Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>La Stèle du roi Narâm-Sîn

Œuvre La Stèle du roi Narâm-Sîn

Département des Antiquités orientales : Mésopotamie

Stèle de victoire de Naram-Sin, roi d'Akkad

© 2009 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Mésopotamie

Auteur(s) :
Patrick Pouysségur

Oeuvre majeure témoignant de l'art impérial de la dynastie d'Akkad, cette stèle de victoire célèbre le triomphe du roi Narâm-Sîn sur les montagnards Lullubi. Le souverain akkadien conduit ses troupes sur les pentes escarpées du pays ennemi, écrasant impitoyablement toute résistance. La marche victorieuse du conquérant se double de l'ascension personnelle d'un souverain qui se veut désormais l'égal des dieux.

Le butin des rois d'Elam

Cette stèle de victoire, de grandes dimensions et d'une qualité exceptionnelle, sculptée dans un calcaire rose, n'a pas été retrouvée en Mésopotamie, mais sur le site iranien de Suse. Elle y avait été emportée au XIIe siècle av. J.-C. par le roi élamite Shutruk-Nahhunte, parmi l'important butin amassé lors de la campagne victorieuse qu'il mena en Babylonie. Celui-ci a alors fait ajouter à l'inscription cunéiforme primitive, une autre, dédiée à sa propre gloire, dans laquelle il indique qu'il emporta la stèle à la suite du pillage de la ville de Sippar.

Narâm-Sîn et l'apogée de l'empire d'Akkad

Le texte d'origine, rédigé en akkadien, révèle que l'érection de cette stèle était destinée à célébrer la victoire du roi d'Akkad Narâm-Sîn sur les Lullubi, un peuple montagnard de la région du Zagros central. Narâm-Sîn était le petit-fils de Sargon, le fondateur de l'empire d'Akkad, qui, pour la première fois, avait unifié l'ensemble de la Mésopotamie à la fin du XXIVe siècle av. J.-C. Narâm-Sîn régna après son oncle Rimush et son père Manishtushu, ce qui en fait le quatrième souverain de la dynastie. La liste royale sumérienne lui attribue trente-six années de règne, entre 2254 et 2218, et si aucun document contemporain ne permet de confirmer une telle durée, il semble toutefois avoir conduit le pouvoir impérial d'Akkad à son apogée.

Une victoire sur les peuples montagnards

L'éclat du règne de Narâm-Sîn transparaît dans la réalisation de cette stèle, destinée à commémorer la victoire qu'il remporta sur Satuni, roi des Lullubi. Pour la première fois, le sculpteur a renoncé à la traditionnelle division en registres superposés, pour présenter une composition unifiée et dynamique, construite autour de la figure magnifiée du souverain.
L'armée d'Akkad gravit les pentes escarpées des monts du Zagros, où vivent les Lullubi. Cette marche ascendante balaie toute résistance, et, à droite d'une ligne d'arbres s'accrochant au flanc de la montagne, des ennemis vaincus manifestent une attitude de soumission. Ceux qui ont été tués sont foulés aux pieds par les soldats akkadiens, ou tombent dans le précipice. Ces montagnards sont vêtus d'une tunique de peau et portent une longue coiffure rejetée vers l'arrière.
La composition est dominée par la haute figure du roi, vers lequel convergent tous les regards, ceux des soldats akkadiens comme ceux de leurs ennemis Lullubi. Le souverain triomphant, représenté comme le veut la tradition avec une taille supérieure à celle des autres hommes, conduit son armée à l'assaut de la montagne. Il est suivi des porteurs d'enseignes, précédant les soldats casqués et armés d'arcs et de haches. Narâm-Sîn foule aux pieds les cadavres de ses ennemis, tandis qu'un Lullubi agenouillé tente d'arracher la flèche qui lui transperce la gorge. Un autre porte les mains devant sa bouche, implorant la grâce du souverain akkadien.
Mais c'est vers le sommet de la montagne qu'est tourné le regard du conquérant. Au-dessus de Narâm-Sîn, des disques solaires semblent faire rayonner vers lui leur protection divine, tandis qu'il s'élève à leur rencontre. Armé d'un grand arc et d'une hache, le souverain akkadien porte un casque conique qui a la particularité d'être orné de cornes, un symbole qui est traditionnellement l'apanage des divinités.
L'ascension victorieuse ciselée dans la pierre évoque ainsi celle d'un souverain qui se veut l'égal des dieux. C'est pourquoi Narâm-Sîn, dans ses inscriptions officielles, fait précéder son nom du déterminatif divin. Il a donné aux frontières de l'empire leur plus grande extension, depuis Ebla en Syrie jusqu'à Suse en Elam, et conduit son armée "là où aucun autre roi n'était allé avant lui". Et c'est désormais en monarque universel qu'il se présente, ainsi que le proclame sa titulature de "Roi des Quatre Régions", c'est-à-dire de la totalité du monde.

Bibliographie

- MORGAN Jacques (de), Mémoires, I , Paris, 1900 - p. 106, 144 sq, pl. X.

- SCHEIL Victor, Mémoires, II , Paris, 1900 - p. 53 sq, pl. II.

- SCHEIL Victor, Mémoires, III , Paris, 1901 - p. 40 sq, pl. II.

- PARROT André, Sumer, Paris, 1960 - fig. 212-213.

- AMIET Pierre, L'Art d'Agadé au musée du Louvre,  Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1976 - p. 29-32.

Cartel

  • Stèle de victoire de Naram-Sin, roi d'Akkad

    Epoque d'Akkad, vers 2250 avant J.-C.

  • Calcaire gréseux

    H 2 m ; L. 1,5 m

  • Fouilles J. de Morgan, 1898 , 1898

    Sb 4

  • Antiquités orientales

    Aile Richelieu
    Rez-de-chaussée
    Mésopotamie, 2350 à 2000 avant J.-C. environ
    Salle 2

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet