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Œuvre La Buveuse

Département des Peintures : Peinture hollandaise

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La Buveuse

© 2007 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Peintures
Peinture hollandaise

Auteur(s) :
Stéphanie Koenig

Né à Rotterdam en 1629 où il commença à peindre, il prolongea son apprentissage à Haarlem avec Nicolas Berchem (1620-1683). Toutefois, l’œuvre italianisante de son maître ne l’a pas marqué. Ses premières peintures représentent des scènes aux tonalités sombres et brunes où l'on ressent l’influence des peintres de Haarlem dans le choix de ses sujets et dans la facture de ses tableaux : corps de garde, paysans dans des auberges, scènes de tavernes. Installé à Delft vers 1650, il délaisse les thèmes de sa jeunesse au profit de sujets domestiques des classes moyennes.

Une oeuvre de maturité

Véritable innovateur, Pieter de Hooch crée une peinture de genre sans précédent en érigeant un nouvel ordre spatial teinté de naturalisme. Il étend sa gamme de coloris, autrefois assez réduite, en déployant une palette nuancée, et donne une place essentielle à la lumière. L’ouverture sur l’extérieur ou vers une pièce en second plan, à travers une fenêtre ou par l’embrasure d’une porte, devient sa signature. Cette échappée, doorkijkje en néerlandais, permet au peintre de construire l’espace en profondeur, mais surtout de faire pénétrer la lumière en plusieurs points, afin qu’elle enveloppe ses compositions.
Dans La Buveuse, peinte en 1658 à l’apogée de sa période delftoise, une femme vêtue d’une robe rouge et d’une veste argentée est assise au centre de la scène. Elle lève un verre que remplit un homme debout, auquel une femme plus âgée semble souffler quelques mots. Assis, dos à la fenêtre, un autre homme fume une pipe. Au premier plan, se trouve un petit chien endormi à côté d’une chaise vide. Une carte représentant une vue d’Amsterdam est accrochée sur le mur du fond, ainsi qu’un tableau représentant Le Christ et la femme adultère. La porte de cette première pièce s’ouvre sur un vestibule, puis sur une pièce avec au fond une armoire qui ferme l’espace sur laquelle est posée une petite statuette. Le peintre exprime son goût prononcé pour un éclairage latéral,  mais aussi son recours quasi systématique à une perspective fuyante inscrite ici dans le parquet. L’œuvre intitulée Une Femme buvant avec deux hommes et une servante (Londres, National Gallery) présente une composition similaire : l’échappée vers le fond est cependant remplacée par une cheminée, et la femme au verre se tient dos au spectateur. Les combinaisons spatiales de ces tableaux reposent sur le même type de perspective élaborée avec équilibre, servie par un jeu de lignes orthogonales qui crée une subtile harmonie de lignes et de couleur.

La peinture dans la peinture

De Hooch a souvent accroché des peintures dans ses intérieurs. Elles apportent une charge symbolique au sujet, comme ce Christ et la femme adultère qui fait ici allusion à cette scène galante où la courtisane s’affale mollement sur sa chaise, alors que l’entremetteuse s’apprête peut-être à conclure une affaire. Cette intrusion de la peinture dans la peinture permet donc plusieurs lectures et de Hooch suit ainsi la tradition hollandaise qui veut que la peinture adhère au concept classique de tot leeringh ende vermaeck : apprendre et se divertir. L’alcool, les effets de l’intempérance, le pêché de la chair sont alors ainsi condamnés.

De Hooch, Vermeer et les autres

On a souvent parlé d’Ecole de Delft, mais d’école, il n’en a jamais eu. Cette cité industrielle prospère était également un centre artistique dynamique, et l’un des artistes les plus influents, l’excellent Carel Fabritius (décédé prématurément lors de l’explosion de la poudrière de Delft en 1654) a marqué une génération de peintres dont Vermeer et de Hooch font partie. On pourrait parler plutôt d’émulation entre artistes que d’Ecole. Ces peintres ont tous montré un vif intérêt pour la lumière, l’optique, la composition et la perspective. Malgré une importante diversité de thèmes et de genres, les peintures élaborées entre 1650 et 1675, présentent une identité singulière, et les peintres établis à Delft durant cette période féconde, même pour une courte durée, ont su émanciper cette ville de son carcan provincial, ce qui justifie parfois l’appellation d’Ecole de Delft.

Bibliographie

- Peter SUTTON, Pieter de Hooch: Complete Edition, Oxford, 1980.

- Peter SUTTON, Pieter de Hooch, 1629-1684 (cat. exp. Londres, Dulwich Picture Gallery, 3 septembre – 15 novembre 1998; Hartford, Wadsworth Atheneum, 17 décembre 1998 - 27 février 1999). Peter SUTTON, New Haven - Londres, Yale University Press, 1998, pp. 112-113, n° 12.

- http://www.nationalgallery.org.uk/cgi-bin/WebObjects.dll/CollectionPublisher.woa/wa/work?workNumber=ng834

Cartel

  • Pieter de HOOCH (Rotterdam, 1629 - Amsterdam, 1684)

    La Buveuse

    1658

  • H. : 0,69 m. ; L. : 0,60 m.

  • Don de Mme Piatigorsky, 1974

    R.F. 1974-29

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Hollande, deuxième moitié du XVIIe siècle
    Salle 38

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

Signé daté à gauche vers le bas, sur le banc : P.D.H./1658