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Œuvre L'Empereur Sévère reproche à Caracalla, son fils, d'avoir voulu l'assassiner

Département des Peintures : Peinture française

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Septime Sévère et Caracalla

© 1995 RMN / René-Gabriel Ojéda

Peintures
Peinture française

Auteur(s) :
Michèle Perny

Ce tableau dont le sujet est tiré de l’histoire romaine, est le Morceau de réception de Greuze à l’Académie royale de peinture. L’exposition de l’œuvre à l’Académie en 1769, puis au Salon de la même année, divisa avec acharnement les artistes et le public, et la polémique qui s’ensuivit marqua profondément le peintre.

Une tentative d'assassinat

La scène peinte ici a pour thème la tentative d’assassinat commise en Ecosse sur Septime Sévère par son fils aîné Caracalla en l’an 210 de notre ère. Il est probable que l’artiste se soit rapproché de la source même de cet épisode relaté dans l’Histoire romaine de l’historien grec Dion Cassius. Les efforts pour tendre à cette vérité historique, évidents quant à ces personnages habillés à l’antique, s’étendent également au décor austère et dépouillé, scandé par des pilastres cannelés, ainsi qu’aux détails tels que la Statue de la Fortune  à l’extrême gauche du tableau copiée d’après une gravure. Sévère à demi-relevé sur son lit, étend le bras vers son fils, debout à gauche, presque de dos, et lui montre le glaive placé sur une table à côté de lui. A droite, à son chevet, deux conseillers semblent échanger des confidences. 
Le ton général du tableau, aux couleurs sourdes, est assez sombre, vert de grisé et tendrait presque vers le gris monochrome, tandis que l’espace volontairement resserré, rythmé par de somptueux drapés, lui donne un aspect incontestablement théâtral.

Peinture d'histoire ou peinture de genre ?

Dans les années 1765-1769, Greuze s’était déjà exercé à plusieurs reprises à la peinture d’histoire. Pour sa réception à l’Académie, le choix de l’artiste dirigé vers un sujet à la fois noble et rare, tiré de l’antiquité, montrait assez clairement qu’il briguait l’honneur d’être reçu en tant que peintre d’histoire, c’est-à-dire, selon l’échelle des valeurs imposées par cette institution, dans la catégorie la plus prestigieuse. S’il fut reçu, sa déception fut amère quand il apprit que c’était en qualité de peintre de genre et il le prit comme un véritable affront.
De nos jours, cette hiérarchie des genres semble étonnante, voire tout à fait incompréhensible, mais à cette époque, l’artiste par excellence était le peintre d’histoire. Se prévalant d’avantages moraux et de qualités incontestables, à la fois intellectuelles et techniques, seul ce dernier pouvait prétendre à exercer des responsabilités importantes à l’Académie, ce que souhaitait ardemment Greuze… Convaincu cependant de la valeur de son œuvre, le peintre la laissa accrochée jusqu’au Salon où la critique se déchaîna plus encore et ne lui pardonna pas en fait, selon les termes mêmes de Diderot « de vouloir sortir de  son genre… ». Aucun reproche ne lui fut épargné : défauts d’expression et défauts du dessin, défauts historiques… et l’incompréhension du public fut totale.

Les prémices du néo-classicisme

De tous les aspects de cette œuvre qui ne manquèrent pas d’échapper sans nul doute à ses contemporains, sa parenté avec Poussin apparaît à présent manifeste et la plus implicite. Cependant, par la disposition générale en bas-relief le long d’un rideau parallèle au plan du tableau, une image et un rendu assez fidèles de l’antiquité et la présentation d’un sujet dramatique au moyen de la gestuelle et des attitudes, Greuze, tenté de prime abord de susciter la manière sobre de Poussin, alla effectivement bien au-delà.
La peinture de David dans les années 1780 montra en effet à l’évidence, que les débuts en avaient été bel et bien esquissés dans le Septime Sévère. Dans l’évolution de la peinture de la seconde moitié du XVIIIème siècle, cette œuvre la fit apparaître comme un jalon entre le néo-classicisme de Vien et la manière plus austère de David.
Avec le recul, la nouveauté d’inspiration de cet artiste resta incomprise de ses contemporains mais elle ouvrit toutefois une voie novatrice à la peinture d’histoire, donnant sans le savoir «un ancêtre inattendu à la peinture néo-classique française »…

Bibliographie

- BOULOT Catherine, Greuze et l’Académie : l’échec du « Septime Sévère et Caracalla », Louvre feuillets, 4-37, mai 1992.

- LAVEISSIERE Sylvain, "Néo-classicisme", in Louvre. Promenades, n°2, Introduction et notices des peintures, Paris, 1989.

Cartel

  • Jean-Baptiste GREUZE (Tournus, 1725 - Paris, 1805)

    Septime Sévère et Caracalla

    1769

  • H. : 1,24 m. ; L. : 1,60 m.

  • Collection de l'Académie

    INV. 5031

  • Peintures

    Aile Sully
    2e étage
    Greuze
    Salle 51

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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