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Œuvre L'Adoration des mages

Département des Peintures : Peinture française

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L'Adoration des mages

© 1991 RMN / Gérard Blot

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Stéphanie Koenig

En 1709, le chanoine Antoine de La Porte demanda au roi Louis XIV l’autorisation de faire peindre et d’offrir six tableaux illustrant la vie de la Vierge pour la décoration du chœur de la cathédrale Notre Dame de Paris. Finalement, ce sont huit tableaux confiés à cinq artistes qui furent commandés, dont l’Adoration des Mages. Ces peintures furent dispersées à la Révolution.

Une ascendance vénitienne et flamande

Exécuté en 1715, ce tableau est l’une des dernières œuvres du peintre alors âgé de 79 ans. La mise en scène est inspirée de multiples sources, notamment d’une Adoration des Mages de Véronèse (Londres, National Gallery), particulièrement dans la partie basse avec sa composition construite sur une diagonale dynamique. Alors que les Mages offrent au peintre la possibilité de représenter des tissus luxueux et d’appuyer le caractère exotique des personnages (le mage africain et son serviteur sont une belle référence à la peinture de Véronèse), faisant échos à l’école vénitienne et à l’œuvre de Rubens, l’introduction de trois soldats à droite, dont l’un à cheval, marque également sa filiation avec la peinture hollandaise et rembranesque. Cette multiplicité de références est la marque d’un peintre novateur et moderne pour son époque, qui, riche d’un long séjour en Italie de 1659 à 1664, deux ans passés à Rome et trois ans à Venise, était au fait des investigations et tendances picturales récentes. Son goût prononcé pour la peinture vénitienne et flamande range notre peintre du côté des rubénistes, vainqueurs de la querelle qui les opposaient aux poussinistes, défenseurs du dessin. Néanmoins, Charles de La Fosse est resté en dehors de ces débats théoriques, même lors de son directorat à l’Académie royale de peinture et de sculpture, de 1699 à 1702. Entouré d’activistes coloristes, son expression picturale est une éclatante démonstration de son adhésion à ce mouvement ; mais il se refusait à accorder trop de temps à la théorie et selon Clémentine Gustin-Gomez, « défenseur de la pratique et méfiant envers les théories, c’est probablement ainsi qu’il faut voir La Fosse. On peut néanmoins être sûr qu’il a été un témoin de la Querelle du coloris. S’il n’a pas participé à ses analyses théoriques, elle l’a très tôt conforté dans son goût pour la peinture vénitienne et flamande ».

Une combinaison colorée

Cet amas de figures qui se pressent vers l’enfant Jésus, couché sur les genoux de la Vierge, est agencé selon une diagonale très marquée. Joseph en brun, se tient derrière la Vierge qui est vêtue d’une robe blanche et d’un manteau bleu. La Sainte Famille est éclairée par une étoile, qui se détache d’une architecture en ruine qui apporte un effet repoussoir sur la partie gauche, alors que la composition est ouverte sur un ciel clair dans sa partie droite. La Vierge, L’Enfant, Joseph, les mages qui s’apprêtent à offrir leurs présents, les soldats et la foule qui s’agglutinent de part et d’autre, forment un ensemble similaire à la "grappe de raisin" de Titien (D’Alembert et Diderot, Encyclopédie des sciences, des arts et des métiers, 1751, vol. 7, p. 860). Ce principe introduit par Titien décrit la peinture comme semblable à une grappe de raisin, dont les grains multipliés, avec leur singularité, forment un tout.  Cette harmonie colorée, utilisée par de La Fosse, offre au regard un effet comparable, puisqu’à la variation de la lumière sur chaque personnage répond une combinaison générale qui enveloppe cette grappe de figures. Les dégradations de la lumière, ainsi que le clair-obscur, servis par une savante opposition entres des couleurs vives et des tonalités brunes et dorées, participent à ce contraste entre le général et le particulier, entre le détail et l’ensemble. Charles de La Fosse, maître de son art, exprime ici brillamment ses talents de coloriste.

Bibliographie

- Clémentine GUSTIN-GOMEZ, Charles de La Fosse 1636-1716. Le maître des Modernes. Vol. 1 & 2. Dijon, Faton, 2006.

- http://www.nationalgallery.org.uk/cgi-bin/WebObjects.dll/CollectionPublisher.woa/wa/work?workNumber=ng268

Cartel

  • Charles de LA FOSSE (Paris, 1636 - Paris, 1716)

    L'Adoration des mages

    1715

  • H. : 4,27 m. ; L. : 4,47 m.

  • Don du chapitre de Notre-Dame, 1862 , 1862

    M.I. 316

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Jouvenet
    Salle 33

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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