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Relief funéraire

© 2009 RMN / Franck Raux

Antiquités orientales
Levant

Auteur(s) :
Arnaud Prévotat, Annie Caubet

Le relief de Maliku le représente lors d'un banquet, accompagné de son épouse Hadira. Le banquet est un acte social et religieux important à Palmyre : après les cérémonies religieuses, les membres d'une confrérie se réunissaient dans une des salles de banquets de la ville, munis de leur billet d'admission, une tessère en terre cuite. Le problème posé par ce relief est de savoir si le défunt est représenté vivant lors d'un banquet ou mort, profitant des délices de la vie éternelle.

Maliku et son épouse

Ce relief rectangulaire représente un défunt étendu sur un lit, tenant une coupe à la main. Il est vêtu à l'orientale d'une tunique brodée et d'un manteau retenu par une fibule à l'épaule, sur un pantalon bouffant et brodé, serré aux chevilles. Il est tête nue, coiffé de boucles courtes, comme sa barbe et sa moustache, bien taillées. Le visage est tourné de face, le regard fixe l'éternité. Son épouse est figurée assise aux pieds du défunt, à une échelle réduite. Elle porte un vêtement de type grec : une tunique sous un manteau ramené sur la tête, qu'elle écarte de sa main gauche. Elle porte de lourds bijoux aux oreilles, au cou, aux poignets. Elle aussi fixe ses yeux sur l'infini. Du lit, on ne voit que l'épais matelas et les coussins, dont les broderies sont aussi détaillées que celles du costume du défunt. Dans le champ entre les têtes des deux personnages, un cartouche est un emprunt aux pratiques romaines des inscriptions lapidaires. L'épitaphe se lit : "Image de Maliku, fils de Hagegu, fils de Maliku, prêtre de l'enceinte, hélas ! et Hadira, sa femme."

Un commerce prospère

Cette image est riche d'enseignements sur la culture cosmopolite des grandes familles de Palmyre : l'homme manifeste son identité orientale, son costume, hérité d'une tradition parthe, est celui des caravaniers, avec les bottes de ceux qui affrontent la steppe. Mais il affiche sa fierté de Palmyrénien ; par l'inscription et par le luxe de son costume peut-être importé d'Asie centrale ou de la Perse, il rappelle la source de sa prospérité. La cité caravanière est au coeur des échanges entre l'Inde et la Méditerranée. La lignée du défunt est fièrement affichée. Au contraire, la représentation de l'épouse indique qu'elle veille sur la maison, mais que les raffinements de la vie occidentale ne lui sont pas inconnus, tandis que les bijoux montrent qu'elle a sa part de la prospérité familiale. Elle occupe, assise, la même hauteur du relief que son époux étendu, dans une discrète allusion à son statut. Légèrement inférieure, elle est cependant respectée et siège avec dignité au côté du défunt. La culture cosmopolite de Palmyre s'affiche dans la diversité des costumes et la présence dans certains cas d'une inscription en grec.

Le banquet

La pratique du banquet couché est empruntée au monde gréco-romain. A Palmyre, elle a pris une signification funéraire : les tombeaux familiaux comportent une salle principale dominée par le sarcophage monumental du fondateur, surmonté de hauts-reliefs où l'on voit le chef de clan, entouré de ses proches et de serviteurs, étendu sur une klinê, coupe en main. Le reste de la tombe est occupé par des rangées superposées de loculi, dans lesquels étaient placés les cercueils. Ces loculi étaient fermés par une plaque portant l'image du défunt, qui peut être la reprise en miniature du relief principal, figurant le banquet ou un buste. Une tenture est souvent sculptée derrière le mort, pour marquer la séparation entre le monde des morts et celui des vivants. Tous les défunts sont représentés de face, les yeux agrandis aux pupilles incisées parfois rehaussées de couleur. Ceci préfigure cette frontalité byzantine, que l'on voit aussi s'esquisser dans les portraits romains d'Egypte. C'est en effet dans l'Orient romanisé que s'élaborent les caractéristiques stylistiques de ce qui deviendra le premier art chrétien.

Cartel

  • Relief funéraire

    1ère moitié IIIe siècle après J.-C.

    Palmyre (ancienne Tadmor), Syrie

  • Calcaire

    H. : 44 cm. ; L. : 57 cm. ; Pr. : 21 cm.

  • Acquisition 1890

    AO 2000

  • Antiquités orientales

    Aile Sully
    Rez-de-chaussée
    Arabie. Les cités caravanières, Dura Europos, Palmyre, IIIe siècle avant J.-C. - IIIe siècle après J.-C.
    Salle 20
    Vitrine 4

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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