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Œuvre La Coupe de Césarée de Palestine

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines : Art chrétien et byzantin

Coupe de Césarée de Palestine

© 2001 RMN / Hervé Lewandowski

Antiquités grecques, étrusques et romaines
Art chrétien et byzantin

Auteur(s) :
Marie-Bénédicte Astier

La finesse du décor et le jeu coloré des incrustations d'argent, de cuivre et de nielle font de cette coupe en bronze une pièce d'apparat exceptionnelle. L'objet, créé au Bas-Empire, commémore la fondation de Césarée de Palestine. Cependant, assujetti au contexte politique, l'artiste a choisi de célébrer l'antique cité établie par le phénicien Straton Ier (374-362 avant
J.-C.), plutôt que l'essor considérable de la ville, baptisée Césarée par le roi juif Hérode le Grand (Ier siècle avant J.-C.).

Chef-d'oeuvre de virtuosité

Cette coupe en bronze, découverte à Beyrouth (au Liban), est une pièce d'apparat exceptionnelle à bien des égards. Sa forme - un bol cylindrique dont le fond, au lieu d'être plat, est fait d'une calotte sphérique munie d'un pied annulaire - est assez rare. De plus, la finesse du décor, le soin apporté à l'exécution, les détails incisés et le souci des contrastes colorés obtenus par les incrustations, signalent l'oeuvre d'un artiste virtuose. L'effet recherché à l'origine était celui d'un chatoiement des couleurs, le blanc de l'argent, le rouge du cuivre et le noir de l'alliage cuivreux tranchant avec la couleur dorée du bronze. L'objet, probablement une commande officielle, est daté approximativement du IVe siècle après J.-C. d'après des critères stylistiques et techniques. Les scènes figurées, qui s'inspirent de formules fréquemment attestées au Bas-Empire, ne dénotent pas une grande originalité. Toutefois, leur juxtaposition prend un sens particulier puisqu'elles illustrent un événement historique : la fondation de Césarée sur la côte de la Palestine.

La fondation de Césarée de Palestine

Les noms des personnages, indiqués par des incisions, ne laissent aucun doute sur l'épisode représenté. Bien que la ville n'ait pris une importance réelle qu'au Ier siècle avant J.-C., lorsque le roi des Juifs, Hérode le Grand (40 avant J.-C.- 4 après J.-C.), la baptise Césarée et entreprend de grandes constructions, l'artiste a décrit l'établissement de l'antique cité, la Tour de Straton Ier, roi phénicien de Sidon (374-362 avant J.-C.). Ce dernier introduit le culte du dieu de Sidon, Eshmoun, assimilé par les Grecs à Asclépios. Celui-ci apparaît aux côtés de sa fille Hygie, serrant la main de Straton. De part et d'autre sont figurés une scène de libation à Tyché, déesse de la Fortune, protectrice des villes, et le débarquement de deux navires sur un rivage peuplé d'animaux sauvages. Le serpent symboliserait le pouvoir protecteur d'Asclépios contre ces bêtes hostiles. Enfin est représentée la consultation de l'oracle, dans le sanctuaire d'Apollon, qui prélude à toute fondation de cité.

Un objet commémoratif

Le parti pris décoratif du bronzier a sans doute été dicté par le contexte politique contemporain. La coupe commémore la fondation de la ville, et plus précisément la célébration des jeux pentétérides institués à cette occasion (l'inscription gravée au-dessus de Tyché évoque des "Jeux sacrés"). Le décor de l'objet manifeste indirectement les antagonismes religieux qui affectent l'empire romain dès le Ier siècle de notre ère : art et religion servent ici étroitement la politique de Rome. Ce n'est pas sans arrière-pensée, en effet, que le premier fondateur de Césarée (le Phénicien) est préféré au second (le Juif). Après la répression de la révolte juive de 66 après J.-C. par Titus et jusqu'à la fin du paganisme, le pouvoir romain transcrit à sa manière les origines de la ville, sans se préoccuper du rôle d'Hérode et de l'importance de la communauté juive à l'époque.

Bibliographie

Y. Turnheim, A. Ovadiah, "Art in the Public and Private Spheres in Roman Caesarea Maritima", Rivista Di Archeologia, suppl. 27, 2002, p. 17-18, fig. 16-17.
G. Finkielsztejn, "Asklepios Leontoukhos et le mythe de la coupe de Césarée maritime", Revue biblique, 93, 1986, p. 419-428, fig. 2.
E. Will, "La coupe de Césarée de Palestine au Musée du Louvre", Monuments et Mémoires. Fondation Piot, 65, 1983, p. 1-25.

Cartel

  • Coupe de Césarée de Palestine

    IVe siècle après J.-C.

    Provenance inconnue, probablement Méditerranée orientale

  • Bronze incrusté de différents alliages

    H. : 8,20 cm. ; D. : 20,20 cm.

  • Acquis en 1962

    Br 4391 (MND 2249)

  • Antiquités grecques, étrusques et romaines

    Aile Denon
    Entresol
    Vitrine centrale 8 : Antiquité tardive

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Inscription latine incrustée d'argent indiquant le nom des personnages