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Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Le Couronnement d’épines

Barques et péniche sous un pont de la Seine

Arts graphiques
XIXe siècle

Auteur(s) :
Véronique Goarin

Animé d’une piété volontairement affichée dans son art, Henri-Alphonse Périn illustre, au cœur de la période romantique, un courant qui allie spiritualité et mysticisme. La décoration de la chapelle de l’Eucharistie à Notre-Dame-de-Lorette, dont ce grand carton prépare l’un des pendentifs, représente l’œuvre majeure de l’artiste qui s’y exprime dans le style symbolique et épuré qui le caractérise.

Un « peintre chrétien »
 

Initié à la peinture par son père Lié-Louis Périn, portraitiste spécialisé dans la miniature, Henri-Alphonse Périn entre en 1817 à l’Ecole des Beaux-Arts dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin où il fait la connaissance du peintre lyonnais Victor Orsel. Les deux artistes se lient d’une profonde amitié et décident, en 1822, de suivre leur maître nommé directeur de la villa Médicis. Ensemble ils vivent et travaillent à Rome pendant dix ans (1822-1831), s’imprégnant particulièrement de l’art des peintres italiens du XIV° siècle. Profondément religieux ils subissent l’influence des peintres Nazaréens allemands résidant à Rome et se qualifient eux-mêmes de « peintres d’histoire chrétiens ». A son retour à Paris, Périn reçoit la commande de la décoration de la chapelle de l’Eucharistie à Notre-Dame-de-Lorette.

Un chantier de la Restauration
 

L’édification de cette église est décidée au moment du rétablissement du culte en remplacement d’une chapelle située au pied de la butte Montmartre et détruite à la Révolution. Le projet d’Hippolyte Lebas (1782-1867) est retenu, le chantier dure de 1824 à 1836 et représente l’entreprise majeure de la Restauration en fait d’architecture religieuse. Le plan s’inspire de celui de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome et pour le décor la Monarchie de Juillet fait appel aux artistes officiels de l’époque. Pour Périn, comme pour son ami Orsel qui reçoit la commande de la chapelle de la Vierge, la valeur symbolique de l’enjeu est primordiale. Ils y trouvent l’occasion de mettre leur art au service de leurs ardentes convictions religieuses. Les peintures, exécutées à la cire, n’ayant pu être sauvées par une restauration récente, les études préparatoires et les cartons définitifs constituent un témoignage précieux de la décoration originale devenue peu lisible.

La chapelle de l’Eucharistie
 

Le fonds du Louvre conserve une quarantaine de dessins de Périn dont la moitié concerne la chapelle de l’Eucharistie (dite aujourd’hui du Sacré-Cœur). Entièrement ornée de motifs végétaux elle est surmontée d’une coupole reposant sur quatre pendentifs soutenus par des piédroits. Sur ces éléments Périn représente l’Institution de l’Eucharistie et les vertus théologales accompagnées de scènes chrétiennes les illustrant. L’entreprise l’occupe durant toute sa carrière, une méthode exigeante entraînant la lenteur de l’exécution. Ayant étudié les textes des Pères de l’Eglise sur le mystère de l’Eucharistie et nourri des copies du Quattrocento réalisées en Italie, Périn réalise de nombreuses études d’ensemble et de détails avant d’arriver au stade du carton à demi grandeur qui constitue l’expression la plus aboutie de sa pensée. Celui du Couronnement d’épines évoque la Force morale ; la ligne sobre, la forme statique, le style retenu traduisent à la fois son exigence spirituelle et la monumentalité de son art. Ultime étape de la création avant la peinture terminée en 1852, l’œuvre est datée de 1848-1849.

Bibliographie

-   Régis Michel, Acquisitions 1984-1989, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Cabinet des dessins, 1990, n°190.

- Gilles Chomer, Inventaire général des dessins du musée du Louvre et du musée d’Orsay, Ecole française, XIII, de Pagnest à Puvis de Chavannes, sous la direction de Catherine Legrand, Paris, 1997, p.252 et n° 1012.

- Arlette Sérullaz, « Un ensemble de dessins d’Henri-Alphonse Périn (1798-1874) pour l’église Notre-Dame-de-Lorette à Paris », Revue du Louvre, 1999, n° 5, p. 53 à 57, repr. 5.

- Arlette Sérullaz, feuillet édité à l’occasion de l’accrochage « Cartons et dessins d’Henri-Alphonse Périn », du 1er octobre 1999 au 10 janvier 2000, Paris, musée du Louvre, p. 3.
 

Cartel

  • STEINLEN Théophile Alexandre

    Barques et péniche sous un pont de la Seine

    Desormiere, Pierre Roger, Mme

  • Crayon graphite sur papier fin grainé.

    H. : 14 cm. ; L. : 22.2 cm.

  • legs

    4033658

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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