Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>L'Astronome

Œuvre L'Astronome

Département des Peintures : Peinture hollandaise

L'Astronome ou plutôt L'Astrologue

© 1995 Photo RMN / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture hollandaise

Auteur(s) :
Stéphanie Koenig

Il est possible que les date et signature aient été ajoutées postérieurement, mais l’œuvre date sans doute de cette époque. Le large cadre aux placages roux et aux baguettes noires est hollandais et date du milieu du XVIIe siècle. C’est en 1983 que L’Astronome rejoint l’autre peinture de Vermeer sur les cimaises du Louvre, la non moins célèbre Dentellière : ce sont les deux seuls tableaux de l’artiste conservés dans les collections nationales françaises.

L'Astronome et le Géographe

De formats pourtant différents (<i>L’Astronome</i> est plus petit), on a aimé croire que le tableau du Louvre et <i>Le Géographe</i> (Francfort-sur-le Main, Städel Museum) formaient un ensemble. Toutefois, leurs compositions avec les deux figures tournées vers la fenêtre sur la gauche, infirment cette croyance : ils ne composent aucun dialogue. Ces faux pendants ont en commun leur sujet : un savant à l’étude dans son cabinet, thème fréquent de la peinture hollandaise. En 1997, les visiteurs du Louvre ont eu la chance d’admirer les deux œuvres exceptionnellement réunies (Le tableau du mois, n° 34, du 22 janvier au 16 mars 1997).

Une peinture descriptive

Le cabinet de l’astronome est bercé par une lumière douce et latérale, la main sur le globe céleste (geste d’étude) ; le savant est entouré d’objets savamment ordonnés et décrits avec réalisme. La peinture nordique se détache de l’ut pictura poesis italienne : elle n’a plus cette finalité narrative mais elle devient descriptive nous dit Svetlana Alpers dans L’Art de dépeindre (Paris, 1990). Relevant d’une culture visuelle, elle se rapproche des sciences de l’observation, et Alpers n’hésite pas à la mettre en relation avec les avancées scientifiques de l’époque, notamment celles de Johannes Kepler, célèbre astronome allemand qui a étudié les effets des lentilles et les nouvelles perceptions du monde visible qu’elles engendrent. Les objets de cette scène intime ont pu être presque tous identifiés : le globe céleste de Jodocus Hondius (1600), un manuel d’astronomie et de géographie d’Adriaensz Metius (1621), un compas et un astrolabe ancien. Quant à l’astronome, certains y ont vu Antonie van Leeuwenhoek, un naturaliste hollandais de Delft, mais cette identification reste incertaine. Quoi qu’il en soit, la filiation avec les avancées scientifiques du XVIIe siècle est évidente. Mais cette peinture serait-elle uniquement descriptive ? Le petit tableau à droite, un Moïse sauvé des eaux de Peter Lely (1618-1680) apporte une valeur emblématique : Moïse, le premier guide, fait écho avec l’astronome qui fait figure d’éclaireur. Cette connotation religieuse met en doute l’idée d’une description purement réaliste, l’astronome tend vers une stylisation proche de l’allégorie, et la fine combinaison des éléments qui l’entourent y contribue.

L'Astronomie au temps de Vermeer

Le grand nombre de peintures hollandaises représentant des astronomes à cette période révèle l’intérêt pour l’étude de l’univers et ses effets sur l’homme. De plus, l’astronomie était très utile dans la navigation maritime, pilier de l’économie du siècle d’Or. Vermeer est connu comme peintre de la figure féminine, et l’homme est souvent représenté en association avec elle, mais rarement seul. L’Astronome et Le Géographe sont les uniques tableaux présentant une figure masculine isolée qui nous soient parvenus. Les peintres qui se concentrent sur l’homme le montrent habituellement dans son environnement professionnel (médecin, philosophe, peintre), accompagné d’attributs (manuel, palette, globe). L’Astronome à la chandelle (Los Angeles, Getty Museum) de Gerrit Dou montre un astronome cherchant la course des étoiles : tout comme celui de Vermeer, il incarne une personnification de la poursuite de la connaissance. Le savant à l’étude, souvent peint par Rembrandt et ses élèves, est en fait une dérivation du thème chrétien de saint Jérôme (l’érudit dans son cabinet, entouré d’objets utiles à sa pratique), sous un mode profane.

Bibliographie

- Svetlana ALPERS, L’Art de dépeindre : la peinture hollandaise au XVIIe siècle, Paris, Gallimard, 1990.

- Jacques FOUCART, L’Astronome et le Géographe de Vermeer, réunis après deux siècles de séparation, Le tableau du mois, Musée du Louvre, Département des peintures, n° 34, 1997.

- Michael MAEK-GERARD, Johannes Vermeer : der Geograph und der Astronom nach 200 Jahren wieder vereint, cat. exp. Francfort, Städelsches Kunstinstitut und Städtische Galerie, 1997.

- Daniel ARASSE, L’Ambition de Vermeer, Paris, Adam Biro, 2001, pp. 19, 56, 63, 142, 192-193, (ill.9).

- http://www.staedelmuseum.de/sm/index.php?StoryID=108&ObjectID=293
- http://www.getty.edu/art/gettyguide/artObjectDetails?artobj=922
- http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=25643

Cartel

  • Johannes ou Jan VERMEER (Delft, 1632 - Delft, 1675)

    L'Astronome ou plutôt L'Astrologue

    1668

  • H. : 0,51 m. ; L. : 0,45 m.

  • Acquis par dation en paiement de droits de succession

    R.F. 1983-28

  • Peintures

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet

Informations complémentaires

signé et daté sur la porte de l’armoire, vers le centre : IV Meer 1668