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Œuvre Le Martyre de saint Pierre

Département des Arts graphiques : XVIIe siècle

Le Martyre de saint Pierre

Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo S. Nagy

Arts graphiques
XVIIe siècle

Auteur(s) :
Catherine Scheck

Cette page tumultueuse illustrant le martyre de saint Pierre est l'une des deux précieuses études d'ensemble conservées au Louvre pour le monumental tableau du May de 1643, offrande prestigieuse de la corporation des orfèvres à Notre-Dame de Paris, le 1er mai de chaque année. Ambitieuse, singulière et très admirée, l'oeuvre assura la réputation parisienne de Bourdon, parmi les créateurs les plus féconds et les plus séduisants du XVIIe siècle. Il fut peintre, dessinateur et graveur.

Un virtuose

Libéré d'un imprudent engagement dans l'armée, à 18 ans, Bourdon est à Rome de 1634 à 1637. Avec fougue, il regarde, copie, imite et promptement se fait remarquer par l'insolente virtuosité de ses pastiches (Van Lear, Castiglione, Claude Gellée, dit Le Lorrain, et Poussin principalement) et une précocité savante (science de la construction, délicatesse des accords chromatiques, finesse de l'éclairage) qui conférera à ses "bambochades à la française" un charme très personnel (L'Osteria au fumeur de pipe, Montpellier, musée Fabre).
L'éclectisme brillant de ses créations raffinées sera fort goûté des connaisseurs à Paris dès 1638 comme à Rome et jusqu'à Stockholm, à la cour de la reine Christine qui le choisit comme Premier Peintre (1652-1653). Bourdon fut en effet l'un des rares artistes du XVIIe siècle à explorer tous les genres de la peinture, avec volupté et non sans succès. Pourrait suffire à le rappeler la séduction véritable d'oeuvres aussi caractéristiques que Le Sacrifice d'Iphigénie (Orléans, musée des Beaux-Arts)¸ La Sainte Famille avec sainte Elisabeth et saint Jean (Dijon, musée Magnin) ou le portrait dit de L'Homme aux rubans noirs (Montpellier, musée Fabre).
Les décors peints irrémédiablement perdus (galerie de l'Hôtel Bretonvilliers, 1663-1665 ; chambre du roi aux Tuileries, 1670-1671), le grand tableau du May, à nouveau visible à Notre-Dame de Paris (dépôt du Louvre ; gravé par N.-H. Tardieu), donnent la mesure du peintre d'histoire. Face à la suprématie de Vouet et de Poussin, et malgré son admiration pour ce maître, l'ambitieux peintre de 27 ans, calviniste de surcroît, impose les audaces d'une oeuvre d'exception : un éclatant hommage à la peinture vénitienne et à Véronèse particulièrement, porté par un élan pleinement baroque, très novateur. Après cette vision tourmentée du martyre, Bourdon est à nouveau influencé par Poussin (espace géométriquement structuré, noblesse des attitudes), sans renoncer à la vivacité de sa palette, ni à son habituelle élégance.

La richesse des dons

Expérience décisive, le May requit une préparation exigeante. "Pour y parvenir, il fit plusieurs desseins plus excellens les uns que les autres. J'en possède deux qui sont d'une beauté singulière", écrit P.-J. Mariette dans l'Abecedario. Ce témoignage souligne la qualité des deux feuilles du Louvre, réunies par le plus distingué des collectionneurs français du XVIIIe siècle. Foisonnantes, très travaillées mais éloignées encore de la composition définitive moins dense, l'une et l'autre sont révélatrices des dons de l'artiste, "plein de feu et de facilité" (Mariette, op. cit.). Un autre dessin préparatoire se trouve à Cambridge (Harvard University Art Museum, Inv 1984.583) et un modello (Spencer Museum of Art) complètent les recherches de Broudon pour cette commande prestigieuse. Avec quatre autres feuilles remarquables, vendues en 1671 à Louis XIV par E. Jabach, ami de Bourdon, le Louvre offre le fonds le plus ancien et le plus considérable.
La nécessaire reconstruction de l'oeuvre dessiné conduite par J. Thuillier fait valoir la haute tenue de l'oeuvre gravé. Prodigieux dessinateur, Bourdon fut encore l'un des meilleurs graveurs du XVIIe siècle.

Bibliographie

- J. GUIFFREY et P. MARCEL, Inventaire général des Dessins du Musée du Louvre et du Musée de Versailles, École Française, t. II, 1908, n° 1632.

- J.-F. MEJANES, cat. exp. Le Cabinet d'un grand amateur : Pierre-Jean Mariette 1694-1774, Paris, musée du Louvre, 1967, sous notice 216, p. 135.

- M. PAUNET, « Les grands Mays de Notre-Dame », cat. exp. La Fabrique des saintes images. Rome-Paris 1580-1660, Paris, musée du Louvre, 2015, p. 206-213.

- B. SCART, cat. exp. Dessins français du XVIIe siècle, Paris, musée du Louvre, 1984-1985, notice 131, p. 99 et 101.

- J. THUILLIER, Sébastien Bourdon 1616-1671, catalogue critique et chronologique de l'oeuvre complet publié à l'occasion de l'exposition "Sébastien Bourdon, 1616-1671 Rétrospective", Montpellier, musée Fabre, 2000, Strasbourg, galerie de l'Ancienne Douane, 2001, p. 217.

Cartel

  • BOURDON Sébastien

    Le Martyre de saint Pierre

  • Plume et encre brune, lavis brun, sur pierre noire, sur papier beige. Collé en plein sur un montage Mariette. Sur le montage, dans un cartouche, à la plume et encre noire : "SEBASTIAN. / BOURDON".

    H. : 32.5 cm. ; L. : 23.8 cm.

  • Tête de lionTêtes humaines

    INV 24992

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er mai et 25 décembre

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