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La Vierge et deux saintes femmes

Arts graphiques
XVIe siècle

Auteur(s) :
Sarah Boyer

En 1521, Dürer travaille à une série de dessins de grand format préparatoires à la gravure au burin de 1523, La Crucifixion au trait, inachevée. Le Louvre conserve quatre dessins – sur 17 ou 19 - de cet ensemble exceptionnel : La Vierge et deux saintes femmes, le Christ en croix, la Madeleine au pied de la Croix et une Tête d’angelot en pleurs. La simplicité monumentale des figures amplement drapées est caractéristique du style des dernières années de Dürer.

La Crucifixion au trait

Cette gravure très rare est, avec le retable non réalisé dédié à la Vierge, l’un des deux projets conçus par Dürer à son retour des Pays-Bas. L’artiste y attache une importance exceptionnelle : c’est la seule fois en effet qu’il étudie un projet de gravure avec autant d’études préparatoires d’une telle ampleur et sur papier préparé. Cependant, la gravure restera inachevée : entreprise en 1521, Dürer la délaisse en 1522 pour la reprendre en 1523 et l’abandonner alors ; seules les formes en sont tracées, d’où son nom de Crucifixion au trait. Dans les études préparatoires, toutes en sens inverse, la lumière vient de droite, confirmant ainsi leur appartenance à une même composition, alors qu’aucune étude dessinée de l’ensemble de la gravure ne nous est connue. Son inachèvement et le dessin de l’Apôtre  de l’Ecole nationale supérieur des Beaux-Arts de Paris pourraient signifier que Dürer substitue à ce projet une autre préoccupation, reflet de la mutation religieuse de la Réforme : la représentation des Apôtres sous une forme quasi sculpturale, qui aboutira aux Quatre Apôtres  de 1526 (Munich, Alte Pinakothek).

Des figures

Le dessin de la Vierge et deux saintes femmes fut rapproché de la Petite Crucifixion ronde de 1519, dont Dürer s’est sans doute inspiré pour l’attitude de la Vierge. Celle-ci, dans la gravure, est inversée par rapport au dessin, de sorte qu’elle se trouve à sa place, à la droite du Christ. Les formes, d’une puissante monumentalité, et les drapés au modelé sculptural naissent d’un trait léger et grâce à de subtils frottis. Trois plans différents créent l’espace. Dans la gravure, plus narrative, la Vierge domine le groupe, comme dans le dessin, seule la largeur de ses épaules diffère. La femme qui la suit, au deuxième plan, est par contre rabaissée, son manteau aux plis brisés par l’apparition des mains devient plus mou et conventionnel. La troisième joue un rôle plus important dans la gravure : abandonnant son sourire ambigu, elle se tourne complètement vers la Mère de Dieu, les mains jointes, cependant qu’entre elles apparaît le visage pathétique d’une femme, un pan de son manteau contre ses lèvres.

Questions de technique

Le fond vert-bleu de cette étude pourrait être distingué du vert Véronèse d’autres dessins du même ensemble, portant une date postérieure (1523). D’autre part, certaines feuilles, comme celle-ci, semblent être exécutées à la pierre noire. Or il pourrait s’agit d’une autre technique. En effet, les reflets brillants évoquent une pointe de métal constituée de plomb et d’étain, une technique mentionnée peut-être déjà par le moine Théophile au début du XIIe siècle, et qui n’était pas utilisée avant Dürer. Elle ne se retrouve pas non plus dans les dessins à la pierre noire en relation avec l’autre grand projet contemporain, le retable de la Vierge.

Bibliographie

- MEDER Joseph, Dürer-Katalog : ein Handbuch über Albrecht Dürers Stiche, Radierungen, Holzschnitte, deren Zustände, Ausgaben und Wasserzeichen.- Wien : Gilhofer & Ranschburg, 1932, n° 25

- STARCKY Emmanuel, Musée du Louvre, Inventaire général des dessins des écoles du Nord : Ecoles allemande, des Anciens Pays-Bas, flamande, hollandaise et suisse XVe-XVIIIe siècles, Supplément aux inventaires publiés par Frits Lugt et Louis Demonts, Paris : Ed. de la Réunion des musées nationaux, 1988, n° 28 p. 36-37

- STARCKY Emmanuel, Dessins de Dürer et de la Renaissance germanique, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 22 octobre 1991-20 janvier 1992, n° 78, p. 83.- Paris : Ed. de la Réunion des Musées Nationaux, 1991.

Cartel

  • DURER Albrecht

    La Vierge et deux saintes femmes

    en 1521

  • Pointe de métal (plomb et étain ?), rehauts de blanc sur papier préparé en vert-bleu. Monogrammé et daté : '1521'. Pliures horizontales au centre et à l'angle supérieur droit ; légères déchirures sur le côté gauche ; taches d'humidité sur les bords inférieur et supérieur ; usures.

    H. : 42.2 cm. ; L. : 30.7 cm.

  • Remis au musée

    3679

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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Informations complémentaires

En haut vers le centre, à la pointe de métal, monogramme de l’artiste surmonté de la date : 1521.