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Œuvre La Sainte Famille entourée d'une guirlande de fleurs

Département des Peintures : Peinture flamande

La Sainte Famille dans une guirlande de fleurs, avec les quatre évangélistes aux angles (en grisaille) ; en haut, le Père éternel et, en bas, Satan et la Mort vaincus (en grisaille également)

© 2005 Musée du Louvre / Erich Lessing

Peintures
Peinture flamande

Auteur(s) :
Michèle Perny

Attribué dans un premier temps à Jean van Kessel, ce petit tableau revient en fait plutôt à Frans Francken le Jeune en ce qui concerne le médaillon. Une guirlande de fleurs de l’atelier de Jan I Brueghel, ou peut-être de Jan II, son fils, entoure la Sainte Famille avec aux angles les quatre Evangélistes en grisaille. En haut, le Père éternel domine la scène, tandis qu’en bas, Satan et la Mort sont vaincus. Cet exemple de collaboration réussie entre peintres, tous deux spécialistes d’un genre, présente par ailleurs une interprétation religieuse intéressante.

Une composition complexe

Un médaillon hexagonal représente au centre la Vierge assise, le visage penché, et l’Enfant Jésus debout la tenant de son bras droit. Ils appuient tous deux le pied droit sur un serpent, tandis que le globe du monde, surmonté d’une croix, est comme posé sur la main gauche de l’Enfant. A droite, saint Joseph est accoudé sur une table, alors qu’à gauche, un ange drapé de rouge joue de la harpe. Aux quatre angles de la scène que domine le Père éternel, les Evangélistes, les saints Matthieu, Marc, Luc et Jean. Tout en bas, Satan et la Mort apparaissent terrassés. Ces six dernières figures sont peintes en grisaille, dans un camaïeu de gris. Quant à la guirlande de fleurs qui entoure la composition religieuse, elle se décline en un superbe et incroyable mélange à peine entrelacé de quelques feuillages, mais surtout de corolles de fleurs de toutes variétés : des œillets, des narcisses, des roses, des fritillaires, des pensées, des pivoines, du muguet et des cyclamens, des anémones, des petites fleurs de jasmin et d’autres encore. La plupart de ces végétaux sont des attributs de la Vierge, chacun faisant référence à Marie, les uns à sa douleur, comme le narcisse, le cyclamen ou l’anémone, ou encore à son humilité, comme le muguet, les autres à sa pureté et sa chasteté comme le lys, la rose, le jasmin et le muguet, ces deux derniers à la fois pour leur blancheur et leur parfum suave.

Une symbolique religieuse

Ce tableau interpelle dans l’immédiat sur cette signification particulière de la représentation de la Vierge foulant aux pieds un serpent. Cet animal à la symbolique particulièrement chargée, fut pratiquement dans toutes les civilisations à la fois considéré comme force du mal, provocatrice de mort, mais également puissance positive, vie, régénération et guérison, attribut par exemple d’Esculape, le dieu de la médecine. Bien entendu, l’animal se rattacherait ici plutôt à sa connotation négative, remontant à la malédiction que Dieu, après le péché originel, lance sur le reptile tentateur. Une telle image exprimerait alors une Eve capable d’écraser le serpent, ou même davantage encore symboliserait la Vierge victorieuse du péché, voire de l’hérésie. De nombreuses interprétations dans l’art occidental se firent l’écho de cette interprétation de l’Eglise, thème fréquemment repris, par Caravage par exemple, où la Vierge met sur le serpent,  un pied sur lequel se superpose celui de l’Enfant Jésus qui vient apporter son aide à sa mère pour écraser l’impiété. Sur ce même thème, l’Enfant Jésus tient parfois dans la main une pomme, allusion plus flagrante encore au péché originel et symbole de rédemption.

Un bel exemple de collaboration

Cette œuvre due à deux artistes différents n’est pas un fait exceptionnel pour l’époque, car de telles collaborations entre peintres furent très habituelles chez les maîtres flamands au XVIIe siècle. D’autre part, Frans Francken, dit le Jeune, appartient à une famille de peintres active à Anvers durant cinq générations au XVIe et au XVIIe siècles. C’est dans cette même ville qu’il était né en 1580 et qu’il y mourut en 1642. Il est souvent difficile de reconnaître les contributions respectives de peintres de cette famille, notamment celles du père dit Frans Francken I (1542-1616) de celles de son fils, qui s’intéressa davantage aux natures mortes et aux paysages.

Bibliographie

- MÂLE Emile, L’Art religieux du XVIIe siècle après le Concile de Trente. PARIS, 1932 ; rééditions, 1951, 1984,  sous le titre L’Art religieux du XVIIe siècle , p. 49-50

- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre éditions, 2009, p. 143

Cartel

  • Frans II FRANCKEN dit Francken le Jeune (Anvers, 1581 - Anvers, 1642)

    La Sainte Famille dans une guirlande de fleurs, avec les quatre évangélistes aux angles (en grisaille) ; en haut, le Père éternel et, en bas, Satan et la Mort vaincus (en grisaille également)

    A dater vers 1620

  • H. : 0,72 m. ; L. : 0,53 m.

  • Transféré de Liège (église des Chartreux) à Paris, 1794 , 1794

    INV. 1412

  • Peintures

    Aile Richelieu
    2e étage
    Flandres, Allemagne XVIIe siècle
    Salle 16

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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