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Œuvre La Famille de Darius aux pieds d'Alexandre

Département des Peintures : Peinture italienne

La Famille de Darius aux pieds d'Alexandre

© 2009 RMN / Stéphane Maréchalle

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Constance Lavagne d'Ortigue

Cette œuvre est l’esquisse achevée d'un grand tableau exécuté pour le palais de La Granja de San Ildefonso (Ségovie), en Espagne, qui s'insérait dans un ensemble de huit compositions consacrées à Alexandre le Grand. Trevisani s'est inspiré d'un tableau achevé par Charles Le Brun en 1661 (Versailles, musée national du Château).

Une équipe de décorateur italiens

A gauche, Alexandre debout est habillé à la romaine. A droite, un groupe de femmes à genoux qui l’implorent. Devant une vaste tente ouverte entre deux arbres, la mère de Darius, les princesses Statira et sa jeune sœur, ainsi que toute leur suite se prosternent devant Alexandre qui se présente accompagné d’Ephestion. La mère de Darius ayant confondu Ephestion et Alexandre, le jeune souverain répond qu’elle ne s’était pas trompée car il était un « autre Alexandre ».
La décoration du Salon de La Granja fut élaborée en 1735 par l’architecte napolitain Filippo Juvara (1678-1736) qui en choisit les sujets et qui en confia la réalisation à des artistes tous italiens, à l’exception de François Lemoyne. Trevisani acheva son tableau en 1737. Dans le programme de Juvarra pour les séries du palais de La Granja, ce sujet devait représenter la vertu de la modestie. L’histoire d’Alexandre et de la famille de Darius peut traduire la clémence du héros ou sa tempérance.

Un rococo classique

Trevisani avait déjà traité auparavant des sujets tirés de l’histoire ancienne : de 1705 à 1710, il exécuta un grand Banquet de Cléôpatre, pour le cardinal Spada Veralli  (Rome, Galerie Spada) et en 1720, il peignit Alexandre, Appelle et Campaspe (Pasadena, Norton Simon Foundation). Ces deux peintures reflètent l’atmosphère poétique de l’Arcadie romaine et témoignent du classicisme rococo et de la maturité de Trevisani par une série d’éléments caractéristiques : la claire et logique organisation de la scène, le soin apporté à la reconstitution archéologique d’un décor historique jusque dans les détails des vêtements et du mobilier, un goût pour l’anecdote et pour les détails exotiques et pittoresques. D’autres éléments encore sont propres à Trevisani : son rendu d’une douce sentimentalité et les gestes mesurés des personnages. Certains objets comme le bassin, le chien au premier plan à droite et la représentation précise de la vaisselle sont des motifs récurrents dans son œuvre. D’autre part, les figures rondes et porcelainées, avec les mêmes expressions de transe mystique, sont typiques de sa manière. La tente reprend celle que Trevisani a utilisée dans sa Galatée terrestre (Pommersfelden, collection Schönborn), les Maures et leurs costumes évoquent ceux représentés dans la Bethsabée (Pommersfelden). Le modèle de cette peinture est assurément le tableau de Le Brun peint pour Louis XIV en 1660-1661, dont la composition avait été largement diffusée par la gravure. Trevisani suit la composition de Le Brun dans ses moindres détails, notamment la figure de la mère de Darius prosternée à terre. Une autre esquisse à l’huile pour le tableau de La Granja est conservée au musée d’histoire de Genève.

La carrière de Trevisani

Francesco Trevisani fut l’élève à Venise d’Antonio Zanchi (1631-1722) puis alla à Rome aux environs de 1678, où il devint, avec Benedetto Luti  (1666-1724), le chef d’école du rococo romain après l’extinction progressive de la tradition issue de Carlo Maratta (1625-1713). Ses premières commandes officielles datent de 1695. Après avoir travaillé pour le cardinal Chigi, il devint en 1698 le protégé du cardinal Pietro Ottoboni (1667-1740). Il acquit une vaste clientèle en travaillant pour les cardinaux romains, pour les églises de la « ville éternelle » et pour les états de l’Eglise. Bien qu’il ait traité tous les genres (retables, tableaux mythologiques, décoration, portraits), il est particulièrement séduisant dans le petit format, qu’il s’agisse des tableaux de dévotion privée ou de sujets mythologiques prestement enlevés. Par la douceur ainsi que la légèreté de son modelé et de ses couleurs, et par un éclairage diffus, il chercha à s’éloigner de la sévérité de Maratta, dont il transforma les schémas iconographiques avec un sorte de saveur arcadique annonçant les peintres français tels que François Lemoyne (1688-1737), Carle Van Loo (1705-1765), Nicolas Vleughels (1668-1737) ainsi que le rococo autrichien.

Cartel

  • Francesco TREVISANI (Capodistria, 1656 - Rome, 1746)

    La Famille de Darius aux pieds d'Alexandre

    Vers 1737

  • H. : 0,73 m. ; L. : 0,98 m.

  • Don Friedrich Unger, 1939

    R.F. 1939-12

  • Peintures

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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