des portraits et s’est principalement attaché à la représentation de la figure humaine. Dans les années 1630, il réalisa toute une série de « portraits de caractères » dont ce portrait de jeune bonimenteuse, adoptant la manière des peintres appelés « caravagesques d’Utrecht » qui avaient en quelque sorte lancé la mode des portraits aux couleurs claires et à mi-corps représentant des figures populaires donnant dans le pittoresque.
Ces sujets  populaires importés de Rome en Hollande par Terbrugghen et Honthorst étaient en effet très en vogue. Mais tout en mêlant une incontestable liberté à une certaine retenue, Hals par le fait d’une insolence pleine de génie et un dynamisme incomparable nous livre là un portrait vibrant et débordant de vie, dépassant largement le style et la manière propres aux artistes de son temps.

Bibliographie

- MANTZ Paul, "La collection La Caze au musée du Louvre", p. 396, Gazette des Beaux-Arts, 2ème période, t. III, 1870.

- CUZIN Jean-Pierre, notice 97, p. 89-90, catalogue Le Siècle de Rembrandt , exposition, Paris : Petit Palais, novembre 1970-février 1971.

- FOUCART-WALTER Elisabeth, notice 460, Louvre, guide des collections, p. 436 Paris : Editions de la R.M.N., 1989.

- FOUCART Jacques, Notice pour l'audio-guide et le DVDRom , révisée et complétée, 1998.

Cartel

  • Frans HALS (Anvers, vers 1581 - 1585 - Haarlem, 1666)

    La Bohémienne

  • H. : 0,58 m. ; L. : 0,52 m.

  • Legs du Dr Louis La Caze (1798 - 1869), 1869

    M.I. 926

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Hollande, première moitié du XVIIe siècle
    Salle 28

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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