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Le Christ mort porté par des anges

© 1998 RMN / Hervé Lewandowski

Peintures
Peinture italienne

Auteur(s) :
Constance Lavagne d'Ortigue

Cette œuvre est une reprise d'un grand tableau exécuté vers 1705 - 1710, peut-être peint pour le pape Clément XI (Vienne, Kunsthistorisches Museum). Ignoré des Evangiles, le thème a été développé par les artistes de la Contre-Réforme : les anges semblent offrir le Christ à l'adoration des chrétiens.

L'iconographie du Christ mort

Sur un fond de ciel gris sombre, discrètement déchiré en haut à gauche par un coup de lumière jaunâtre, le Christ mort, renversé en arrière s’affaisse dans les bras de trois anges. L’un d’eux sur la droite, vêtu d’une tunique ocre-rose ornée à l’encolure d’une pierrerie bleue et portant en écharpe une draperie vert olive, se penche en avant pour le supporter. Son aile droite dressée sert de fond blanc crème à la tête du Christ, plongée dans l’ombre. Sa main droite est posée sur l’épaule du Christ. A gauche, deux autres anges l’aident : l’un blond et vêtu d’une tunique bleue se tourne vers le fond tout en se penchant en avant ; l’autre au fond les yeux levés au ciel soutient d’une main le bras du Christ. Au premier plan, deux angelots à mi-corps ; celui de gauche soutient les jambes du Christ ; celui de droite qui pleure et se frotte un œil, semble quitter la scène, emportant dans sa main gauche les instruments de la Passion, trois clous et la couronne d’épines qu’il a enfilée sur le bras.
Absent des Evangiles, le thème du Christ mort porté par des anges fut traité par les artistes de la Contre-Réforme en modifiant le motif d’une icône orientale, devant laquelle les pèlerins se rendant à Rome venaient obtenir des indulgences. Parfois désigné comme le « Christ de saint Grégoire », le Christ mort était représenté debout dans son tombeau, et soutenu par deux anges situés à ses côtés. Passant de la station debout  à la position assise sur le bord du sarcophage, cette image du Christ fut transformée, les artistes imaginant même qu’il avait été mis au tombeau par des anges. Diffusé grâce à une composition peinte par Federico Zuccaro (1540/1541-1609) (Rome, galerie Borghèse), ce sujet devint si populaire que pendant la Semaine Sainte, les fêtes des sépulcres montraient parfois aux fidèles le Christ mort au milieu des anges, et de nombreux artistes tels que Alonso Cano (1601-1667), Simon Vouet (1590-1649), Philippe Quantin (1600-1636) ou Charles Le Brun (1619-1690) illustrèrent ce sujet au XVIIe siècle. Chez Trevisani, le motif du sarcophage a été complètement supprimé et le Christ, seul soutenu par les anges, semble être offert à l’adoration des chrétiens.

Une oeuvre de dévotion privée

Même si elle date de la période romaine, cette œuvre, par le choix de son thème et de sa mise en page, est un  souvenir de ses années de formation à Venise et des nombreux tableaux de Giovanni Bellini (vers ( ?)1430-1516) sur le même sujet. Selon une biographie de l’artiste, Trevisani aurait peint pour le pape Clément XI une grande composition montrant le Christ mort supporté par des anges : elle se confondrait avec celle exécutée vers 1705-1710 et conservée à Vienne.
Ce tableau semble être le prototype d’une série de versions de ce sujet peintes par Trevisani. Celle-ci est une réplique de petites dimensions, précieuse par son exécution : avec sa touche lisse, sa palette délicate et toute en demi-tons qui réchauffe la draperie bleue et l’invention ingénieuse de l’ange de droite situé derrière la tête du Christ, c’est une des créations les plus réussies de l’artiste.

Trevisani et le rococo romain

Francesco Trevisani fut l’élève à Venise d’Antonio Zanchi (1631-1722) puis alla à Rome aux environs de 1678, où il devint, avec Benedetto Luti  (1666-1724), le chef d’école du rococo romain après l’extinction progressive de la tradition issue de Carlo Maratta (1625-1713). Ses premières commandes officielles datent de 1695. Après avoir travaillé pour le cardinal Chigi, il devint en 1698 le protégé du cardinal Pietro Ottoboni (1667-1740). Il acquit une vaste clientèle en travaillant pour les cardinaux romains, pour les églises de la « ville éternelle » et pour les états de l’Eglise. Bien qu’il ait traité tous les genres (retables, tableaux mythologiques, décoration, portraits), il est particulièrement séduisant dans le petit format, qu’il s’agisse des tableaux de dévotion privée ou de sujets mythologiques prestement enlevés. Par la douceur ainsi que la légèreté de son modelé et de ses couleurs, et par un éclairage diffus, il chercha à s’éloigner de la sévérité de Maratta, dont il transforma les schémas iconographiques avec un sorte de saveur arcadique annonçant les peintres français tels que François Lemoyne (1688-1737), Carle Van Loo (1705-1765), Nicolas Vleughels (1668-1737) ainsi que le rococo autrichien.

Bibliographie

- LOIRE S., La Collection Lemme - Tableaux romains des XVIIe et XVIIIe siècles, cat. exp. Paris, musée du Louvre, 12 février-11 mai 1998, p. 288-289, n°124.

Cartel

  • Francesco TREVISANI (Capodistria, 1656 - Rome, 1746)

    Le Christ mort porté par des anges

    Vers 1705 - 1710 ?

  • H. : 0,34 m. ; L. : 0,28 m.

  • Don Fabrizio et Fiammetta Lemme, 1997

    R.F. 1997-21

  • Peintures

    Aile Denon
    1er étage
    Collection Fabrizio et Fiammetta Lemme
    Salle 21

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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