Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>Œuvres & Palais>Collections et départements>Le Triomphe de la République

Œuvre Le Triomphe de la République

Département des Arts graphiques : XVIIIe siècle

Si vous n’arrivez pas à lire les médias, téléchargez Flash Player.

Le Triomphe de la Constitution de 1793

Arts graphiques
XVIIIe siècle

Auteur(s) :
Maget Antoinette

Ce dessin fut exposé avec ceux réalisés pour le Concours de l'an II, bien qu'il ait été retourné alors que le délai était dépassé. Cette oeuvre allégorique illustre les idées jacobines au travers de figures emblématiques. Vien a ainsi choisi de représenter un cortège antique au sein duquel il intègre les concepts révolutionnaires. Parce qu'il souhaitait lui donner un pendant, l'artiste décida de retirer finalement son oeuvre avant même le jugement du jury.

Entre antique et patriotique

Le sujet choisi par Vien est patriotique mais la vision qu'il en donne, inspirée des processions antiques, est celle des cortèges ressuscités par les fêtes révolutionnaires. A gauche, Mars et Hercule, accompagnés de légionnaires et de lions, rappellent l'effort national. Hercule tire un char, souvenir des chars de triomphe peints par David. Une figure féminine, qui ne porte pas les attributs habituels à la République ou à la Révolution, y est assise : vêtue à l'antique, elle amène la Paix et l'Abondance, reconnaissables au rameau d'olivier et à la corne d'abondance. Derrière elle sont figurés l'Égalité, la Fraternité et le génie ailé de la Raison. La Nature se tient au premier plan, accompagnée de ses enfants. Survolant le cortège, la Renommée et le coq gaulois forment l'antithèse de l'aigle à deux têtes broyé par les roues du char. Au milieu des débris d'armes, de drapeaux et de couronnes, le triomphe de la République sur l'empire d'Autriche est sans équivoque.

Le Concours de l'an II

Dans les temps troubles de la Révolution, les artistes survivent avec difficulté et la Convention nationale s'érige en mécène. Lorsque le Comité d'instruction publique annonce le Concours de l'an II, il donne aux artistes un délai d'un mois. Vien rend son oeuvre en juin, soit avec deux mois de retard. Il se justifie dans une lettre, soulignant que l'oeuvre représente "un hommage que je m'empresse de rendre à la Loi et un exemple que, sur mes vieux ans, je crois devoir donner à la jeunesse". On peut s'étonner de l'envoi et de l'exposition de l'oeuvre, car il semble que Vien ne souhaitait pas réellement concourir et qu'il ne fut jamais un fervent jacobin. Ce serait David qui l'aurait poussé à composer une oeuvre en l'honneur de la Révolution. Le Triomphe de la République ne participa finalement pas au Concours : Vien le retira du salon Carré du Louvre avant le jugement, sous prétexte de lui donner un pendant.

Entre réalité et allégorie

La distribution spatiale des groupes se retrouve dans d'autres dessins de Vien, de datation proche. Les soldats à gauche incarnent le dévouement à la patrie : l'un des leurs, âgé, est porté par ses jeunes collègues afin de pouvoir mieux s'extasier devant la Trinité républicaine. Ce groupe permet de montrer la République proclamant la Paix et l'Abondance, récompensant le soldat blessé et rassurant le laboureur. A droite, le peuple revêt une apparence paysanne, soulignée par la présence d'un boeuf. Les enfants de la Nature recueillent les fruits de l'Abondance. La République est dans cette allégorie représentée comme martiale et paysanne. Fermant le cortège, un jeune homme ailé et radieux incarne les idées rousseauistes de l'homme nouveau et de la régénération, ignorantes des réalités sociales de l'époque. Le modérantisme de Vien domine : les emblèmes de l'Église et de l'aristocratie, vouées à la destruction, sont absents, le peuple docile accepte l'autorité incarnée par Hercule tandis que la Liberté et l'Égalité se tiennent en retrait.

Bibliographie

- BORDES Philippe, Emblèmes de la liberté : l'image de la république dans l'art du XVIe au XXe siècle, cat. exp. Berne, musée d'histoire et musée des beaux-arts, Staempfli et Cie, 1991, pp. 505-506, n 334.

- CHENNEVIERES Philippe de, Une Collection de dessins d'artistes français, Paris, 1896, t. XII, pp. 29-31.

- GAEHTGENS Thomas, LUGAND Jacques, Joseph-Marie Vien : peintre du roi, 1716-1809, Paris, Arthena, 1988, p. 252, n 142.

- LUGAND Jacques, "Autour de Joseph-Marie Vien : acquisition de la fin du XVIIIe siècle", in Revue du Louvre, n 3, 1980, p. 180, note 7.

- MEJANES Jean-François, Acquisitions du Cabinet des dessins : 1973-1983. 81e exposition du Cabinet des dessins, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Éditions de la Réunion des musées nationaux, n 84.

- MICHEL Régis, Le Beau idéal ou l'art du concept, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1989, n 60, repr. p. 60.

En savoir plus :

- CANTAREL-BESSON Yveline, La Naissance du musée du Louvre : la politique muséologique sous la Révolution d'après les archives des musées nationaux, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, coll. "Notes et documents des musées de France", 1981, t. 1, pp. 111-112, t. 2, pp. 188, note 291.

- GALLINI Brigitte, La Révolution française et l'Europe 1789-1799, cat. exp. Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1989, n 905, repr. p. 688.

- HUNT Lynn Avery, Politics, Culture and Class in the French Revolution, Berkeley, Los Angeles, London, University of California Press, coll. "Studies on the History of Society and Culture", 1984, pp. 96-107.

- OLANDER William, "French Painting and Politics in 1794 : the Great Concours de l'An II", in The Consortium of Revolutionary Europe : 1750-1850, Proceedings, II, Athens (Georgia), 1980, pp. 21-22, fig. 4.

- OLANDER William, Pour Transmettre à la postérité : French Painting and the Revolution, 1774-1795, New York University, 1983, pp. 302, 472, fig. 212.

- ROSENBERG Pierre, VAN DE SANDT Udolpho, Pierre Peyron : 1744-1814, Neuilly-sur-Seine, Arthena, 1983, p. 146.

- SCHNAPPER Antoine, David, témoin de son temps, Fribourg, Office du livre, Paris, Bibliothèque des arts, 1980, pp. 136, 140.

- VAN DE SANDT Udolpho, "Institutions et concours", in BORDES Philippe, MICHEL Régis (sous la dir. de), Aux Armes et aux arts ! Les arts de la Révolution : 1789-1799, Paris, A. Biro, 1988, pp. 146-147, fig. 131.

Cartel

  • VIEN Joseph Marie

    Le Triomphe de la Constitution de 1793

    Moatti, Alain et Mme

  • Signé en bas à gauche à la plume et encre noire : 'Vien' et daté, en haut à droite, sur l'arc de triomphe : '1793'. Restauré en 2007

    H. : 34 cm. ; L. : 48 cm.

  • don , 1981

    4038804

  • Arts graphiques

    Pour des raisons de conservation, les œuvres de ce département ne sont pas exposées en permanence.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet

Informations complémentaires

Annoté en bas à gauche à la plume : "Vien"